‹ Le parfum de Rome;Chapitre 43 sur 96 · LE CAPITULE · texte numérisé non relu

LE CAPITULE

Du Vatican, nous avons pris notre chemin vers le Capitole, ou plutôt l'Ara Cœli ; car, pour le Capitule, nous y viendrons un autre jour. L'église d'Ara Cœli est la première où je sois entré dans Rome. On y célébrait les Quarante heures. Et ce fut bien l'autel du ciel qui m 'apparut, brillant de feux, plus rayonnant d'une grâce invisible.

Je ne savais pas de prière, et néanmoins tout mon cœur pria. Je priai pour toi, mon frère, encore si jeune; pour nos sœurs, encore enfants. Jamais je n'avais de la sorte senti le grand besoin de Dieu. Je comprenais nos dangers. Je demandais la foi pour vous; je la demandais pour moi-même, sans être sûr de la désirer. Voilà maintenant que trois d'entre nous ont prié dans cette église, et personne n'est à l'écart.

Tu connais la tradition, la vision d'Auguste, après laquelle il dressa ici un autel précurseur au vrai Dieu qui allait naître d'une Vierge. Le trône de Celle qui devait écraser la tête du Serpent fut ainsi marqué sur le sommet de Rome, quand Rome était pour trois siècles encore l'empire du Serpent.

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