SOULEVAIT LE RIDEAU DE LIERRE
Il avoua son inquiétude à la jeune femme. Elle-même reconnut leurs bons amis les Ghandoyseau par la fenêtre intermittente dont le jardinier les gratifiait trop abondamment.
— Mais, dit-elle, ils ont avec eux une jeune fille que je n'ai pas aperçue encore à l'hôtel?
— Allons donc ! Madame de Chandoyseau' connaîtrait quelqu'un dont elle ne nous aurait pas entretenus?
— Mon ami, cette jeune fille, qui est fort bien, entre parenthèses, donne le bras à madame de Ghan- •doyseau. Ah! Dieu soit loué; les voilà qui s'en vont ! ditelle en embrassant son amant, avec toute la joie d'être sauvée.
— Mais non !
mais non ! fit-il
J\ vivement, cette jeune fille est en- \ core là... tenez !
tenez ! la voici...
x ah ! saprelotte !...
A peine avait -il eu le temps d'écarter madame Belvidera, que la jeune fille, demeurée en arrière, soulevait le rideau de lierre et passait dans la déchirure lumineuse sa tête blonde qui parut jolie, environnée, à contre-jour, d'un nimbe de cheveux légers et rebelles. Il leur sembla qu'elle rougissait. Les avait-elle vus ? Enfin elle s'enfuit et ils entendirent la voix de madame de Chandoyseau qui appelait :
— Ghislaine !... Ghislaine !... eh bien ! que fais-tu là-bas ?
Ils se regardèrent en prononçant l'un et l'autre à la fois le nom de « Ghislaine ».
— Ghislaine? dit madame Belvidera, au'est-ce que c'est que ça?
— Un nom tout simple !... Cette jeune fille est certainement la filleule de madame de Chandoyseau !
— • Vous êtes méchant!...
Pourquoi ? Vous savez, comme moi, que madame de Chandoyseau a horreur de la simplicité. Cette jeune fille doit lui ressembler.
— Écoutez! en tout cas, elle semble bien gentille !... Pourvu qu'elle soit discrète !
— Gageons que madame de Chandoyseau est édifiée à l'heure qu'il est sur notre séjour dans cette grotte!...
— Oh!...
— Et que c'est la femme la plus heureuse du monde !...
— Après moi ! s'écria madame Belvidera, voulant montrer par là que rien ne pouvait entamer son bonheur.
— Merci, chérie !... chérie !...
— C'est égal, ajouta-t-il, quelle dent aura contre nous notre bonne amie de Chandoyseau ! Ses bons soins nous auront été superflus r elle eût tant voulu nous jeter dans les bras l'un de l'autre... Quant à nous, il faut sortir de la « chambre de Vénus », voici l'heure du déjeuner Retournons-nous à Stresa ?
— Je n'en ai guère envie, et vous ?
Ne peut-on pas déjeuner dans l'île ?
— Mais si !
— Quel bonheur ! dit-elle en se courbant pour passer sous le lierre.
Et dans la joie de recouvrer la lumière, de revoir le paysage resplendissant dans la chaleur de midi, elle se mit à sauter avec l'insouciance admirable que donne la santé et la beauté plus fortes que tout.
— Par exemple, dit Gabriel, nous risquons de tomber au beau milieu de nos- connaissances, car elles pourraient bien avoir eu la même idée que nous !
— Tant pis ! tant pis ! nous dirons la vérité. Ne nous sommes-nous pas rencontrés ce matin par hasard ?
Il remarqua que, pour la première fois, elfe allait laisser déjeuner la petite Luisa seule avec la femme de chambre ; en amant égoïste, il en fut secrètement heureux.
Ils descendirent ensemble jusqu'au, village qui environne la petite église et le port d'Isola Bella.
