II M
le fondement. Ainsi que les murs empruntent leur vigueur à la pierre primitive, et tirent de son flanc robuste le nerf qui les fait tenir debout, les âmes n'auront la connaissance vitale du Verbe que par leur lien avec Pierre.
« Quoi de plus uni au fondement que les murs de l'édifice? Ne semble-t-il pas qu'ils écoutent docilement sa voix, craignant de dévier de la règle architecturale et de tomber? On dirait comme un enseignement issu des profondeurs de la base jusqu'aux lignes les plus lointaines, une doctrine prolongée de stabilité et de force. Voilà le devoir des murailles s'il est permis de parler de la sorte. Mais à son tour le fondement doit rester immobile, dans le point où l'a posé l'ouvrier. Ce n'est qu'à cette condition que les maçonneries jetées dans les airs auront des garanties contre l'orage.
« Si jamais Pierre se troublait dans son dire, si la connaissance du Verbe incarné, qui resplendissait naguère éclatante sur sa lèvre, y était supplantée un jour par de mensongers oracles, que deviendrait l'Église? Jésus-Christ lui-même nous rassure: « Et les portes de l'enfer ne prévaudront pas. » Ne craignons point: puisque l'Église doit traverser les tempêtes, puisque les assauts les plus violents expireront au pied de ses murs, il n'y a plus à douter que son fondement ne soit inébranlable.
« Mais une vie d'homme sera-t-elle la mesure de la durée de l'Église? Et après Pierre tout sera-t-il fini? La pompe du langage employé par Jésus- Christ, lui d'ordinaire si simple dans sa diction; les grandes images de rocher aux dimensions vastes.