DE DIVERSES APOLOGIES
Dieu; et au fond encore, s'il y a un Dieu. Car les principes moteurs de cette guerre au temporel du Pape sont l'hérésie et le doute, et derrière, l'athéisme.
J'ai lu du pour et du contre, et je suis humilié. L'abaissement des esprits fait descendre cette dispute sur un terrain qui rabaisse le bien comme le mal. Le genre humain est présentement engagé dans la voie d'une lâcheté et d'un abêtissement immenses. J'ai peur des tonnerres qui s'allumeront pour dissiper cette nuit.
La question romaine se traite comme une affaire de police. On dirait que le point est de décider si la Papauté peut ou non se rendre capable d'administrer deux à trois millions de sujets temporels. Peutelle entretenir des routes, balayer des villes, faire produire au sol toutes ses richesses ? Ce gouvernement peut-il s'élever aux qualités qui distinguent le Badois, le Hanovrien et les autres?
Cent journalistes, brochuriers, bêtes d'encre qui n'ont ni droiture ni lettres, proclament que leur France, où ils ne pourraient pas devenir souspréfets, ne saurait plus longtemps laisser une portion de l'humanité « sous la main stérile des cardinaux. »
Ils jurent que le sol n'est pas cultivé, que la population n'est pas administrée, qu'il n'y a ni justice, ni écoles. . . . Ici, au milieu des splendeurs de l'esprit de charité et de l'esprit de liberté, splendeurs anciennes, splendeurs vivantes, entendre ces stupides et voir le crédit qu'ils obtiennent, c'est une douleur malaisée à peindre!
Parmi les défenseurs du régime temporel,
plusieurs aussi sont durs à subir. Il y en a qui s'attachent exclusivement à l'utilité politique, soutenant Rome par les mêmes raisons qu'ils soutiennent l'intégrité de l'empire turc. D'autres colligent des arguties triviales, des autorités de néant.
On se sent rougir en lisant ces misères. Si c'est ainsi qu'il faut parler aux politiques, aux savants, au monde, pauvres politiques, pauvres savants, pauvre monde!
Grâce à Dieu, nos évêques nous donnent un noble enseignement. Dans le pouvoir temporel du Pape, ils nous montrent le droit, le miracle et le bienfait du Christ ; droit qui ne périra pas, miracle qui sera renouvelé, bienfait qui sera maintenu.
Ils disent comment la Providence a établi ce grand ouvrage; comment tout l'univers y a été employé; comment il est l'arc-boutant de la civilisation, le phare que nous devons affermir contre toute tempête. Ils ne dédaignent pas, en passant, d'écraser de sots mensonges.