LA MOSAÏQUE DE TRICLINITM. 26 I
Mais pour ce qui est du vieil honneur, il s'en est défait !
S'il était mon héros, j'en aurais de l'ennui. Quelle sorte de mérite voulez-vous qui se cache sous cette sorte de ligure?
Le pays qui l'a exalté sera bien forcé de porter sa statue. Quel œil, quel torse, quelle mine ! O justice!
Voilà pourquoi le réalisme infecte la terre. Viens, viens, réaliste! Prends ta brosse brutale,
Trempe-la dans ta couleur livide, et sur d'immenses torchons, pourtrais ces visages!
Tu t'es élevé à ton heure, pour être l'Appelles de ces Alexandres.
LA mosaïque du TRICLINIUM.
Autour de Saint-Jean de Latran, c'est le désert, le beau désert de Rome. Une place vaste
et irrégulière, horreur de Coquelet ; peu de passants , aucune boutique , quelques petits arbres , quelques grands palais abandonnés, quelques ruines. Nommez ces maisons et ces ruines, tout se remplit d'histoire*, l'immortalité couronne ces murs croulants.
Là-bas, c'est la basilique de Sainte-Croix en Jérusalem, bâtie par sainte Hélène et par Constantin pour recevoir les reliques de la Passion du Sauveur, et elles y sont toujours. Plus près, cette construction abrite la Scala sauta, Tescalier du prétoire que monta Jésus-Christ pour comparaître devant Pilate. Ici, ce pan de mur qui porte une mosaïque, c'est le reste du Tridiniiim où saint Léon III, Pape, reçut le bienheureux Charlemagne. Empereur.
Quelle escorte pour la Mère et la Maîtresse des Eglises, quelle garde autour de ces portes sacrées :
Pilate, Constantin, Charlemagne, le Calvaire et TEmpire !
Qiiid est Veritas? O Pilate I tu le sais maintenant, et peut-être déjà tu le savais!
O César, tu regardes le vil troupeau des .hommes prosternés devant toi, et lorsque du sein de cette foule misérable une voix s'élève parlant de liberté, tu dis : (^uid est libevtas?