LES MADONES
J'ai contemplé longtemps la noble image que l'on appelle la madone de Sainte-Marie-Majeure. De toutes les représentations par lesquelles PArt a essayé d'exprimer cette grande idée de Marie Mère de Dieu, c'est, je crois, celle qui me plaît davantage.
Quantités de madones célèbres sont certainement de nobles dames, et plus souvent d'aimables femmes. Il y en a de tout à fait jolies. J'avoue que la plupart me causent un véritable déplaisir. Je ne femdrai pas de dire que quelques-unes me font horreur.
Je déteste véritablement le t3^pe dédaigneux adopté par le pauvre Andréa del Sarto. Je n'ai pas été surpris d'apprendre que ce grand peintre a eu le tort de nous donner, sous le nom de la 'sainte Vierge, les traits d'une femme qui ne méritait pas son amour.
J'ai horreur des belles brunes du Titien , des celles blondes du Véronèse. Les rustaudes de Ru-
bens, les gracieuses du Guide, de Sassoferrato, de Mignard et de leurs imitateurs sans nombre , je consentirais qu'elles fussent toutes vendues aux Amériques.
Je mets à part VImmaculée Conception de Murillo. Il a peint cette pensée de Dieu qui sera Marie, cette attente des prophètes et des saints dont rien encore ne pouvait exprimer l'inexprimable beauté, rinexprimable perfection, Tinexprimable emploi sur la terre et dans les cieux.
L'œuvre de Murillo est une des grandes notes du génie humain. Dans les profondeurs de l'avenir, Isaïe dut voir ainsi la Alerge qui enfanterait. Ainsi elle lui apparut, descendant sur la terre les veux tournés vers le ciel, rayonnante d'amour et d'humilité.
Voilà cette àme parfaite, envoyée à la terre par ce Dieu qui a tant aimé le monde, pour être unie à un corps parfait et que nulle tache n'atteindra. Dans cette double perfection et dans cette double pureté, elle sera l'instrument du mystère de noire salut.
Elle a toute la candeur de l'éternelle innocence, toute la splendeur de Téternelle virginité. Ses pieds