ORANGER A FRUITS AMERS
Formation et distribution de l’essence dans les parties vertes.
Ier Stade : Jeunes pousses. — MM. Charabot et Laloue1 ont observé les faits suivants :
Comme chez l’Oranger à fruits doux, comme chez le Basilic, on constate que les feuilles sont plus riches en essence que les tiges.
De plus, en valeur absolue, la feuille renferme environ cinq fois plus d’essence que le poids de tige correspondant.
2e Stade : Rameaux vieux. — Des rameaux vieux, provenant des arbres même qui avaient fourni les précédents, ont donné lieu aux observations suivantes :
Dans la matière sèche, la proportion d’huile essentielle diminue pendant la végétation , et cette diminution est surtout sensible chez la tige.
D’une façon plus précise, au second stade considéré. la quantité d'huile 'essentielle contenue dont; une feuille est devenue environ le double de ce quelle était au premier stade. Il en est à peu près de même de la quantité d’essence contenue dans la portion de tige correspondant à une feuille.
Cependant, chez la tige, l’augmentation est relativement plus grande que chez la feuille. Dans l’intervalle
' Charabot et Lai.oue, 1, 1904, 3e série, t. XXXI, p. 884 ; 2, 1904, t. CXXXVIII, p. 1229.
PLANTES VIVACES
des deux stades considérés, le poids d’huile essentielle qui apparaît dans chaque feuille est de
1,507 — 0,786 = om||,72i ;
le poids d’essence formé ou accumulé dans la portion de tige correspondant à une feuille est de
Répartitions successives des divers composés odorants entre la feuille et la tige.
Pour étudier la distribution des composés terpéniques et le mécanisme qui préside à leur circulation, MM. Charabot et Laloue ont comparé tout d’abord la composition d’une essence extraite des eaux de distillation à la composition de l’essence correspondante demeurée insoluble. Ils ont ainsi établi la solubilité relative des constituants de l’huile essentielle. Ces constituants appartiennent à la série du linalol et du géraniol, et l’analyse des essences comporte le dosage des éthers et des alcools, l’établissement de la composition des mélanges alcooliques.
On constate que l'essence dissoute est moins riche en éther et plus riche en alcool libre que l'essence non dissoute. De plus, chez la première, la portion alcoolique est plus riche en géraniol que la seconde.
Chez les jeunes pousses, l’essence de feuilles possède la composition d’un produit plus soluble que l’essence de tiges. Il en est de même au second stade, où la solubilité de l’essence de tige a encore sensiblement diminué.
Nous appuyant sur les résultats obtenus précédem-
ment et sur ceux que nous venons d’énumérer, nous sommes amenés à préciser les relations qui existent entre la feuille et la tige en ce qui concerne la formation et la circulation des composés odorants. L.’huile essentielle, formée dans la feuille, se sépare chez celle-ci en deux portions : l’une d’elles entre en dissolution dans le suc végétal aqueux, l’autre constitue l’excès non dissous. Or on sait que les condensations qui se produisent dans la tige ont pour effet d’y réduire la pression osmotique, si bien que, appelées par les lois de la diffusion, s’y rendent toutes les substances dissoutes de la feuille.
Et alors les matières plus solubles nouvellement arrivées chassent de la solution, qui se sature vite, une partie des substances moins solubles. Ces substances s’accumulent donc dans la tige qui , continuant son rôle d’organe de distribution, envoie, dans les parties de la plante qui consomment, un ensemble de principes demeurés en dissolution. Et ainsi, l’essence que l’on trouve dans la tige s’enrichit constamment en principes peu solubles. Chez la feuille, l’équilibre se maintient par suite de la formation continue de nouvelle matière.
Ce mécanisme se trouvera encore confirmé lorsque nous étudierons l’évolution des composés terpéniques.
Distribution de l'huile essentielle dans la fleur.
Il s'agit là d’une essence renfermant, en même temps que des composés terpéniques dont les principaux se trouvent aussi dans la feuille, un composé non-terpénique, Y anthranilate de méthyle.
Les boutons floraux et les fleurs épanouies dont
PLANTES VIVACES
MM. Charabot et Laloce1 ont fait l’examen comparatif provenaient des mêmes arbres. Au début de la floraison et dans un même lot de fleurs, les boutons ont été soigneusement séparés d’avec les fleurs épanouies. À la fin de la récolte, la même opération a été répétée pour le contrôle des résultats. Les expériences ont porté suides poids de fleurs variant de 3o à 5o kilogrammes.
i° Boutons floraux. — L’extraction de l’huile essentielle, en tenant compte de la portion contenue dans les eaux de distillation, montre cpie, en fin de récolte, chez le bouton d’Oranger, la proportion centésimale et le poids absolu d’essence sont plus élevés qu’au début.
2° Fleurs épanouies. — Les pétales ont été séparés d’avec les autres parties de la fleur.
Les premiers organes renferment la majeure partie de l'huile essentielle de la fleur; ils en contiennent également la plus grande proportion centésimale.
Pendant l’épanouissement de la fleur, l’huile essentielle s’accumule dans celle-ci.