ENTRÉE A ROME
PORTA CAVALLEGIERI
Nous approchions de Rome, pleins d'émotion, pleins de joie, sentant que Dieu nous donnait quelques-uns de nos jours heureux. Nous n'étions pas des curieux impatients ni des gens à convertir et qui cherchent à se défendre ou contre le diable ou contre le bon Dieu: nous arrivions avec l'amour dans le cœur; nous rentrions plutôt que nous n'arrivions.
Nous avions tout à souhait: de vaillants chevaux, un excellent postillon, beau garçon, poli et de bonne humeur, qui ne semblait pas moins charmé que nous de voir Rome, et qui nous savait gré de notre allégresse. Le stoïque frate luimême laissait battre son cœur. Un détour de la route nous montra en plein le Dôme déjà salué de plus loin.
Le temps était magnifique, le soleil descendait dans toute sa pompe, illuminant et embrasant l'espace; la croix étincelait sur la coupole enveloppée d'une pourpre adoucie. Fra Gaudenzio n'y put tenir. Il cria au postillon d'arrêter, il étendit