En arrivant sur la place, ils aperçurent un groupe assez compact de personnes entourant un objet de curiosité qui ne pouvait être qu'un blessé ou un peintre. Ils firent comme tout le monde, et, se haussant sur la pointe des pieds, reconnurent Dante-Léonard- William Lee qui peignait, sur une large feuille de papier teinté, des figures aux formes étranges.
Il avait toutes les peines à contenir la foule des indigènes et des touristes qui l'environnaient d'un cercle complet et lui obstruaient la vue de son modèle.
— C'est bizarre, fit madame Belvidera, il a l'air de s'inspirer de quelque chose qui serait placé là-bas, près de l'église, et il fait des sortes d'arabesques qui n'ont ni queue ni tête.
— Ce n'est pas cela qui m'étonne, dit Gabriel, mais je suis curieux de voir où il puise son inspiration...
A ce moment, quelques badauds écar tés, on reconnut la Carlotta qui faisait les cent pas devant les marches de l'église. Elle avait ses cheveux bruns, noués négligemment sur la nuque ; ses beaux bras hâlés étaient nus ; on sentait sa gorge pleine et libre sous un corsage de pauvresse à demi boutonné; et elle marchait en se balançant sur des hanches saillantes et paresseuses.
A cette heure-là, elle était marchande d'éventails et de paniers de paille dans une petite baraque de bois, et le»
rares acheteurs lui laissaient le loisir de bavarder, de rire et de s'étirer au soleil.
Cinq ou six femmes étant venues s'asseoir sur le pas de l'église, Carlotta, probablement narguée par elles, se campa debout, les poings aux. hanches et tenant tête aux commères. Sa silhouette, sans pose, était presque trop proche des dessins de l'école romaine ; cette belle fille, dans son attitude familière, fournissait le type du plus parfait académisme : on eût cru voir un Raphaël. Vue de près* elle avait le nez, le front et la moue
divine des Aphrodites antiques ; ses yeux avaient le gris, le mauve, le lilas mouvant des perles ; l'arc si pur, si parfaitement conforme à la convention classique, de sa lèvre, i vous laissait stupéfait.
Une enfant passa, qui portait sur la tête un bassin de cuivre plein d'eau. Les femmes l'arrêtèrent ; elles trempèrent -l'une après l'autre un verre dans l'eau fraîche, et elles en avalèrent le contenu d'un trait. Carlotta but, s'étira les bras, les tint un moment élevés et les reposa nonchalamment sur les hanches.
Quelqu'un l'ayant fait éclater de rire pendant qu'elle buvait un second verre, l'eau se répandit sur sa robe. Elle la retroussa d'un geste prompt, et l'épingla très haut, montrant ses jambes, mais sans la moindre hésitation, sans vulgarité, sans arrière - pensée : .
avec la plus naturelle impudeur.
Des hommes du port, des bateliers, semblaient attirés par elle ; quelques-uns la voulaient lutiner ; elle se défendait en riant et leur allongeait des soufflets retentissants et lourds. Mais l'un des hommes, un gars fort et trapu, avec un regard sournois étant survenu, se posta derrière elle, sans lui adresser la parole. Et dès lors personne n'osa plus la toucher.
Lee prononçait à demi-voix des excla-
DANTE-LEONARD-WILLIAM BUT flEUSEMENT.
mations. Tout à coup, il se leva, et l'on* crut que, dans l'exaltation de son enthousiasme, il allait embrasser cette jolie fille. Mais sa dignité britannique ou bien une sorte de timidité qu'il vivait, interrompit son élan, et, ayant joint Carlottar. il dit simplement qu'il voulait boire un verre d'eau. Garlotta se disposait à rincer le verre.
— Non! non, dit-il, je veux boire après vous !
Le sombre gars se dressa tout à coup comme s'il voulait s'opposer à toute tentative de galanterie.
— Paolo! ditelle, en lui donnant un soufflet vigoureux qui ne fit rire que les étrangers.
Puis elle porta le verre d'eau à ses lèvres, et le tendit au poète, Dante - Léonard - William but pieusement.
