PAROLES DE UÉVÈQUE DE TULLE
tage. L'impuissance de Pierre sur ce point ne dérive pas de son esprit inculte, mais de sa nature. La nature humaine est la même partout. La Grèce eut de grands esprits: ils ne montèrent jamais jusque-là. Les intelligences des âges récents, mieux placées, ce me semble, 3' échouent comme le reste. Nul donc n'aura la connaissance du vrai bonheur, que celui qui en reçoit la révélation de Dieu.
« Après avoir dit à Simon, fils de Jean, qu'il est lieureux par sa profession de foi ; que cette foi ne lui vient ni de la chair, ni du sang, mais du Père céleste, Jésus-Christ ajoute : « Et moi je te dis que tu es Pierre; sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle.» La pensée de Jésus-Christ apparaît tout entière dans ces derniers mots. Nous savons à présent comment la connaissance surnaturelle du Verbe incarné va s'étendre et se conserver parmi les hommes.
« Jésus-Christ ne veut pas d'intelligences mises en rapport isolément avec lui, son but est de former une grande société spirituelle ; chaque membre doit être lié à tous les autres et à un chef. Ce plan va mieux aux tendances de l'être humain, qui est né social; cela est beau, plein de solennité. Par ce mode, les âmes sont préservées et des écarts individuels et du fatalisme. Enfin, c'est la réalisation en cette terre de la cité divine du paradis. Que pou- \'ons-nous avoir de bon et de sohde ici-bas qui ne corresponde à un type du ciel?
« L'Église est donc un édifice; les âmes en sont les assises brillantes : Pierre, le vaste rocher, en est