‹ Le parfum de Rome;Chapitre 50 sur 96 · LES GALLO-ROMAINS · texte numérisé non relu

LES GALLO-ROMAINS

Nous baisâmes les marches de la Scala Santa, qui est tout près de Saint-Jean de Latran, et nos genoux touchèrent le pavé de Sainte-Croix-en-Jérusalem, très auguste basilique, bâtie par sainte Hélène pour recevoir les reliques de la passion du Sauveur. Nous gagnâmes ensuite Sainte-Marie-Majeure, par où nous voulions terminer. Mais le moyen de ne pas entrer encore à Sainte-Praxède et à Sainte-Pudentienne?

Nous étions sans pitié pour notre guide. Deux choses le soutenaient, son amour pour Rome, sa tendresse pour nous. Notre enthousiasme ranimait le sien, qui d'ailleurs ne baisse guère. Tu ne connais pas notre ami Enrico. C'est une figure de France qu'on ne trouve qu'à Rome, une figure romaine qui ne peut être peinte que sur fond français.

Il est venu à Rome en curieux, le curieux s'est transformé en pèlerin ; un jour, le pèlerin a reconnu qu'il était à Rome dans sa vraie patrie, et ne l'a plus voulu quitter. Je ne conteste pas l'amour des Romains de naissance pour leur cité cent fois auguste; mais je n'ai jamais rencontré l'amour de Rome si ardent qu'il l'est au cœur de ces Romains de vocation, véritables Romains « par la grâce de Dieu. » Ils constituent une de ces mystérieuses forces de Rome que l'on ne voit nulle part, que l'on sent partout.

Ils savent Rome par cœur, l'étudient sans cesse,

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