VILLA MADAMA
La villa Madama, à Monte-Mario, fut, nous dit-on, bâtie par Raphaël. Je n'en sais rien. Mais ce nom de Raphaël est toujours agréable à écrire. Ouvrez un guide, et vous saurez l'histoire; à moins pourtant que le guide ne soit, comme moi, de ceux qui se bornent à répéter ce qu'on dit. Plusieurs ne s'en gênent point!
En tous cas, il était artiste, celui qui a choisi le site, à mi-côte, dominant l'espace où Raphaël a trouvé bon de placer le champ de bataille de Constantin. On voit le Tibre coupé d'une manière charmante par le pont Milvius, tel absolument que nous le montre la fresque du Vatican. Le Tibre est là très étroit, mais Dieu prit soin d'y mettre assez d'eau pour noyer ce qui restait de César.
D'une terrasse intérieure, l'œil parcourt cette grande campagne, et le Tibre sinueux et les collines. Rome est cachée, c'est la pleine solitude. Du balcon de la grande salle, Rome apparaît. Il semble qu'on ait calculé de se donner la volupté particulière du repos à côté du mouvement.
Tout cela fut très orné de stucs et de peintures dans le goût des tombeaux antiques; et comme si la mort païenne avait été sollicitée par cette demeure, elle y est venue avant même que la demeure fût achevée. Rien n'a été fini, tout