— Bravo ! bravissimo ! cria de* loin une voix connue.
Madame de Chandoyseau arrivait au milieu du groupe des touristes allemands, et flanquée de son mari et de la blonde Ghislaine.
Enthousiasmée par le geste du poète, elle dit qu'elle voulait boire après lui.
M. de Chandoyseau, en s'épongeant le front, essayait de la retenir.
— Mais, mon ami, criait-elle, je vousaffirme que cet homme-là est exquis :
il ne fait rien comme tout le monde !
jo Le Parfum des
Iles Borromées
Cependant, déjà elle oubliait de boire, et elle se précipitait sur les dessins.
Elle faillit se pâmer dès qu'elle les aperçut. Elle les tenait à la main, les tournait, les retournait en tous sens, et poussait de petits gloussements de béatitude. Lee s'approcha et s'aperçut qu'elle les regardait à l'envers ; il les lui redressa bénévolement dans la main :
— Non, non : dans ce sens-ci, madame ! Madame Belvidera toucha le coude
de Gabriel Dompierre ; ils sourirent.
Mais peu de gens goûtèrent, au bout de la langue, le sel de la petite scène. Il faut dire qu'à la vérité, l'on ne savait trop par où prendre ces images. C'étaient des entrelacs gracieux formés de lianes végétales se métamorphosant peu à peu, adoptant ici et là des rudiments de formes humaines, et s'épanouissant à la fin en corps graciles de femmes ou d'adolescents. Cela était encore assez vague, esquissé à peine, et voilé à dessein..
Madame de Chandoyseau n'y avait certainement vu que du noir et du blanc.
Les louanges naissaient prodigieusement de ses lèvres, comme les petits drapeaux de la main d'un prestidigitateur. On était étonné qu'après ce qu'elle avait dit, il y eût encore à dire: Elle trouvait, et nouveau et plus fort. Le motif principal de son exaltation était qu'un homme pût tirer de telles arabesques de sa pure imagination.
Lee, qui parlait peu, fut froissé d'une opinion tout à fait contraire à son esthétique ; il riposta vivement :
— Je vous demande bien pardon, madame ! je ne suis par moi-même qu'un instrument fort incapable, et je ne pourrais pas tracer un seul de ces traits sans mademoiselle Carlotta, admirable créature, que je tâche devoir là-bas à travers cette muraille humaine. C'est sa beauté qui a tout le mérite.
Madame de Chandoyseau se mordit les lèvres pour n'avoir pas trouvé cela.
Elle manquait une occasion excellente d'accrocher l'attention du peintre-poète que les compliments les plus outranciers laissaient indifférent. Elle se tut, eut une
mine déconfite, et aperçut opportunément madame Belvidera et Dompierre. Leur présence lui offrait un trop heureux secours ; elle les prit au lasso qu'elle semblait jeter sans cesse autour d'elle.
Simultanément, elle hélait son mari et Ghislaine qui s'en étaient allés tranquillement s'asseoir contre une barque de pêche échouée sur le rivage, à l'ombre grêle d'un acacia.
: — Comment, vous ne savez pas 1 dit-elle, mais en effet, vous ne pouvez pas savoir : Ghislaine est arrivée ce matin par le bateau de sept heures!...
on a frappé à ma porte ; je rêvais... j'ai cru que le feu était à l'hôtel. Hector ronflait dans la chambre voisine. Je lui crie : « Hector, levez- vous ! » Ah bien, ouiche! Je me lève donc moi-même; je vais ouvrir. Qui est-ce qui tombe dans mes bras ? Ghislaine l
— Ghislaine ?... *
— Vous ne savez pas ? Comment je ne vous ai pas parlé de ma sœurette, de ma petite sœur Ghislaine ?
