‹ Le parfum chez la planteChapitre 11 sur 130 · ÉPUISEMENT DES POMMADES ET DES HUILES PARFUMÉES · texte numérisé non relu

ÉPUISEMENT DES POMMADES ET DES HUILES PARFUMÉES

Que l’on procède par macération ou par enfleurage, on obtient les produits odorants sous forme de pommades ou (V huiles parfumées .

Le parfum est dissous dans un véhicule, la graisse ou l’huile, dont il faudra se débarrasser.

Pour cela, on utilisera la propriété que possèdent les composés odorants de se dissoudre dans l’alcool, propriété qui n’appartient pas aux corps gras employés. Il suffira de brasser la pommade avec de l’alcool, pour que celle-ci s’empare du parfum sans dissoudre des quantités appréciables de graisse. D’ailleurs, la faible proportion de graisse retenue par l’alcool sera éliminée par refroidissement de la solution à — io ou — i5° et par filtration ultérieure. L’épuisement des graisses se fait mécaniquement à l’aide de batteuses. Il nécessite plusieurs lavages successifs.

Méthode des dissolvants volatils.

Cette élégante méthode , assez ancienne déjà , puisqu’il faut remonter à l’année i835 pour en trouver l’origine, n’est entrée dans la pratique industrielle que depuis une quinzaine d’années. Elle fournit des produits qui répondent aux besoins actuels de la parfumerie et correspondent exactement à son orientation nouvelle.

Le principe en est des plus simples : on dissout la matière odorante de la fleur dans une substance volatile, on évapore ensuite le dissolvant.

Il fallait trouver un dissolvant remplissant un certain nombre de conditions, et notamment les suivantes: dissoudre parfaitement les parfums, distiller régulièrement à une température ou à une échelle de températures suffisamment basse, n’exercer aucune action chimique sur la matière végétale, ne laisser aucune odeur après évaporation, se trouver à un prix abordable. Il fallait aussiréaliser un dispositif permettant la récupération aussi complète que possible du dissolvant. Le premier de ces problèmes a été résolu le jour où l’industrie des pétroles a fourni les parties légères parfaitement rectifiées et désodorisées. L’élimination du dissolvant est effectuée par distillation et peut être complète grâce à l’emploi du vide. Sa récupération est opérée dans des appareils clos.

Imaginée par Robiquet, la méthode fournit à M. Massignon les premiers résultats industriels. Il convient d’ajouter que , au point de vue des appareils permettant l’emploi et la récupération des dissolvants, les études de M. Naudin eurent d’heureuses conséquences. Aujourd’hui l’application de la méthode des dissolvants volatils s’est généralisée dans le Midi de la France, où chaque usine a adopté un dispositif spécial.

L’éther de pétrole vient au contact des fleurs et se charge de matières odorantes ; il est ensuite amené dans un évaporateur, où il est distillé et recueilli pour servir dans une autre opération. Quant aux produits odorants, on les trouve comme résidus de l’évaporation. Il est bien entendu que l’épuisement se fait d’une façon méthodique, c’est-à-dire que les fleurs déjà soumises à un premier traitement sont traversées par du dissolvant neuf, tandis que le dissolvant chargé passe sur des fleurs non encore épuisées.

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