‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 129 sur 230 · HISTOIRE DES PERSECUTIONS · texte numérisé non relu

HISTOIRE DES PERSECUTIONS

Il en faut faire l'aveu. Coquelet : vos destructeurs du christianisme, ces maîtres que vous suivez, ne brillent pas par l'invention. Je laisse les tueurs, ce lieu raconte leur défaite. Parlons de ceux qui prétendent raisonner et qui raillent.

HISTOIRK DES PEHSKCITIONS.

On s'est toujours moqué des pauvres chrétiens. Du temps même qu'on les tuait , la dérision ne chômait pas. 11 y a une épigramme dans l'édit du bon Trajan contre saint Ignace : Igncitium iii seipso dicentem circiimferre Criicijîxiim. C'est l'invention des soi-disant jésuites. Voltaire nous appelait Christicoles.

Les plaisants de Rome disaient, ^-e/z^ à sarments, gens àpoteaux. Sobriquets fort justes, puisque les chrétiens étaient attachés à des poteaux , brûlés à feu de sarments. Néanmoins, quelques païens observaient que brûler n'est pas répondre. Véritablement, cela dépend de ce que Ton brûle !

Il ne suffisait pas de brûler, puisque les sarments brûlés ne cessaient de porter fruit. Les païens entreprirent de répondre. — Nous brûlerons mieux ces chrétiens, disaient-ils, leur ayant répondu. L'on se mit en quête de réponses.

Les miracles du Christ, renouvelés par ses disciples, embarrassaient. Il parut urgent de trouver un païen à miracles. On le trouva. Ce fut Apollonius de Tyane, pythagoricien. Apollonius faisait des prodiges , lisait dans Tavenir, etc. Mort, il reçut les honneurs divins. Mais cela ne tint pas.

Vespasien aussi fit le thaumaturge. Il était en

b LIVRE VIII. — CHAPITRE II.

situation : il allait prendre possession de l'empire ! Dans le temple d'Alexandrie, par la puissance de Sérapis , il guérit un estropié. Vous imaginez la fête ! Pourtant Vespasien ne continua pas ; et je doute qu'Adolphe Guéroult lui-même croie aux miracles du Vespasien.

Un point tourmentait les empereurs. Des lueurs de dignité, d'équité, de charité pénétraient dans le palais impérial : en face de ces sentiments nouveaux , l'opinion prenait des pentes inquiétantes pour les dieux. Vespasien et Titus avaient voulu débarrasser le trône du spectre de Néron *, Trajan résolut d'être juste.

Pline lui posa ce cas d'administration : La loi proscrit les chrétiens, la justice ne trouve en eux aucun crime. Que faut-il faire? Punit-on les crimes, ou seulement le nom ? Pline ajoute : « Ceux « qui ont avoué, je les ai menacés ; quand ils ont « persisté, je les ai envoyés au supplice ; car crice minels ou non, fai cm juste de punir en eux (c leur désobéissance, » Modèle d'un libéral qui aime la loi !

Et Trajan : a Mon cher Pline, c'est très-bien fait. Eh général, ne recherchez point ces sectaires. Accusés et convaincus, il faut les punir ; s'ils invoquent les dieux, pardonnez. » La puissance im-

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