‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 25 sur 230 · A GENOUX · texte numérisé non relu

A GENOUX

la terre. L'homme n'est grand qu'à genoux. En s'agenouillant, il témoigne qu'il ne peut tenir tout entier dans Texiguïté de lui-même.

Il confesse qu'il connaît, qu'il aime et qu'il adore un Etre plus grand, plus beau, plus noble, meilleur que lui et que le monde. Prosterné de^ vant cet Etre supérieur, il entre en communication avec Sa majesté *, il lui demande des sentiments qui l'agrandissent, une loi qui Télève.

Je ne me sens plus si voisin de la terre, si un avec elle, lorsque les genoux ployés, je demande au prêtre de me bénir, au saint de prier pour moi-, lorsque, empruntant la parole du juste, je dis à Dieu : a Seigneur, parlez ; votre serviteur

Agenouillé pour adorer , loin de toucher la terre, je sens tomber les poids qui m'y attachent, je me sens pousser des ailes. Le pharisien priait debout. Derrière lui, le publicain prosterné se dépouillait de sa misère et se préparait à prendre vol.

Quant à ceux qui ne s'abaissent point devant Dieu, je connais ces êtres fiers. Agenouillés ou non, je les vois partout plus que courbés devant quelqu'un ou devant quelque chose : il y en a

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devant T Institut, il y en a devant les journaux il y en a qui se tiennent ainsi devant eux-mêmes î

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