PAPES ET EMPEREURS
Après ces émotions de l'arrivée, je ne trouvai ni ne cherchai le repos. J'entendais de grandes voix, je voyais de grandes images; les souvenirs du plus lointain passé surgissaient dans ma mémoire, mêlés aux choses du présent. Le Vicaire de Jésus- Christ dominait tout. Les autres figures passaient ou se transformaient ; celle-là demeurait immuable et la même.
Je voyais les Césars et l'empire se soulever contre le Pape, et tomber en poussière. Je voyais le Pape prendre cette poussière et former des rois et des peuples qui bientôt, ingrats, conjuraient sa perte et couraient à la leur. Ils passaient laissant des ruines; Lui, la main sur les choses qui ne doivent pas périr, restait debout.
Je le voyais dans la clarté des temps pacifiques, l'œil tourné vers les orages futurs, alimentant de sa main prévoyante la lampe qui fait le véritable jour. Je le voyais dans les ténèbres, portant de sa main fidèle le seul flambeau qui ne fût pas éteint, soutenant de sa main patiente le seul édifice qui n'eût pas croulé, relevant de sa main tendre les décombres sous lesquels gémissait la terre.
Aux jours d'orgueil, quand l'homme tombe dans