LE PATRONAGE
moi. — Capitaine, est-elle votre patronne depuis longtemps ?
(( Depuis un jour, où je vis de près le fond de la mer, moi et quelques autres qui ne regardions pas le ciel souvent. Nous nous trouvâmes plus dévots que nous ne disions. Nous fîmes vœu à Notre-Dame de la Garde. Elle nous remorqua.
Nous rentrâmes au port, comme menés par la main. Nous avons acquitté notre vœu en chemise et pieds nus, chantant les litanies. La bonne Vierge fait bien les choses : quelque temps après. Elle m'a donné ma femme ; ma femme m^a donné ma îille.
(( Ma femme et ma fille prient pour moi devant Notre-Dame de la Garde, et leurs prières brûlent comme deux cierges de cire très-pure. Elle demandent à la bonne Vierge que je meure dans mon lit, en bon état, bien confessé.
(( Elles font valoir que nous aurons été assez séparés sur cette terre pour ne l'être pas durant Téternité. Dieu voudra ce qu'elles demandent. Ma fille me fermera les yeux et ensevelira mon pauvre corps. Rentrez dans votre cabine, et dormez aussi tranquille que moi.»
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