‹ Le parfum de Rome;Chapitre 84 sur 96 · VIA APPIA · texte numérisé non relu

VIA APPIA

Agnès et Luce, mes chères petites filles, je reviens d'une promenade dans la campagne de Rome; j'ai parcouru l'ancienne route que l'on nomme la voie Appia.

Là sont les tombeaux des païens. C'était la coutume romaine d'enterrer sur les voies publiques. Ces tombeaux se touchent presque.

Plusieurs étaient si grands que de leurs débris on a pu bâtir des maisons. L'un d'eux porte une ferme, son champ et un bouquet d'arbres.

Sous quelques monuments il y avait des chambres ; les murs étaient revêtus de stucs, ornés de peintures représentant, des fruits, des fleurs et des oiseaux.

Les païens ne connaissant pas Dieu et ne pouvant croire à la résurrection, avaient horreur de la mort. Us la voulaient farder de ces images agréables.

Nous, heureux enfants de l'Église, nous attendons la vie éternelle, et nous ne disputons pas à la mort sa victoire d'un moment.

Nous ne craignons pas de placer sur les tombeaux des images tristes, et d'y laisser parler la douleur. La mort est la peine du péché, elle doit exciter nos larmes.

Mais nos larmes sont des prières. Montant vers le trône de Dieu, elles ouvrent le ciel aux défunts. Nous chantons : « 0 mort ! où est ta victoire ? »

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