‹ Le parfum chez la planteChapitre 96 sur 130 · MENTHE POIVRÉE · texte numérisé non relu

MENTHE POIVRÉE

ire Série d’expériences .

Dans une première série d’expériences , la plante a été examinée à trois degrés différents de développement, et, au début de la floraison, l'essence extraite des parties vertes a été comparée à l’essence retirée des inflorescences. Les huiles essentielles ont été extraites par distillation avec la vapeur d’eau, en séparant uniquement la portion qui se décante.

L’observation des variations subies par les composés terpéniques de la Menthe poivrée pendant le développement de la plante, d’une part dans l’appareil chlorophyllien, d’autre part dans les inflorescences, conduit à des résultats significatifs.

Au début de la végétation, l’essence est riche en menthol, mais une faible proportion de cet alcool se trouve à l’état combiné ; la menthone n’y existe encore qu’en faible quantité relative. Toutefois, au fur et à mesure que les parties vertes se développent, la proportion d'alcool combiné augmente, comme nous l’avons déjà indiqué pour d’autres alcools. Cet enrichissement de l'essence en éther ne se manifeste, en réalité, que dans les organes chlorophylliens, et l’huile essentielle extraite des inflorescences ne renferme que de faibles proportions de menthol combiné. La proportion de menthone, très faible avant la floraison, augmente pendant le développement des inflorescences, en même temps que diminue la richesse en menthol total.

2e Série d’expériences.

On a comparé les résultats fournis par l’analyse d’essences : i° au début de la floraison, 2° au moment de la pleine floraison, 3° à une époque de floraison avancée, 4° à la fin de la végétation après la chute des pétales, et constaté que les faits énoncés se trouvent pleinement contrôlés. De plus, à la fin de la végétation, la proportion de menthonedans l’essence diminue, contrairement à ce qui avait eu lieu précédemment. Ce fait peut être attribué à une consommation notable au moment où s’est accompli le travail de la fécondation ou de la formation des réserves.

Les résultats que nous avons énoncés peuvent être ainsi interprétés : L’éthérification du menthol paraît avoir pour principal siège les parties vertes de la plante, tandis que la menthone prend naissance plus spécialement dans l’inflorescence, par oxydation de l’alcool correspondant. Cette dernière conclusion concorde parfaitement avec les intéressantes observations physiologiques de M. Curtel1, à savoir : au fur et à mesure du développement de la fleur, les fonctions de la feuille disparaissent en elle, l’assimilation s’affaiblit ou s’annule, la transpiration devient moindre, les réactions intérieures changent de nature, l’énergie des oxydations internes se manifeste.

Mais nous avons, dans le chapitre précédent, apporté des faits qui démontrent la circulation des produits odorants de la feuille vers l’inflorescence, par diflfu-

1 Curtel, 1899, 8e série, t. VI, p. 221.

sion d’une portion relativement soluble de l’essence. La composition de l’huile essentielle contenue dans un organe peut donc être modifiée, non pas seulement par les réactions chimiques qu’y subissent ses constituants, mais encore par l’apport qui lui est fait ou par la distribution à laquelle elle participe. Il convient donc, pour appuyer les conclusions que nous avons indiquées , de déduire d’autres faits le rôle de l’appareil chlorophyllien en ce qui concerne l’éthérification des alcools et celui de la fleur en ce qui concerne la transformation de ces corps en aldéhydes ou en cétones par voie d’oxydation. Un fait d’ordre tératologique, et déjà mentionné dans ce qui précède, a fourni à M. Charabot celte justification. Nous voulons parler de la modification que subit la Menthe poivrée sous l’influence d’une piqûre d’insecte. Reprenons donc l’étude de cette question.

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