‹ Le parfum des îles BorroméesChapitre 13 sur 53 · SUR LE SOL UN PETIT VOLUME · texte numérisé non relu

SUR LE SOL UN PETIT VOLUME

les applaudissements du public. A la fin, les regards s'étant joints, le couple demeurait, la femme renversée en arrière, comme vaincue, l'homme penché sur elle, ses yeux dans ses yeux, son flanc à son flanc, les mains hautes brandissant les castagnettes épuisées, l'un et l'autre semblant pâmés dans tout leur corps ; la bouche et Jes prunelles ardentes se dévorant à la courte distance du souffle.^

Le révérend Lovely, qui avait regardé îe spectacle jusqu'à la fin, tourna soudain les talons et se dirigea vers le jardin, en levant les yeux au ciel. Mais la jolie fille qui avait eu le succès de la tarentelle 3t allait commencer le tour de l'assistance, une sébile à la main, courut à lui; et on le vit se retourner du côté de la lumière pour prend- 3 de la monnaie dans

— Mais c'est sérieux, un jeune homme en présence d'une jeune fille ! c'est une réunion tellement sérieuse que tout autour d'eux conspire à les rapprocher, les gens et les choses, les hasards fertiles; c'est une entente secrète, • mystérieuse, une espèce de sourde volonté de la nature qui agite et met tout en branle dans 1p but de les unir !

— Pourquoi me dites- vous cela, vous

— ■ Mais peut-être parce que je ne peux pas plus faire autrement que les autres;, peut-être parce que j'obéis aussi à cette force secrète, à la conspiration univer-. selle en faveur du mariage ? Peut-être est-il' naturel aussi que je vous parle avant tout autre de cette éventualité, parce que je suis la seule personne qui la redoute?...

Les Napolitains ayant Quitté ie hall;

jouaient des airs de valses dont les sons adoucis arrivaient agréablement par les grandes baies ouvertes. Quelques Américaines et des- Viennoises se balançaient au bras de jeunes gens en smocking.

Gabriel regardait sa maîtresse assise

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