POUR QUI EST FAIT LE MONDE
Dieu, la sainte Eglise catholique, est Fabri de tout bien; plus nous sommes catholiques.
Le mensonge est toujours ignoble, l'argument de la force toujours fragile. Contraignez-moi de fuir, je garde mon droit, et je reviendrai. Et ceux qui ont déchaîné le tigre pour me chasser, ceux-là se joindront à moi pour se délivrer eux-mêmes.
Vous avez évoqué les forbans, et vous trouvez bon qu'ils appliquent un ce droit nouveau. » Ils saccagent, ils oppriment, ils tuent. Applaudissez; j'attends. Un jour il faudra reconstruire. J'attends ce jour.
Du mensonge vous ne tirerez que le mensonge. Vous parlez d'installer la liberté : pas de liberté sans nous ! La liberté est le don du Christ. Vous ne serez pas libres si vous n'êtes chrétiens; pas chrétiens si vous n'êtes catholiques.
En dehors de nous, vous ne pouvez que détruire ; et vous ne pouvez rien contre nous, car vous ne pouvez pas nous détruire. Parce que vous nous tueriez, vous ne nous détruiriez pas : notre mort fait éclater la divinité de notre foi. Qui nous tue sème la vie.
Si votre crime provoque le déluge, nous sommes
dans l'arche*, non plus Tarche de Noé, mais la barque de Pierre, dont le pilote est Jésus-Christ. De là, nous vous tendrons la main.
Imaginez que vous fassiez sombrer l'arche. Ce serait la fin. Nous savons que ce m.onde doit finir-, nous savons que le mal est homicide; mais homicide de lui-même et de ceux qui sont à lui, non pas de Dieu et de ceux qui sont à Dieu.
ENTRE LXSCALA-SAXTA ET 5.4-Y7'.4- CROCE-IX-GER USALEMME.
Profondeur de Fhumaine misère, poids écrasant du cœur, terreur de l'âme I Nous sentons que nous n'aimons pas Jésus-Christ.
Nous ne l'aimons pas, non, non! Prendre sa loi, porter sa bannière, persévérer jusqu'à la mort, ce n'est pas Taimer.
Il y a des tristesses en nous et des fatigues et des craintes; il y a des regards jetés sur le monde et sur nous. Nous n'avons pas l'amour.
ENTRE LA SCaLA-SANTA. ETC. 44D
Comment en sommes-nous là, que le seul nom de Jésus-Christ ne fasse pas fondre nos cœurs, que la seule vue de sa croix ne nous convertisse pas.
Lorsqu'il a monté cet escalier du prétoire, il avait déjà subi l'agonie de nos péchés : et nous avons pu toucher ces pierres sans mourir d'amour !
Lorsque les épines ont percé son front, elles Tont moins déchiré que la frivolité de nos pensées : et toutes nos pensées ne sont pas pour lui !
Lorsqu'il pendit à la croix, le poids fut moins lourd à ses mains clouées que les œuvres de nos mains : et nos mains font encore des œuvres mau-
11 avait compté mes pas, et les clous qui percent ses pieds sont les pas que je fais dans le mal : et tous mes pas ne sont point dirigés vers lui !
Pilate, Pilate, de quel droit t'avons-nous méprisé ? Tu l'as livré ; ne le livrons-nous pas ? Ne lui avons-nous pas préféré le pervers ?
Pierre, Pierre, faible un instant, donne-nous tes larmes intarissables ; obtiens-nous ce regard qui te fit pleurer toujours et aimer toujours !
Jésus, Jésus libérateur, délivrez-nous de nousmêmes, de l'amour envers nous, de l'indifférence envers vous ^ faites que nous vous aimions !
Que l'amour nous éclaire, nous emporte et nous consume î Qu'il nous éclaire de la Croix, qu'il nous emporte à la Croix, qu'il nous consume sur la Croix I
Alors nous ne tremblerons ni de crainte ni de colère, et nous aurons des paroles victorieuses. Alors, au lieu d'un bruit inutile, nos lèvres jetteront la vie.