‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 196 sur 230 · LES ACTA MARTYRUM. 27 I · texte numérisé non relu

LES ACTA MARTYRUM. 27 I

Et aux savants comme aux autres, le miracle a été proposé *, comme les autres, ils en avaient besoin. Les difficultés mêmes que vous faites vous en doivent convaincre. Le grand nombre ne voulurent courber la tête que terrassés par le témoignage de leurs sens autant que vain^ eus par l'adhésion de leur esprit.

Vous et les vôtres , ami Coquelet , vous me semblez naïfs, présomptueux et prodigieusement humbles. Naïfs de nier le miracle devant le Christianisme; présomptueux d'opposer vos dénégations vaines à tel ou tel fait particulier gardé par l'Eglise -, humbles de vous cacher toujours derrière quelque savant, pourvu qu'il nie ce que TEglise affirme; c'est-à-dire pourvu qu'il ne sache pas.

Vous voilà derrière Tillemont. Donc, si Til-

lemont croyait, vous croiriez, et c'est la raison de Tillemont qui vous arrête sur le seuil de la foi? Eh bien. Usez Tillemont; il vous accablera d'extraordinaire. Par probité de chrétien et par droiture de savant, il réfute lui-même les doutes qu'il a élevés contre les actes de sainte Cécile par mauvaise humeur de sectaire et par vanité de savant.

Mais alors vous abandonnerez Tillemont: vous

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VOUS fournirez ailleurs. Que cela est petit, Coquelet, et le contraire de toute fierté autant que de toute raison! J'agirais autrement. Je ne simulerais pas le désir de croire, je ne me cramponnerais pas à des objections mille fois renversées; je m'affranchirais de ce mensonge, et je dirais simplement à Dieu et aux hommes : Je ne veux pas!

Ce serait ebsurde. Hors de la foi, partout s'ouvre Tabsurdc. Il est absurde absolument de n'être pas catholique. Absurdité contre nature î Cette misérable recherche d'autorités contre la foi, cette bassesse infatigable à les accepter, cette avidité à engloutir toutes les niaiseries de la négation, c'est un aveu : l'aveu que vous sentez en vous le devoir de croire, que vous êtes fait pour cela.

Mais enfin, l'absurdité carrée de refuser Dieu, c'est du moins une absurdité fière. Je l'estime plus que ce cauteleux souci d'arriver au même but par les prétendues voies de la science et de la raison, à la suite de maîtres ridicules, et qui se mentent on le sait très-bien ; cafards de science qui faussent les textes, cafards de raison toujours appliqués à forger des syllogismes faux.

Maître pour maître, j'aimerais mieux l'Eglise

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