‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 110 sur 230 · FRASCATI · texte numérisé non relu

FRASCATI

Tandis que le Peintre se lamente, nous arrivons à Frascati, non en wagon, mais aristocratiquement... presque à pied.

Nous vîmes à Frascati, comme appendice du débarcadère, un café-chantant en forme de chalet. Le goût moderne, frère consaguin de Tesprit moderne, a fait cette construction et l'a embellie

4l6 LIVRE VII. — CHAPITRE XIX.

de ces petits arbres qui poussent vite. Un bosquet de bouleaux et un chalet à Fhuile, sous les beautés grandioses de la villa Aldobrandini I

On avait de ces villas par centaines, ouvertes libéralement aux petits voisins. Les propriétaires commencent à s'enclore. L'égoïsme de la propriété se manifeste quand la propriété disparaît. Grands chênes verts, cascades, magnificences de l'art mêlées aux magnificences de la nature, adieu 1 Le Code moderne va dépecer le sol, arracher les arbres, abattre les châteaux, semer des poxmmes de terre et des cafés-chantants.

Nous pénétrâmes dans la ville par les murs crevés. Que de choses cette brèche a laissé sortir ! La première chose sortie et qui rentrera la dernière, si elle rentre, c'est la liberté. Frascati qui a tant lutté pour rester une ville à côté de Rome, la voilà faubourg.

Les Frascatanes arborent la crinoline. Les hommes pourtant n'ont pas encore la casquette. Cela ne tardera guère, et alors on verra dans l'Etat romain ce qui ne se voyait qu'ailleurs : la figure canaille.

Au café, tapissé de papier peint français fort ignoble, nous trouvâmes un journaL le Filodram-

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