MARSEILLE. — DESTRUCTION
Nous trouvons Marseille en pleine « régénération, )' en pleine poussière. On démolit et on rebâtit. On démolit les rues, et on les reconstruit sur l'emplacement des montagnes démolies et jetées dans la mer. On démolit les rochers, et on les rebâtit en bastides et en châteaux. On démolit la vieille cathédrale, et on la rebâtit sur des magasins. On démolit Notre-Dame de la Garde, et on la relève à côté, plus vaste et plus riche. Marseille nous fait voir la fourmilière humaine dans sa lièvre d'activité.
Mille portefaix chargent et déchargent des centaines de navires porteurs de toutes les denrées de la terre et de tous les produits de Tindustrie; mille voyageurs arrivent de tous les horizons, mille voyageurs partent pour toutes les directions -, les vaisseaux glissent au loin sur la mer, les wagons courent au loin sur les flancs des coteaux, s'engouffrent dans les tunnels béants, reparaissent et fuient. \'ous entendez parler toutes les langues, tonner, grincer, éclater tous les bruits. Vous voyez