LES MADONES. 4O
pour la Divinité même, s'il n'avait appris de saint Paul le nom du seul Dieu.
D'après saint Epiphane, excepté Dieu, elle surpassa en beauté tout le reste ; mais cette beauté était un mélange de douceur et de majesté qui la faisait aimer et craindre ; et elle portait ce caractère particulier d'élever à Dieu, d'inspirer de saintes pensées, de faire naître le saint amour.
Ainsi chante le Dante, dépeignant Béatrice, les yeux fixés sur l'image glorieuse de Marie : « L'a- « mour qui la précède glace les cœurs vulgaires c( et détruit les perverses pensées. Quiconque s'ara rêterait pour la voir deviendrait une noble créa- « ture ou mourrait à ses pieds.
(( Et si elle rencontre un homme digne de la
« contempler, elle lui fait éprouver son doux pou-
(( voir ; car son regard donne la paix , humilie
(( l'orgueil, fait oublier les offenses. Enfin, pour
((, comble de grâces. Dieu lui a départi un dernier
« privilège : celui qui s'entretient avec elle, celui-là
(( ne saurait faire une mauvaise fin. «
N'oubliez pas, artistes, qu'il est dit qu'Elle se tint debout au pied de la croix *, n'oubliez pas qu'Elle présidait au Cénacle et qu'Elle est la mère de la science sacrée ; n'oubliez pas que son pied
écrase le serpent, et qu'en Elle réside la force qui vaincra toutes les hérésies.
Elle est la Vierge très-fidèle, la gardienne trèsjalouse de la gloire de Jésus *, ses yeux ont horreur de toute souillure sur laquelle n'ont point coulé les larmes du repentir. Elle prend toute main qui lui est tendue^ mais encore faut-il laver et tendre la main.
Donc il convient d'abandonner ce style efféminé qui trahit la sévère beauté de Marie. Il faut remonter aux sources , étudier ces belles vieilles images que l'antiquité nous a laissées et dont la Vierge de Sainte-Marie-Majeure est le ivpe à la fois doux, attirant et imposant.