‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 84 sur 230 · FORBANS ET CUISTRES · texte numérisé non relu

FORBANS ET CUISTRES

Les Gibbons n'ont jamais manqué dans Rome. En ce moment ils abondent. Ils viennent de partout*, Rome elle-même en fournit. Ils demandent qu'on ôte le Pape et qu'on ramène l'Empereur-, qu'on leur rende le lustre antique, sous les traits du roi turinois ou du dictateur nicard.

Parmi ces païens, il y a beaucoup de forbans, beaucoup de cuistres. Les forbans brusqueraient de grasses affaires avec les amateurs de curiosités *, les cuistres diraient de belles choses dans le Sénat. D'ailleurs , Dieu et tout ordre et toute beauté sont toujours haïs des forbans et des cuistres.

Ils aiment la force brutale, avec la force morale ils ne peuvent rien, sans la force brutale ilsj ne sont rien. La force morale ne procure aucun' lucre au forban, aucun lustre au cuistre. Quand] la force morale règne, le cuistre doit garder son] taudis, le forban doit vivre de privations *, le cuistre est professeur , journaliste tout au plus *, le] forban petit employé.

FORBANS FT CUISTRFS. 3 I 5

Le cuistre et le forban se sont coalisés. Ils ont si bien ourdi que les voilà au point de prendre Rome. S'ils y parviennent, ces Césars dureront peu! Quelque barbare ne tardera pas d'accourir; et la victoire du cuistre et du forban sera dans la postérité, comme le livre de Gibbon, un argument pour l'Eglise.

Page 1