‹ Le parfum de Rome;Chapitre 55 sur 96 · LE PLAN DE CONQUÊTE · texte numérisé non relu

LE PLAN DE CONQUÊTE

Ils se disent: — «Ne faisons rien de trop! Ne nous donnons pas le mauvais genre de tuer le Pape, il ressuscite; ni de l'enlever, il revient; ni de le mettre en prison, il y grandit. Réduisons-le à la condition de simple particulier.

et N'abjurons pas le christianisme : cela obligerait de faire un autre culte, et finirait en farce tragique. Gardons « l'auguste religion de nos pères » sans rien lui ôter, que la tête. C'est-à-dire, retirons peu à peu le cerveau; laissons la figure. Ce Caput mortuum tombera de lui-même, tout doucement.

« Ayons les yeux sur la Russie. La sainte Russie! Il y a là des prêtres, des évêques, des moines, des sacrements, des églises; on dit la messe, on chante, on prêche; et rien de gênant pour personne. C'est l'idéal. Un service pour le nettoyage des âmes, comme il y a un service pour le nettoyage des rues. . . . Tous deux dans les attributions de la police!

« Il faut prendre Rome peu à peu. Rome enlevée au Pape, plus de Papauté temporelle, et la Papauté spirituelle languira. Ce sera le battant de la cloche dans une robe de paille. Ainsi les catholiques ne resteront pas sans consolation. Ils attendront que le spirituel recompose le temporel.

Page 1