‹ Le parfum chez la planteChapitre 108 sur 130 · RÔLES ACCESSOIRES DES COMPOSÉS ODORANTS · texte numérisé non relu

RÔLES ACCESSOIRES DES COMPOSÉS ODORANTS

à considérer la plante comme une usine dans laquelle il serait fait un gaspillage des sous -produits. Nous pensons que les réactions sont suffisamment variées chez le végétal et son matériel assez perfectionné pour qu’il soit tiré parti, au profit des fonctions qui s’y accomplissent, de cette infinité de substances s’élaborant dans l’organisme. Les hydrates de carbone, les matières albuminoïdes, les corps gras, dont la signification a été jusqu’ici particulièrement bien définie, occupent une place si prépondérante dans l’économie végétale, que l’attention s’est détournée à leur profit des matières qui les accompagnent. Mais un grand nombre de celles-ci peuvent, concurremment avec les importants matériaux que nous venons d’énumérer, participer à l’accomplissement des grands actes de la vie.

Avant de nous occuper de ces questions, il est nécessaire que nous disions un mot du rôle accessoire que certains auteurs ont prêté aux parfums dans certaines circonstances , rôle qui serait complètement indépendant de la place que tiennent ces substances dans le circulas de la matière dans le végétal.

Rôles accessoires des composés odorants

Quelques auteurs ont voulu voir, dans les essences odorantes , des moyens de défense dont les végétaux disposent contre leurs ennemis du règne animal. Nous devons reconnaître que cette conception évoque autant de poésie que le sujet qu’elle concerne. Malheureusement il ne semble pas qu’elle mérite autre chose qu’une mention. C’est ainsi, par exemple, que, d’après Kaltenbach, les feuilles de Thymus Serpyllum L. sont mante parfum chez la plante. 1 0*

:î 5 0 RÔLE PHYSIOLOGIQUE DES MATIÈRES ODORANTES

gées par deux espèces de Coléoptères, les chenilles de vingt-cinq papillons, les larves d’une mouche (Trypeta serpylli), un puceron ( Aphys serpylli) et une mite ( Calycophthora serpylli). Six de ces espèces d’animaux ne s’attaquent qu’au Thym.

On a fait observer, il est vrai, que les essences ne serviraient qu’à éloigner les animaux omnivores.

Chez les arbres résineux, le contenu des canaux sécréteurs joue un autre rôle, celui de cicatriser des blessures en formant un bouchon imperméable à l’air.

Se plaçant sur un terrain tout à fait différent, Tyndall a assigné aux matières odorantes, surtout à celles qui se trouvent sécrétées vers la surface des organes foliaires, un rôle dans la régulation de la transpiration. Lorsqu’une couche d’air est mélangée avec des vapeurs d’huiles essentielles, elle devient moins perméable aux rayons calorifiques. Ainsi une plante parfumée se trouverait protégée, le jour, contre une transpiration trop active, et, la nuit, contre un trop grand refroidissement.

D'ailleurs, lorsque les appareils de sécrétion de la feuille sont très actifs, la sécrétion produisant sur cet organe un véritable laquage, cet enduit peut dans une assez large mesure réduire 1 activité de la Iranspiration1.

Laissant maintenant de côté l’exposé des documents imparfaits que nous possédons sur cet ordre de questions , nous allons nous elTorcer de rechercher quelle peut être la place physiologique des constituants des parfums dans la nutrition de l’être végétal.

1 VOLKENS, 1890, t. VIII.

Rôle des produits odorants dans la nutrition du végétal.

Nous avons indiqué que, à l'approche de la floraison, la plante accumule des produits odorants dans ses parties vertes. Puis, lorsque surviennent les fleurs, l'appareil chlorophyllien se vide partiellement dans celles-ci. Le travail de la fécondation s’accomplissant, la fleur consomme une quantité importante de matière odorante. En d’autres termes, arrivés à ce point de notre exposé, nous savons qu’avec le phénomène de la fécondation coïncide une importante consommation d’essence, et que tout semble avoir concouru à l’approvisionnement de la fleur en vue de cette dépense. Mais nous ne pouvons pas encore affirmer que la consommation en question soit imputable au travail de la fécondation. L’exposé qui va suivre éclaircira ce point.

Consommation de produits odorants chez la plante étiolée.

Pour rechercher si la matière odorante est susceptible d’utilisation chez la plante, MM. Charabot et Hébert ont effectué deux séries d’expériences. Par la première, ils ont pu arriver à cette conviction que la plante cultivée en pleine lumière renferme plus d’essence que la plante étiolée. Ce résultat acquis, ils ont étudié les variations qui se produisent chez le végétal à partir du moment où il a été privé de la lumière.

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