SAINT-JEAN DE LATRAN
riche de son nom et de sa parure de siècles que de tous les trésors dont l'a ornée un amour vainqueur. Elle est l'église propre du Pape, rnère et maîtresse de toutes les églises. Ses murs eux-mêmes proclament sa dignité dans ce langage de règne qu'on ne parle nulle part comme ici: Sacrosancta Lateranensis ecclesia, omnium urbis et orbis
ECCLESIARUM MATER ET CAPUT. Et Ces mots
diraient la même chose, quand même ils seraient tracés à la craie sur une cabane de planches et de roseaux.
Nous entrâmes. Même solitude qu'à Saint- Pierre, même frémissement de nos cœurs. La splendeur des souvenirs élargit encore ces murs grandioses. Près de l'autel, dans un coin plus retiré, deux prêtres français récitaient fraternellement leur office. Nous voulûmes savoir ce qu'ils disaient. C'était le 16 janvier, fête de saint Marcel, Pape et martyr, celui qui nous attendait hier au Corso, comme pour nous souhaiter la bienvenue. Nous relûmes sa glorieuse légende :
« Pour la loi de son Dieu, ce saint combattit jusqu'à la mort ; la voix des impies ne le fit point trembler, car il s'était assis sur la solidité de la pierre. — Et vous, ô Seigneur, vous l'avez couronné de gloire et vous l'avez établi prince pour régner sur les ouvrages de vos mains! »