‹ Le parfum chez la planteChapitre 10 sur 130 · MACÉRATION · texte numérisé non relu

MACÉRATION

La graisse étant fondue au bain-marie ( ou l’huile chauffée), on y ajoute la fleur à traiter, et l’on remue constamment la masse pour favoriser l’épuisement. Les fleurs épuisées sont remplacées jusqu’à ce que la graisse soit convenablement chargée de parfum. Pour cela on fait passer un poids déterminé de fleurs. Les fleurs traitées retiennent encore de la graisse parfumée. On les en débarrasse en les exprimant à chaud à l'aide de presses hydrauliques. On obtient ainsi : avec la graisse, des pommades ; avec l’huile, des huiles parfumées.

Le procédé est appliqué à Grasse, notamment à la Violette, à la Rose, à la fleur d’Oranger, à la Cassie.

ENFLEURAGE

Certaines fleurs, comme le Jasmin et la Tubéreuse, ne renferment à l’état de liberté qu’une partie de la matière odorante qu’elles sont susceptibles de fournir. Si on extrait cette matière odorante sans porter atteinte à la vie de la fleur, une nouvelle quantité de parfum sera mise en liberté, qu’on pourra recueillir au fur et à mesure de son apparition. Si, au contraire, on fait un épuisement à l’aide de la graisse chaude, non seulement on obtiendra un parfum altéré, mais encore la fleur perdra son aptitude à régénérer la matière odorante qui lui aura été enlevée.

Aussi, dans le cas de semblables fleurs, procède-t-on par enfleurage à froid.

On dispose de la graisse sur les deux faces d’une

lame de verre entourée d’un cadre en bois. Sur la face supérieure de cet appareil, appelé châssis, on répand les fleurs.

Sur le châssis ainsi garni on en fait reposer un autre, et ainsi de suite. Les fleurs se trouvent alors enfermées dans des chambres dont la paroi supérieure et la paroi inférieure sont recouvertes de graisse. La graisse de la paroi inférieure se parfume par contact, par diffusion ; quant aux matières odorantes qui se dégagent, elles sont retenues par la graisse adhérant à la paroi supérieure.

De cette façon les produits odorants pénètrent dans la graisse par diffusion. Et cela, au fur et à mesure de leur formation, qui d’ailleurs se continue pour compenser la perte que subit constamment la fleur. Ce mécanisme s’explique par un phénomène d’équilibre chimique dans la cellule végétale, phénomène dont nous aurons l’occasion de nous occuper plus loin.

Le lendemain , on remplace les fleurs épuisées en ayant soin de retourner les châssis. Cette opération est renouvelée jusqu’à ce qu’on ait obtenu la concentration désirée.

L’emploi de cette méthode n’est donc possible qu’avec les fleurs dont la récolte est d’assez longue durée. Il en est fort heureusement ainsi du Jasmin et de la Tubéreuse, dont la floraison est continue pendant trois longs mois, surtout en ce qui concerne le Jasmin.

Si l’on veut parfumer, non pas de la graisse, mais de l’huile, les châssis dont on fait usage diffèrent, des précédents en ce que la lame de verre est remplacée par un grillage métallique supportant une toile épaisse imbibée d’huile.

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