‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 86 sur 230 · EN CARAVANE · texte numérisé non relu

EN CARAVANE

Monsignore Pietro-Paolo [\) est le doyen et Pexemple de ces Gallo-Romains qui, sans abjurer la France, se sont aperçus que Rome était leur vraie patrie. Depuis tout à Theure quarante ans, il étudie Rome, la relit, l'explique. Il a l'œil

(i) Je puis aujourd'hui donner le nom de cet aimable et excellent homme. C'est M. Pierre-Paul la Croix, clerc national du jSacré-CoUége et du Consistoire pour la France, décédé à Rome jen 1869. Ou je me trompe fort, ou son nom, un jour, ne ^era pas un médiocre honneur sur la liste des écrivains franfiais.

qui comprend ces merveilles , le cœur qui les aime^ il jouit du bonheur de les faire aimer.

Rome lui rend bien ce qu'il lui donne. Elle lui a conservé la vigueur, la jeunesse, l'enthousiasme. Chose plus étonnante, elle lui a conservé son français. Tout le monde en France n'a pas le don du français. Lui l'avait reçu d'une qualité forte et exquise-, il n'en a rien perdu. Il goûte Corneille, Bossuet , Molière, La Fontaine, madame de Sévigné. Il cause avec ces maîtres, il se souvient de la conversation; ils lui ont dit telle chose hier, ce matin, l'autre jour.

Rome lui a donné le latin. Il sait faire une inscription. J'ai ouï dire que ce n'est pas peu de chose! Dans Rome même, les écrivains lapidaires sont comptés. Plus grand , sans être considérable , est le nombre des juges. Lorsque ces dégustateurs attrapent quelque latinage nouvellement confectionné en Gaule, par les mains ou sous les ailes de l'Institut , ils rient comme on riait dans TOlympe.

Monsignore Agostino est un amant passionné de l'armée française. Cette élection de Dieu, qui crée le prêtre. Ta jeté dans le sacerdoce; il le fallait bien ! Qu'aurait-il fait s'il n'eût été prêtre ? Où aurait-il porté la simplesse et la charité de cœur,

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