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LE CARDINAL

A Rome, plus le rang s'élève, plus la liberté se restreint. Les prélats d'un certain ordre ne peuvent plus se loger à leur fantaisie ; les évêques ne sortent plus qu'accompagnés; les cardinaux ne vont plus qu'en carrosse et n'ont le droit de mettre pied à terre que hors les murs.

Le cardinal a deux voitures, au moins deux chevaux, au moins trois domestiques d'apparat, au moins un secrétaire prêtre. Il doit habiter un palais et un appartement conformes à sa dignité, avec un minimum de chambres; il faut que ses meubles soient décents.

Il reçoit annuellement quatre mille écus, environ vingt-deux mille francs; et lorsqu'il est réduit à ce piatto, ce qui est le cas du grand nombre, il est littéralement pauvre, pour ne pas dire indigent. Le train réglementaire absorbe tout.

On parlait de la prison cardinalice. — Oh! dit Coquelet, prison dorée! (Coquelet devient amer; j'en conclus qu'il se sent absurde. Puisse-t-il comprendre cette racine secrète de son amertume ! Malheureusement Coquelet est sujet à ne pas comprendre tout, et à ne pas se rendre même lorsqu'il comprend.)

— Oui, Coquelet; prison dorée, . . . légèrement dorée! Mais ce qui compense l'or, c'est que, pour

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