‹ Le parfum de Rome; (volume 2)Chapitre 77 sur 92 · SAINT-JEAN DE LATRAN · texte numérisé non relu

SAINT-JEAN DE LATRAN

moi, sur le parvis du Latraii, pendant la bénédiction, était prosterné le curé d'une assez froide ville. Il se releva tout en larmes. — « Ah! s'écria-t-il, si ma paroisse était ici, elle se convertirait tout entière ! » Bon prêtre, ces paroissiens pour qui vous avez tant prié entendront votre voix rajeunie, ils verront vos pleurs, et leurs coeurs s'amolliront.

En dehors de ces majestueuses scènes, il y a un spectacle et des surprises de tous les instants, qui tiennent le cœur dans une allégresse perpétuelle. On rencontre des amis que l'on croyait loin, on fait des amitiés nouvelles, on aborde des hommes dont on ne connaissait que le nom et les œuvres, et que l'on trouve dignes du respect affectueux qu'on leur avait voué. Rien dans le monde ne donne l'idée des conversations nettes, sincères, profondes qui se lient tout de suite ici entre des interlocuteurs qiii ne s'étaient jamais vus. On s'éclaire et l'on s'entend; on se reconnaît ouvriers de la même œuvre, animés des mêmes désirs. Je me convaincs de plus en plus qu'il n'y a d'hommes que dans l'Église, et que nulle part ailleurs il n'existe une main qui soit capable d'autre chose que de détruire, ce qui est la chose, avec quelque succès qu'on l'opère, la plus souverainement digne de mépris.

C'est ici, où l'esprit de destruction dirige son principal effort, que l'on éprouve bien ce mépris raisonné, profond, solide et absolu pour l'ouvrier de destruction. On voit son orgueil, sa bassesse, sa méchanceté, son ineptie ; on voit sa brutahté, son mensonge, sa haine stupide du beau, du vrai et du bien. Il en veut au Pape, parce que le Pape est le

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