‹ Le parfum chez la planteChapitre 104 sur 130 · ROLE DE LA FONCTION CHLOROPHYLLIENNE · texte numérisé non relu

ROLE DE LA FONCTION CHLOROPHYLLIENNE

minées, la lipase est susceptible de favoriser l’éthérification de la glycérine. Des faits analogues ont été signalés par M. Pottevin1.

Ces considérations, jointes aux résultats exposés ici, ont conduit MM. Ciiarabot et Hébert à formuler 1 -hypothèse consistant à attribuer à une diastase le pouvoir d’activer l’éthérification chez les plantes.

Rôle de la fonction chlorophyllienne dans la formation des éthers.

L’élimination d’eau, qu’elle ait pour effet de transformer les alcools en éthers ou bien en terpènes, a pour siège principal les parties vertes de la plante ; en d’autres termes, elle se produit notamment dans le milieu soumis à l’action chlorophyllienne.

Ces phénomènes de déshydratation, qui d’une manière générale président à l’union des radicaux organiques avec formation de molécules complexes, sont caractéristiques des milieux assimilateurs. Il y avait donc lieu d’étudier le rôle de la fonction chlorophyllienne dans les phénomènes particuliers de déshydratation dont nous recherchons le mécanisme.

M- Charabot2 s’est occupé de cette question et a examiné les influences simultanées ou séparées de la lumière, de l’altitude, de l’état hygrométrique, de la température sur la formation des éthers chez la plante.

1 Pottevin, 1901, t. CXXXYI, p. 1,152.

2 E. Charabot, 3, 1901, 3e série, t. XXV, p. 259; 4, 1^01, t. CXXXII, 159.

M. Gaston Bonnier1 a constaté que, sous l’influence du climat de montagne, une plante acquiert un certain nombre de modifications, parmi lesquelles nous signalerons les suivantes : les feuilles sont plus épaisses et d’un vert plus foncé ; les tissus assimilateurs du limbe sont très différenciés et mieux disposés pour la fonction chlorophyllienne ; le tissu palissadique ou chlorophyllien, en effet, est plus développé, soit parce que les cellules sont plus longues et plus étroites, soit parce que le nombre des assises palissadiques est plus considérable ; en outre . les cellules renferment un plus grand nombre de cbloroleucites qui sont plus gros et plus verts.

A ces différences anatomiques correspondent, comme on pouvait s’y attendre, d'importantes modifications dans les fonctions physiologiques. M. G. Bonnier a montré, en effet, par des expériences directes, qu’à égalité de surface et dans les mêmes conditions extérieures les feuilles des plantes cultivées dans la région alpine, à l’altitude où elles présentent leur différenciation caractéristique, assimilent toujours plus que celles de l’échantillon de plaine. On voit que, étant donnée leur structure spéciale , les plantes de montagne sont adaptées à une fonction chlorophyllienne plus intense.

Il y avait donc lieu de rechercher si à cette fonction chlorophyllienne plus intense correspond la formation d’une proportion plus notable d’éther dans les huiles essentielles des plantes adaptées au climat alpin. Et M. Ciiarabot a poursuivi à cet effet sur l’essence de Lavande les recherches dont il a été question au cha-

1 Gaston Bonnier, 1, 1895, 7e série, t. XX, p. 217.

Page 1