SAINT GRÉGOIRE VII. — LES CESARS ALLEMANDS
Mais ces lumières de Rome, qui enflammaient saintement les rois barbares, n'échauffaient plus les empereurs. L'Empire, transféré aux Allemands, redevenait païen! les successeurs de Charlemagne se portaient héritiers de César. Déjà ils posaient l'étrange doctrine que l'Empire est le seul souverain, le seul propriétaire de tout le monde, la loi vivante des princes et des particuliers. L'Église était sous le joug. César voulait investir les évêques et faire le Pape. La Papauté, à peine délivrée des liens ignobles où l'avaient enlacée les factieux de Rome, devait lutter contre cette prétention de la puissance séculière. A la surprise de l'Empire et du monde et de l'histoire, la Papauté surgit du cachot où la tenait un Cressentius; — et l'empereur Henri IV se trouve en présence du moine Hildebrand, homme de rien, devenu Grégoire VIL
Grégoire dit à l'Empereur que Dieu seul est souverain; que le Christ, Fils de Dieu fait homme, a été investi de cette souveraineté; qu'il n'y a pas de puissance parmi les hommes ni de droit de commander, si ce n'est de Dieu et par son Verbe; et qu'il n'y a pas d'interprète infaillible du Verbe divin, si ce n'est l'Église catholique. Par conséquent, ajoute