DU DROIT D ASILE
N'importe, et vous direz ce que vous voudrez, mon cher Coquelet : c'était une belle et bonne institution, ce droit d'asile! On le regrettera.
Pour un peu de coupables que la justice, voyait parfois échapper, mais qui la dédomma-.
geaient en se condamnant eux-mêmes à la pénitence, combien de mauvais coups la politique pouvait manquer!
Contraindre la force, toute force, à s'arrêter devant l'homme qui embrassait les autels; la contraindre à lâcher même le criminel réfugié sous leur garde sacrée, cela était légitime et noble, — et sage.
Ainsi la force confessait qu'elle croyait en Dieu. La force ne peut rien faire à quoi elle gagne autant! Il lui est bon de donner cette opinion d'elle-même ; il lui est bon de perdre quelques occasions de sévir.
Prédication très-efficace, accroissement de foi qui diminuait d'autanl les besognes du bourreau. Souvent le criminel réfugié se convertissait, le réfugié politique pardonnait.
A Byzance, Teunuque Eutrope fit rendre une loi qui lui permit de violer l'église où son ennemi s'était réfugié. Du pied de l'autel il Tenvoya à réchafaud. C'est l'origine de la légalité contre le droit d'asile.
Vos libéraux, Coquelet, se ressemblent partout. Grands amis de la mitigation des peines,