SUBIACO. — SAINT BENOIT
Nous visitons rintérieur du monastère. Je ne suis jamais entré dans un monastère sans avoir le cœur inondé de délices et de reconnaissance par la pensée du grand nombre d'âmes qui, à l'abri de ces murs, ont trouvé et goûté la paix, et reçu le don de répandre la paix. Le païen disait : Homo sum, je suis homme, et rien de ce qui |intéresse Thomme n'est indifférent à mon cœur.
C'était un de ces beaux vers comme les païens en savaient faire, et qu'ils se récitaient au cirique, dans les entr'actes. Un instant après, on baissait le pouce pour ordonner au gladiateur vivant de tuer le gladiateur blessé.
Assurément, je me sens homme lorsque je vois souffrir : mais, après tout, la souffrance est le iuste lot de Thomme, et même elle est sa grande richesse. Je me sens plus touché quand je vois :omment Dieu a su s'y prendre pour multiplier a paix dans cet abîme de contradictions qui est lotre cœur, dans cet abîme de misères qui est a vie. Cette paix, ce bien si peu mérité, cette umière qui crée l'ordre dans le chaos et la joie ians les ténèbres, il la mise ici, pour être goûtée ;t pour être répandue.
D'une cour intérieure, nous vîmes un quartier •norme de roche qui penche sur le monastère.
Le moindre choc le ferait crouler, et il écraserait tout. Les moines ont placé dans la cour une statue de saint Benoît, la main levée vers le péril. Sur le piédestal sont ces mots : a Arrête, rocher, garde-toi de nuire à mes enfants ! » Résumé de l'histoire monastique et de Thistoire de TEglise. Que d'écroulements imminents arrêtés par une parole désarmée !
Nous revînmes par ces beaux et doux chemins, toujours favorisés du même doux et beau ciel, causant de saint Benoît, remerciant Dieu qui nous avait donné saint Benoît et ces heureux jours. A Tivoli, nous tombâmes d'accord de supprimer la villa d'Adrien, et de ne point faire visite à cette maison morte d'un vieux tyran, lorsque nous venions de goûter la vie du Sacro Spcco.