‹ Le parfum chez la planteChapitre 9 sur 130 · EXTRACTION DES ESSENCES CONTENUES DANS LES EAUX DE DISTILLATION · texte numérisé non relu

EXTRACTION DES ESSENCES CONTENUES DANS LES EAUX DE DISTILLATION

Les eaux recueillies au cours de la distillation retiennent en dissolution une certaine proportion d’essence qui leur donne quelquefois une valeur appréciable. C’est pour cela que l’on conserve notamment les eaux de Rose et de fleur d’Oranger. Mais , dans la plupart des cas, les eaux de distillation n’ont aucun emploi. Elles sont alors cohobées de façon qu’elles puissent restituer l’essence qu’elles contenaient, ou plutôt n’en pasemporter une nouvelle quantité.

Lorsqu’il s’agit d’extraire l’huile essentielle en vue de recherches scientifiques,’ il y a généralement intérêt à obtenir une substance se rapprochant le plus possible de celui qui se trouvait préalablement dans la plante. Pour cela on extrait l’essence contenue dans les eaux de distillation et on la réunit au produit qui, demeuré insoluble, a pu être séparé par décantation. D’autre part, en comparant les résultats de l’analyse de l’essence soluble à ceux de l’analyse de l’essence insoluble, on pourra déterminer les solubilités relatives des divers principes odorants. Et l’on verra plus loin le parti que l’on peut tirer d’une semblable étude.

L’extraction de l’essence contenue dans une eau de distillation s’effectue aisément par agitation de l’eau avec l’éther de pétrole. On fait trois épuisements successifs, on réunit le produit des trois lavages, et on l’évapore au bain-marie sous pression normale. On chasse les dernières traces de dissolvant à la température de

85° dans le vide. Le résidu est formé par l’essence que l’eau gardait en dissolution.

Méthode des dissolvants fixes.

Très ancienne et d’une application très générale en ce qui concerne le traitement des fleurs , la méthode des dissolvants fixes diffère selon que les produits odo- rants à extraire résistent ou s’altèrent en présence de la graisse chaude, ou plutôt selon que la fleur renferme la totalité de son parfum à l’état de liberté ou bien est susceptible d’en produire à nouveau au fur et à mesure qu’on lui en retire , à condition de prolonger sa vie. Dans le premier cas, on opère par macération à chaud; dans le second cas, par enfleurage .

Les deux procédés consistent à mettre la fleur en contact avec un corps gras : graisse (graisses de porc et de bœuf), huile d’olive, paraffine ou vaseline. Les produits odorants quittent la cellule végétale pour s’incorporer aux matières grasses dans lesquelles ils sont solubles. Il est presque superflu d’ajouter que les corps gras employés doivent être de première qualité, tout à fait inodores, et en parfait état de conservation.

Avant de les employer, on fait subir aux graisses une purification par fusion qui a pour objet d’écarter toutes les matières putrescibles.

Décrivons successivement les procédés d’extraction des parfums par macération et par enfleurage.

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