‹ Le parfum chez la planteChapitre 116 sur 130 · PRIVÉES · texte numérisé non relu

PRIVÉES

formées de tiges et de feuilles.

DE LEURS INFLORESCENCI

Tiges

et

feuilles.

Inflo-

rescences.

Ensemble des parties aériennes.

Tiges

et

«feuilles.

Inflo-

rescences.

Ensemb des parti aérienne

Essence f

p. 100 y fraîche .

de 1 sèche .

matière f

Poids d’essence

correspondant à un pied. . .

20 mgr.

103 mgr.

69 mgr.

172 mgr.

177 mgr.

133 mgr.1

312 mp

1 Poids d'essence contenu dans les inflorescences enlevées correspondant à un pied.

Rappelons tout d’abord que la racine de Basilic ne renferme pas d’huile essentielle, de sorte que le poids d’essence contenu dans les parties aériennes d’un pied est, en réalité, le poids contenu dans un pied entier.

Les nombres ci-dessus montrent que, par le fait de la suppression des inflorescences, le poids d'essence produit par chaque pied s'est trouvé presque doublé. Les vieilles inflorescences qui ont accompli leurs fonctions essentielles ont conservé moins de matière odorante que n’en ont emporté les inflorescences écartées au fur et à mesure de leur apparition . Le poids absolu d'essence qui demeure dans les parties vertes de chaque pied se trouve accru. Toutefois, ce dernier accroissement n’est pas en proportion du développement des organes verts. Cela provient de ce que, tandis que chez les plantes témoins, une fois achevée la formation des graines, une certaine quantité d’essence retourne dans l’appareil chlorophyllien, ce retour n’a pu se produire chez les plantes systématiquement privées de leurs inflorescences.

Voyons maintenant quelle est la plante qui, pour un même poids de matière végétale formée, a conservé

le plus d’essence :

Plantes systématisantes quement privées témoins. de leurs

inflorescences.

Essence conservée par l'en- C fraîche . 0.0274 0,0373

semble des organes p. 100 < , , „ . „ „ „

, ... b v ) seche . . 0,13 0,17

de matière t

Est-ce uniquement par suite du développement plus considérable de la plante privée d’inflorescences que le poids des produits odorants se trouve augmenté ? Les

nombres donnés en dernier lieu permettent de conclure que cet accroissement tient aussi à une autre cause, puisque, pour un même poids de matière végétale formée, on voit subsister, chez la plante systématiquement privée de ses inflorescences, une quantité d’essence sensiblement plus grande. Et cette cause réside dans le fait que, chez les inflorescences restées sur pied, il y a eu, lors de la fécondation et de la formation des graines, consommation d’une certaine quantité d’essence. Celle consommation avait été constatée dans l’un des précédents chapitres. Les résultats que nous venons d'exposer démontrent quelle est due au fonctionnement de la fleur.

Ces observations sur les conséquences de l’accomplissement des fonctions de la fleur présentent un intérêt positif qui ressort des chiffres suivants. La suppression des inflorescences a pour effet : i° une augmentation du poids de la plante, augmentation qui atteint 39 °/0 du poids normal ; 2° un accroissement du poids de l’essence qui s’élève à 82 °/0 de la production normale. C’est le travail de la fécondation qui, chez la plante témoin, entraîne la consommation de matière correspondant à cet accroissement.

Des conclusions analogues découlent d'observations faites sur la Menthe poivrée dite « basiliquée », c’est-àdire modifiée sous l’influence d’une piqûre d’insecte, ainsi que nous l'avons indiqué précédemment. Cette plante, avons-nous dit, subit une véritable castration : elle ne fleurit pas, et ses organes verts deviennent plus importants. La proportion et le poids absolu de l'essence qu’elle produit sont, ce dernier surtout, sensiblement plus élevés que dans le cas de la plante

saine. Les rendements obtenus avec des végétaux provenant d’un même champ sont les suivants :

Menthe saine. Menthe basiliquée.

Essence p. 100 de plante fraîche. . 0,312 % 0,892 °/0

Si l’on tient compte, au surplus, de ce que le poids de la Menthe basiliquée est considérablement plus grand que celui de la Menthe saine, on verra combien grande est l’augmentation de la quantité absolue d’essence qui résulte du fait de l’atrophie des organes de reproduction .

Revenons au cas du Basilic.

En se basant à la fois sur les résultats que leur a fournis l’analyse des essences et sur ceux, exposés plus haut, qu’ont obtenus MM. Charabot et Laloue, les auteurs constatent bien que l’essence des inflorescences écartées' possède la composition d’un produit de formation ou plutôt de circulation plus récente que l’essence corespondante de la plante témoin. Lorsque, après la formation des graines, les organes verts de cette deinière plante ont reçu une nouvelle quantité d’essence par retour , l’analyse de l’huile essentielle accuse un enrichissement en composés terpéniques autres que le linalol. L’essence de feuilles et tiges de la plante témoin et celle de la plante privée d’inflorescences présentent des différences qui concordent avec celte observation.

En résumé, en écartant les inflorescences au fur et à mesure de leur formation, le poids d’essence produit par chaque pied se trouve presque doublé. Si l’on étudie la distribution des produits odorants entre les divei'ses parties de la plante, on constate que les vieilles

inflorescences ayant accompli leurs fonctions essentielles conservent moins de produits odorants que n’en emportent les inflorescences systématiquement écartées ; on constate aussi que le poids absolu d’essence qui demeure dans les parties vertes de chaque pied se trouve accru par suite de la suppression des sommités florifères. Enfin, pour un même poids de substance végétale formée, il subsistera, chez la plante privée de ses fonctions de reproduction, une quantité d’essence plus grande. Ces observations montrent bien que le travail de la fécondation et de la formation des graines entraîne une consommation de produits odorants. Avec cette manière de voir concordent, d’ailleurs, les déductions de l’analyse des huiles essentielles extraites de la plante témoin et de la plante soumise à l’expérience.

En peu de mots peuvent se formuler les conclusions les plus importantes dégagées de ces études : Les matières odorantes sont susceptibles d’être utilisées par la plante, en particulier lorsque celle-ci, placée à l’abri de la lumière, n’assimile plus avec la même puissance l’acide carbonique de l’air. Elles participent normalement au travail de la fécondation et de la formation des graines au cours duquel elles sont partiellement consommées.

Signification physiologique de l’acide cyanhydrique chez les végétaux.

Nous venons de nous occuper du rôle physiologique des composés odorants considérés dans leur ensemble, et nous avons constaté que ces composés paraissent,

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