SIGNIFICATION PHYSIOLOGIQUE DE L'ACIDE CYANHYDRIQUE
normales. C’est que les incisions avaient eu pour effet d’interrompre la circulation de l’acide cyanhydrique dans le liber.
En conséquence, l'acide cyanhydrique ne reste pas emmagasiné dan ? le limbe où il s’est formé. Il est transporté dans le liber vers tous les points où la plante a besoin de beaucoup de matière plastique azotée. Or cette substance, sans cesse produite et répartie en diverses régions plus oumoins éloignées de son lieu d’origine, ne présente-t-elle pas tous les caractères d’un produit transitoire?
Des feuilles de Pangium edule recouvertes partiellement de feuilles d’étain contenaient , après plus d’un mois, autant cl’acide cyanhydrique dans les régions soustraites à l’action de la lumière que dans les parties éclairées. Par conséquent, la formation de l’acide cyanhydrique ne résulte pas de l’influence directe de la lumière. Elle dépend, par contre, de la présence dans les feuilles de matériaux de réserve qui ont [iris naissance par suite de l’assimilation du carbone, et n’est dès lors pas sans rapports indirects avec les radiations lumineuses. Ces matériaux de réserve sont les hydrates de carbone , dont la présence est la condition indispensable de la formation de l’acide cyanhydrique dans le Pangium edule. Tl s’agit ici du glucose ou d’un sucre analogue, très abondant en particulier dans les cellules basilaires des poils et dans les cellules oxalifères.
Reste à déterminer l’origine de l’azote de l’acide cyanhydrique qui a pris naissance dans les feuilles. M. Treub démontre que cet azote est emprunté aux nitrates du sol. Ayant observé que la feuille inférieure ou les deux
feuilles inférieures, chez les jeunes pieds de Pangium, sont entièrement ou presque entièrement exemptes d’acide cyanhydrique, M. Treub a pensé que le sol ne fournissait pas à ces feuilles l'azote nécessaire à la formation de l’acide cyanhydrique, l’élément en question étant entraîné vers les feuilles supérieures. Effectivement l’ablation de ces dernières a eu comme conséquence, dans un grand nombre de cas, l’apparition d’acide cyanhydrique dans les feuilles inférieures. La section de vaisseaux dans les nervures de certaines feuilles, en supprimant l’arrivée des principes azotés du sol, a supprimé aussi la formation d’acide cyanhydrique dans les parties de la feuille ainsi sectionnées.
La présence des matières inorganiques fournies par le sol constitue la seconde condition de laquelle dépend la formation de l’acide cyanhydrique dans les feuilles.
Ainsi, il paraît résulter des études de M. Treub que l’acide cyanhydrique des feuilles provient de la synthèse de substances tirant leur origine, d’une part des sucres réducteurs résultant du phénomène d’assimilation du carbone, d’autre part de sels minéraux, vraisemblablement des nitrates, fournis par le sol. Les radiations lumineuses n’auraient aucune intervention directe dans cette synthèse, et l’acide cyanhydrique serait un des premiers termes de la série des produits résultant de l’assimilation de l’azote.
Toutefois, les diverses tentatives faites en vue de démontrer expérimentalement un tel mécanisme avaient échoué. Mais, par de nouvelles expériences effectuées sur le Phaseolus lunatus L.,M. Treub1 a démontré que
1 Treub, 1904, t. XIX, p. S6.