CHAPITRE I
Généralités.
La propriété que possèdent un grand nombre de végétaux de répandre des odeurs plus ou moins pénétrantes, plus ou moins agréables, est due à la présence de substances connues sous le nom d 'essences ou huiles essentielles, distillant avec la vapeur d’eau, solubles dans l’alcool, l'éther, la benzine, l’éther de pétrole et autres solvants organiques usuels.
Les essences sont généralement peu solubles dans l’eau. Dans la grande majorité des cas, ce ne sont pas des individus chimiques , mais bien des mélanges plus ou moins complexes dont la composition quantitative, et quelquefois même la composition qualitative, peut varier selon les méthodes d’extraction et sous l’iu-
fluence d’un nombre indéfini de facteurs, dont quelquesuns seront examinés dans cet ouvrage.
Souvent les produits odorants, dont l’ensemble constitue une essence, se trouvent tout formés dans la plante et à l’état de liberté, de sorte que l’on peut en opérer l’extraction directement à l’aide de l’un des procédés qui vont être décrits.
Mais le cas se présente aussi où la matière odorante ne prend naissance que par suite d’une fermentation et sous l’influence d’une diastase hydrolysante. C’est le résultat du dédoublement d’un glucoside. Nous citerons, dans cet ordre d’idées, l’essence d’amandes amères, qui se forme par hydrolyse d’un glucoside, l’amygdaline, sous l’influence d’un enzyme, l’émulsine. Les deux agents, glucoside et enzyme, peuvent voisiner dans le même organe ou bien se trouver dans des parties différentes de la plante. Chez certains végétaux, l’un d’eux seulement peut être signalé.
Ajoutons encore qu’il est des cas où l’essence existe partie à l’état libre , partie à l’état combiné, probablement sous la forme d’un glucoside. C’est ce qui a lieu dans la fleur de Jasmin et dans la fleur de Tubéreuse, par exemple.
La quantité d’huile essentielle et la proportion de ses divers principes constitutifs varie, chez une même plante, au cours de son évolution, soit par suite de la formation de nouveaux matériaux au fur et à mesure de l’apparition de nouveaux organes, soit par suite de la synthèse de tel ou tel principe pendant l’accomplissement des fonctions végétales , soit au contraire par suite de l’utilisation et par conséquent de la destruction d’une partie des substances odorantes. Et