Et elle continua de bavarder pendant que M. de Chandoyseau s'avançait doucement avec sa petite belle-sœur. On la présenta successivement à madame Belvidera et à Dompierre qui parurent plus embarrassés qu'elle. Les avait-elle vus, sous le rideau de lierre ? Si elle les avait vus, elle les reconnaissait assurément.
Qui était-elle? Une jeune fille niaise?
Une évaporée comme sa sœur aînée? Serait-elle discrète? L'éviter serait difficile ; mieux valait se la conquérir.
Madame Belvidera et Dompierre ne refusèrent pas l'invitation à déjeuner que leur adressait madame de Chandoyseau.
La jeune femme dit à son ami :
— Ma foi ! cette petite a une figure charmante.
— Ah çà, mais, fit Dompierre, d'où est-ce qu'elle est tombée, cette Ghislaine? Elle vient de Paris, toute seule, comme un jeune homme, une fille émancipée?...
— Vous n'avez donc pas entendu madame de Chandoyseau nous conter l'épisode de l'arrivée de sa sœur ?
— J'avoue que j'ai de la peine à percevoir quoi que ce soit au langage de madame de Chandoyseau !...
— C'est parfois dommage ! Madame de Chandoyseau nous a dit que son frère.
était demeurée à Paris, pendant le voyage de sa sœur, ayant été appelé à Venise, comme arbitre, pour une question de médaille à décerner dans je ne sais quel concours de peinture, et sachant que les
M. DE CHANDOYSEAU S'AVANÇAIT DOUCEMENT «VEC SA GRACIEUSE PETITE BELLE- SŒUR.
le peintre, vous savez ? Barthelomme. de l'Institut?...
— Comment, Barthelomme, de l'institut, e& t le frère de madame de Chandoyseau ?
— Mais, mon ami, vous tombez de la lune ! Madame de Chandoyseau, nous a parlé maintes fois de son illustre frère. Enfin, Barthelomme chez qui Ghislaine
Chandoyseau étaient pour plusieurs semaines au Lac Majeur, a amené sa petite sœur jusqu'à Milan, d'où il l'a expédiée à Stresa ce matin, en compagnie de la femme de chambre de madame de Chandoyseau qui était restée au service de Ghislaine. Est-ce clair ?
Madame de Chandoyseau frappant dana
Iles Borromèes
ses mains, leur criait du haut de la petite terrasse de la trattoria où les tables étaient disposées pour le déjeuner :
— Voulez-vous bien vous dépêcher ; le risotto vous attend, et venez voir un peu les jolies fiasquettes de chianti! Quand on pense qu'à l'hôtel, on nous le sert dans des bouteilles ordinaires ! il faut se plaindre ; nous nous plaindrons, n'est-ce pas, vous ? il faut rédiger une pétition ; je la ferai apostiller par mon ami le révérend Lovely...
- Le révérend ?...
' — Lovely; Lo-ve-ly ! Vous savez bien, le clergyman, mon clergyman. Figurezvous, ma chère, dit-elle en se penchant à f oreille de madame Belvidera, figurez-vouo qu'il me fait la cour !...
— Oh!
— Gomme j'ai l'honneur de vous lo dire !
— Mais ! et Mrs. Lovely ?...
— Mrs. Lovely n'y voit que du feu ; Mrs. Lovely m'adore, positivement ! C'est une femme d'une simplicité sublime...
Je vous raconterai quelque chose à ce propos...
— Racontez! '
— Non, non, une autre fois... j'ai peur que Ghislaine ne m'entende...
— Racontez ! racontez !
— Eh bien ! figurez-vous que mistress Lovely vint avec moi hier à l'église catholique, pour m' accompagner simplement, bien entendu. Or il y a dans cette église un petit tableau de la primitive «cole lombarde que l'on nous indiqua comme une curiosité. C'est un Adam et Ève ; oh ! mais peint avec une conscience, un scrupule des détails, une minutie, une exactitude, enfin tel que l'on en est tout ébaubi, c'est moi qui vous le garants.
