‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 223 sur 230 · LE CAMP DES PRKTORTENS · texte numérisé non relu

LE CAMP DES PRKTORTENS

de Castelfidardo. Ils ont été prisonniers du Piémont, qui a tout fait par menaces et par séduction pour les garder. Ils ont résisté et sont revenus sous le drapeau. Les plus grands applaudissements furent pour les zouaves. Les Français présents à la fête ne s'y épargnaient pas. Chacun d'eux connaissait au moins un de ces braves enfants • tous savaient quels noms portent cette poussière, quels cœurs battent sous cet humble habit. Mais, du côté des Romains, il y eut une explosion supérieure encore pour les gendarmes , et rien n'est plus juste : aucune troupe au monde ne surpasse les gendarmes pontificaux en tenue, en vigueur, en discipline, en fidélité.

Qaund le Pape se retira, Tenthousiasme retrouva des forces pour le saluer. Sa bénédiction termina la journée. Pour terminer à mon tour et conclure, tout ce que je viens de raconter prouve, à ce qu'il me semble ?

Qu'une armée peut être une excellente chose, composée d'excellentes gens, et qui perfectionne encore les hommes dont elle est formée*.

Qu'elle peut être aimée et respectée du peuple, même en ne se rendant, comme les gendarmes romains, redoutable qu'au petit nombre des mauvais sujets ;

490 LIVRK Nir. CHAPITRE XX.

Que le Pape, avee cette armée, pourrait pariaitement se soutenir au milieu de ce peuple, livré à ses propres sentiments;

Que l'armée romaine, toute volontaire et catholique, offre le type d'une armée nationale; et que ce type est ici plus parfait qu'aiPeurs, sans exception ;

Enlin, que des soldats qui chantent les litanies peuvent manœuvrer, se battre et mourir.

Si la largeur et la générosité présidaient aux conseils des nations, Tarmée pontificale pourrait être l'école militaire la plus utile de TEurope. Les enfants de famille, que tant de causes réduisent à une désastreuse oisiveté , viendraient ici apprendre le meilleur du métier de soldat, tout en donnant au Saint-Siège un appui doublement profitable pour eux-mêmes. Quelques années du service le plus honorable, et qu'il serait aisé de ne pas rendre stérile pour l'étude des Lettres, formeraient cette jeunesse aux saines disciplines du

corps, de l'esprit et de l'âme — Quoi î dit

Coquelet, pensez-vous pouvoir nous dissimuler que vous proposez une sorte de résurrection de Tordre de Malte ? Cela n'est plus de notre temps ?

Coquelet ^oit loin. L'ordre de Malte pourrait

PAROLES DF S\INT LhON. 497

se rétablir. Malte à des religieux, Malte au Pape, quel péril pour la civilisation !

O civilisation de Coquelet!

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