‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 103 sur 230 · I.'lNTOLKRANCF. A ROMF. 3S>g · texte numérisé non relu

I.'lNTOLKRANCF. A ROMF. 3S>g

ployé, tels que commissaires, ministres, princes, etc.

Vous n'osez î Ah î ah ! j'en apprends de belles î Vous avez ôté leur pain à des pères de famille : et pourquoi ? pour des dissidences d'opinion !

Or, je vous défie. Coquelet, détablir votre droit et de justifier votre sévérité, sans justifier aussitôt le droit et la sévérité du gouvernement pontifical envers l'employé dont vous plaignez le sort.

Pour avoir un emploi public en France, la condition première est d"être Français. On demande ensuite la capacité et l'honnêteté... Une honnêteté quelconque, sous forme de cautionnement.

Avant d'admettre un domestique, tout bourgeois s'enquiert. Au risque de provoquer l'hypocrisie , il exige des certificats de bonnes mœurs. Il ne veut pas introduire la corruption sous son toit. S'il est trompé ;

Si l'employé est joueur, si la cuisinière fait danser l'anse du panier, si la bonne d'enfants est mormonne , il avisera. Mais d'abord il doit chercher l'honnêteté. Je pense que vous n'y manquez pas?

300 T.IVRF VII. - CHAPITRr XTV.

A Rome, le certificat nécessaire de nationalité et la garantie nécessaire de probité, c'est la pratique de la religion catholique, seule religion vraie, seule religion du pays.

Quoi de plus large, de plus beau, de plus légitime ? Quoi de plus respectueux envers l'individu et envers le pays? Tout catholique est citoyen de Rome, tout citoyen de Rome doit être catholique.

Que vos fonctionnaires soient protestants, juifs, athées, peu vous chaut. Mais s'ils étaient étrangers, méprisant tout ce qui est encore votre foi?... L'étranger, à Rome, c'est le non-catholique.

Vous souffririez qu'un fonctionnaire s'abstînt de la messe le jour de saint Empereur. Mais le Gouvernement le destituerait, et vous pardonneriez au Gouvernement. A Rome, Tempereur, c'est Dieu.

Un employé s'abstient de la communio i pascale, i Ici, cette abstention signifie qu'il n'observe pluS; les Commandements de l'Eglise. Donc, il brise avec la constitution du pays.

Il brise avec la nationalité, il outrage la foi du peuple, il parle au peuple une langue étrangère. Il se met au-dessus de la loi qui astreint le souverain et les sujets, et qui est le salut de tous.

Cette loi, il la connaissait et il la confessait. Elle était son titre indispensable aux fonctions qu'il a reçues. Ou il a été hypocrite, ou il s'est mis en état d'incapacité : qu'il en subisse les conséquences.

S'il n'a pas trompé lorsqu'il s'est donné pour bon catholique, et s'il a sincèrement cessé de l'être, pourquoi, en se retirant de l'Eglise, ne s'est-il pas retiré aussi de son emploi?

Vous direz qu'il avait besoin de sa place. Et si un serviteur que vous voudriez casser pour cause d'infidélité, d'incapacité, de scandale, vous disait qu'il a besoin de rester chez vous?...

A'ous répondriez que c'est votre droit de ne pas laisser vos clefs dans des mains peu sûres; que c'est votre devoir de ne pas garder chez vous le mensonge, l'incrédulité et l'immoralité.

Ces raisons seraient bonnes chez vous ; elles sont excellentes ici. Sauriez-vous me dire pour-

quoi le Pape devrait insulter son peuple en le faisant administrer par des mécréants?

Je ne trouve aucune sécurité, je n'éprouve aucune allégresse, je ne ressens aucune fierté quand je viens à penser que moi , catholique , citoyen d'un pays catholique, enfant de TEglise catholique,

Je suis gouverné, administré, jugé par des hommes qui n'ont pas ma foi, qui méprisent les droits qu'elle me donne et les devoirs qu'elle leur impose, qui peuvent l'insulter impunément.

Quand j "entre dans nos vieilles églises, vrais berceaux de la France , et que je n'y vois aucun de ces fonctionnaires qui tiennent par tant de bouts mes intérêts, ma liberté et ma vie,

Je sens que je suis conquis, que je suis méprisé, qu'une doctrine étrangère est venue, s'est implantée, me domine, et que le sol de la patrie n'appartient plus sans partage à la véritable race de la patrie.

« — Laissez-moi, cria Coquelet, roulant des yeux allumés, ^^ous déraisonnez, et je me sens plein d^ndignation [ »

r.K on SF. DIT DW.s T.KS cRr.T.rr^FS. 393

CE Ql I SE DIT DANS LES CEELVEES.

— Qui sait? dit Fra Gaudenzio, Dieu quelquefois se contente de les tourner en dérision! SU veut rire, nous pouvons entrevoir le dénoùment.

Pour perdre ces fiers-à-bras, Il n'a qu'à les laisser aller. Pour les tourner en dérision, c'est assez qu'il les suive : son ombre fera tieurir leurs chemins.

Alors les pierres éparses se rassembleront et formeront des édifices-, ce qui a été semé pour produire du poison produira des fruits délicieux.

Depuis dix-huit siècles, que font-ils ? Ils creusent des fosses. Dieu passe : dans ces fosses, U jette les fondements des éghses, palais de la vie.

Si j'étais l'ennemi de ceux qui nous haïssent, et qu.e Dieu me dem.andàt conseil pour les punir, je répondrais : « Seigneur, comblez-les de pros- « pérités !

394 LIVRE vu. — CHAPITRE XV.

(( Que leur volonté soit faite • que le miracle « de Vos œuvres ne les arrête plus ; qu'ils voient (( le dernier chrétien et le dernier juste!

(( Ils vous ont dit : Retire-toi ! Eh bien, re- (( tirez-vous, et cependant commandez à la na- « ture de leur obéir. »

Oui, que seulement Dieu se retire, et qu'il fasse couler le lait et le miel î Ce ne sera pas long.

Quand la police atteindra sa perfection, quand la science aura enfanté ses merveilles, quand partout les tables ploieront sous les viandes exquises.

Alors on mangera de la viande humaine. On ne la trouvera pas meilleure qu'une autre, peutêtre ; mais ne faudra-t-il pas raffiner un peu ?

En Chine, pays de grande égalité, où un simple gouverneur peut faire décapiter qui bon lui semble, j'ai vu passer le plat favori du vice-roi :

C'était un ver monstrueux, une chose infecte, infâme. On avait fait pourrir plusieurs animaux

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