‹ Le parfum chez la planteChapitre 6 sur 130 · THÉORIE DE LA DISTILLATION · texte numérisé non relu

THÉORIE DE LA DISTILLATION

Chauffons une substance d’une façon continue. Sa température s’élèvera progressivement jusqu’à une certaine limite, puis demeurera constante. À cette température, appelée point d’ébullition du corps considéré, la tension de la vapeur sera capable de vaincre la pression qui s’exerce à la surface du liquide. Il se produira alors une émission tumultueuse et continue de vapeurs ; et la totalité de la chaleur fournie au liquide sera utilisée non plus pour élever sa température, mais bien pour produire le changement d’état, c’est-à-dire le passage de l’état liquide à l’état de vapeur.

Si le vase dans lequel on chauffe le liquide est mis en communication , par sa partie supérieure , avec un serpentin refroidi à l’aide de l’eau courante, par exemple, la vapeur s’élèvera pour s’y rendre, et là, au contact de la paroi froide, reviendra à l’état liquide : elle se condensera.

Il est facile de concevoir qu’en chauffant les plantes à parfums dans un semblable appareil distillatoire,

DISTILLATION

autrement dit dans un alambic, l’huile essentielle, si elle était abondante, pourrait après évaporation se condenser dans le serpentin réfrigérant, à l’orifice duquel elle serait recueillie. Mais cette distillation ne pourrait s’effectuer qu’à une température élevée ; la plante surchauffée fournirait des produits de pyrogénation , qui viendraient complètement dénaturer le parfum. Le procédé de la distillation directe est donc impraticable dans le cas qui nous intéresse. Nous allons indiquer comment peut être tournée la difficulté, en faisant application du phénomène de la distillation des liquides mélangés.

En i863, Berthelot1 2 étudia ce phénomène et formula, entre autres conclusions, celles que voici :

i° Deux corps bouillant simultanément se vaporisent suivant des rapports de poids déterminés par le produit des densités de vapeurs multipliées par leurs tensions actuelles dans les conditions de l’expérience;

2 0 Deux corps qui n’exercent aucune action réciproque entrent simultanément en ébullition à la température à laquelle la somme de leurs tensions maxima fait équilibre à la pression qui s'exerce à la surface du liquide.

Le cas de la distillation simultanée de deux substances non miscibles était ainsi nettement distingué.

Isidore Pierre et Puciiot 2 examinèrent spécialement ce cas, en 1871, et furent conduits à ces conclusions que, lorsqu’on soumet à la distillation simultanée deux substances non miscibles :

1 Berthelot, 1, 1863, 4e série, t. I, p. 834.

2 I. Pierre et Puchot, 1871, 4e série, t. XXII, p. 356; 4e série, t. XXIII, p. 145.

i° La température d’ébullition se maintient constante jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une seule des deux substances dans l’appareil distillatoire.

2° Cette température d’ébullition des deux substances est toujours inférieure à celle du produit le plus volatil. Cela résulte d’ailleurs de la loi formulée par Berthe-

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