FREDERIC II
Il mourut dans son lit, les uns disent de mort naturelle, les autres, étouflé par un de ses bâtards. Depuis quelque temps la foudre ne cessait de frapper autour de lui. li perdait ses parents, ses amis, ses conseillers intimes. Il avait fait crever les yeux de Pierre Desvignes, son scribe favori, soupçonné d'avoir voulu l'empoisonner, et ce misérable s'était tué, par crainte des tourments que pourrait lui infliger le maître dont il avait tant vanté les vertus. Il le connaissait! On dit qu'aux lueurs de la colère divine . Frédéric vit clair et se repentit. Dieu poursuivit sa race. Ses fils moururent coup sur coup, accusés de fratricide. Rien ne resta de son nom.
Ainsi se termina ce grand épisode de la lutte du Sacerdoce et de l'Empire, après deux siècles entiers. Durant ce temps, la papauté avait fait les Croisades, vaincu l'hérésie albigeoise^ béni les ordres naissants de Saint-François et de Saint- Dominique, multiplié les universités, fondé les républiques italiennes, s'était à peu près affranchie de la tyrannie des républicains capitolins qui confiraient avec les empereurs*, elle avait dirigé le travail de civilisation le plus fécond qui se soit jarA'ais fait dans le monde. Dieu lui accorde quelque repos.
l.|8 T.IVRE III. CHAPITRE VIII