Mrs. Lovely pinça les lèvres ; je crus qu'elle était choquée et qu'elle allait -entamer une violente diatribe contre ces pauvres catholiques un peu grossiers dam leurs images. En effet, elle me dit en haus-
sant les épaules : « Ces gens-là sont stupides, very stioupid : Adam et Ève n'avaient pas de nombril ! » J'en suis restée moi-même baba : si je m'attendais à la trouver courroucée, ce n'était pas pour une inexactitude!
— Vous nous ferez connaître Mrs.
Lovely ?
— Gomment donc !
— C'est la première fois que vous voyez l'Italie, mademoiselle ? demandi Dompierre à la jeune fille.
— Oui, monsieur ! fit- elle.
Il voulait s'efforcer de la faire parler, à cause de l'ardent désir qu'il avait de savoir qui elle était. Il épiait sur sa figure le plus léger signe. Lui était-il antipathique ? quelle impression avait- elle aussi de madame Belvidera ? Elle les avait vus évidemment l'un et l'autre, dans la grotte ; ses grands yeux bleus conservaient l'image que lui et sa maîtresse avaient formée lorsqu'il soutenait d'une main la taille de l'Italienne, et que, de l'autre, il éloignait ses lèvres. Quelle sorte de tumulte cette image produisaitelle dans son jeune cerveau ? Il allait jusqu'à chercher son regard. Il le rencontra deux ou trois fois durant le déjeuner. Sa calme limpidité le désappointa.
On .avait achevé les hors-d' oeuvre, quand madame de Chandoyseau s'aperçut que le poète anglais qu'elle avait invité aussi n'était pas là, et elle fut tout à coup au désespoir, se leva, courut à la caisse, envoya chercher « il signore Inglese ». Dans le flot de paroles dont elle avait abreuvé ses hôtes, au début du repas, l'objet de sa prétendue passion s'était ainsi englouti. Elle avait oublié qu'il déjeunait avec . elle.
« Tout doit passer aussi légèrement, se dit Gabriel, dans les cervelles de cette famille-là. La petite sœur, comme la grande, n'a pas quatre minutes la même image a l'esprit. »
Le Parfum des Iles Borroméer.
Dante-Léonard- William ne reparut pas de la journée. Il avait tant d'excentricité qu'on tolérait de lui jusqu'à l'impolitesse. Il avait d'ailleurs de fréquentes absences enveloppées de mystère. Son ami ne s'en inquiétait pas et n'osait point l'interroger. De tout autre on eût pu soupçonner qu'il cachait une intrigue ; mais de lui, c'était bien improbable.
Outre que Gabriel ne lui avait jamais connu aucune liaison, il le croyait tout à fait incapable ■d'en soutenir une. Une femme n'eût pas manqué de l'importuner rapidement. Rien n'avait accès chez lui, que les idées générales.
Madame de Ghan doyseau qui avait oublie le poète durant une partie du déjeuner à l'auberge d'Isola Bella, l'avait fait chercher vainement sur la place de l'église, vainement dans les jardins, vainement dans le palais. Elle ne vécut, de l'après-midi, que dans l'attente do son poète. Elle envoya le révérend Lovely k V Isola Madré, et le serviable clergymau se priva de son bain accoutumé de cinq h étires, pour lui rendre le service de retrouver son poète ; mais il revint de Y Isola Madré sans poète. Le dîner faillit être tragique. Madame de Chandoyseau ne contenait pas son impatience ; elle se levait de èable afin de voir si le poète n'apparaissait pas dans la magnificence du crépuscule.
et elle demandait aux garçons d'hôtel s'il n'y avait rien de nouveau ; elle se fâchait avec Ghislaine qui se moquait d'elle, et elle ne prêtait aucune attention aux paroles rassurantes du patient et tranquille Hector.
Dante-Léonard-William n'avait pas reparu.