ISA
comme ;i Bkùm d'après ie Madhyama chinois: l'autre sur les « Autorités» comme à llliûwi d'après le EHrgha chinois et comme à Bhoganagara d'après le Digha pâli. L'expression chinoise ^k ifj « Usage de ce qui est reçu» est évidemment la traduction <lu sanscrit Bkoga. Il apparaît donc avec certitude que Bhûmi du Madhyama et du Dîrgha chinois et Bhoganagara du Mnhûjun-litilihiliKi-SiiWi et du Vinaya des Motasarvàstivâdin ne sont qu'une seule et même ville.
Vinsi dans le $6' snlra du Waâhyonxa chinois la scène se passe à l)lifimi = Bhoganagara t tandis que dans le ps respondant du Wahâparinîbbâna-Sutla la prédication a lieu à Vesâli, Il existe d'antres différences importantes entre c<'< deux textes. Le premier, que nous appellerons désormais -utra A, n'énonce que trois causes des tremblements de terre. Le second, que nous appellerons sûtra B, en énumère huit, parmi lesquelles on retrouve les trois causes du sutra A. La théorie la plus développée comprend donc en définitive : un élément commun aux deux sutra : causes 1 , 9 et 3 du sntra A =« causes i , ->. et 8 du sutra B, et un élément n'appartenant qu'à un seul sûlra : causes 3, h , 5, 6' et 7 du sutra IL Il nous faut maintenant cher» lier comment s'est formée cette théorie.
Les sutra A et B commencent par énoncer un mythe cosmologique, apparemment 1res archaïque, et qui n';i. lemble-t-il, aucun rapport avec les croyances purement houddhiqu
(n La Cosmogonie 1I11 Mahâ-llliaralo repose à peu près ftuf les mêmes notions :
âkâçâd abbavad >ari uiilâd agnimarutau
agnimarntasamyogal Uttafa lamabhavan main...
itDè Pespace naquit l'eau et de l'eau le feu el le vent De l'union «lu fen et du venl sorti! la terres ( \fahâ-Bkâr., Çanti Parva, Adhyâ
Lei plus anciens sûtra sur 1rs tremblements de terre superposaient espacé et vent eau terre. Le Mnha-Uhar. ajoute l'élément feu et distingua quatre coflehea. Gomme on le verra plus foin, le* mêmes innovations paraissent
■onde cause, commune aux sutra A et B. se rapport»' aux fcerci ntration spirituelle que pratiquaient, du
temps de Çâkyamuni, m grand nombre de sectes.
Ces deux thèses n'ont donc probablement pas été inventées par le> premiers bouddhistes. Elles ont plutùt été emprunté-
i fonds fies idées indiennes. A cette donnée, le Buddba. ou plus exactement l'auteur du sutra \. n'a fait qu'ajouter un troisième point directement inspiré par les circonstances du récit. La terre vient de trembler parce que le Nirvâni de Bhagavat est proche. Le Buddba, questionné par Ananda sur les laoses de ce prodige, énumère d'abord les idée< qui avaient cours en son tennis, puis il ajoute que la terre tremble lorsqu'un Tathâgata est près d'entrer dans le .Nirvana.
Le sutra du Madht/ama ne mentionne aucune autre cause: mais bientôt les spéculations des théologiens devaient les entraîner beaucoup plus loin. De bonne heure, les principaux événements de la vie du Buddha furent isoles des autres faits moins mémorables et groupés en une courte énumération. On distingua d'abord quatre moments : la nais?anc'. l'illumination, la première prédication et l'extinction. '■ Eléments, étant
ir le même plan, devaient tous être accompagné! des mêmes prodiges; le tremblement de terre, présage du Nirvana, devait également annoncer la naissance, l'illumination et la première prédication. On fut ainsi conduit à allonger la liste auses des tremblements de lerre. En ajoutant aux deux premières tbès indi événement! «le la vie d'un
Tathâgata. on obtint I ises : i. ■>. . 'i . ."» . 6 et s du
sûtra B.
texte, ave, ses huit causes, marque on stage encore plus avancé de la réflexion théologique. Des quatre événements
dans YEkoUara-Âgama traduit eu chinois. Seulement, dans le poème épique, le roupie feu et vont est situé entre la torr-- ''t l'eau, tandis que dans
- lie l'eau.
mémorables que nous venons d'énumérer, deux surtout sont nettement caractéristiques de la vie d'un Tathagata : ce sont l'illumination et la mise en mouvement de la roue de la Loi (marmacakrapravartana)» Les deux autres: naissance et extinction, sont, du moins en apparence, communs aux Buddha et aux autres hommes. Dans leur effort pour diviniser le Tathagata, les théoriciens durent principalement s'attacher à montrer que la naissance et la fin d'un Buddha ne sont point pareilles à celles des autres hommes. La naissance et la mort des individus ordinaires ne dépendent pas de leur propre volonté. Le Buddha, au contraire, naît et s'éteint parce qu'il l'a décidé ainsi. Pour illustrer ces nouveaux dogmes, on dut imaginer deux scènes qui s'ajoutèrent aux quatre précédentes : la -descente du ciel des Tusita » suit l'instant où le Buddha s'est décidé à renaître; le «rejet de la vie^ marque je moment où le Buddha se décide à quitter son corps. Par analogie avec les quatre premières scènes, on dut admettre que ces deux dernières étaient aussi accompagnées de tremblements de terni et la théorie ainsi complétée compta enfin les huit causes: énumérées au sûtra B.
Cette division en huit points semble d'ailleurs avoir réagi sur la prédication suivante qui ne tarda pas à s'y conformer. Le sermon sur les «assemblées», qui dans le sutra A suit immédiatement l'énoncé des causes des tremblements de terre. n'est pas divisé en un certain nombre donné de propositions. Il y est dit que le Buddha entra dans toutes sortes d'assemblées, mais le nombre des assemblées n'est pas exprimé. Dans le Mahàjwrmbbâna-Sttita, au contraire, le texte s'est, pour ainsi dire, stylisé; il a éliminé certains détails, de manière à présenter une forme géométrique: il s'est divisé en huit points H s'est accru d'une brève introduction destinée à mettre en n-iiel cet élément numérique : «--Il \ a huit sortes d'assemblées. Quelles sont ces huit '.'••
On voit quelles transformations a subies lé sôtra \ pour devenir finalement le sôtra B. D'abord prononcé à Bhumi-= Bhoganagara, il fut ensuite reporté à \ai<alï. Composé primitivement d'une série de trois propositions relatives aux tremblements de terre et d'une prédication sans donnée numérique sur les -assemblées-, il finit par comprendra deux séries de huit points chacune. Or, en dressant la liste des discours prononcés par le Buddha au cours de son dernier vovage, nous avons déjà constaté que la série des -trois- faisait défaut dans \r Mahâjiarinibbâna pâli et que, par contre, \ esali était dotée de plusieurs prédications en huit points qui cadrent mal avec le plan primitif. On peut donc se représenter l'enchaînement des faits de la façon suivante : dans la première rédaction, le passage de Bhagavat à Bhoganagara était marqué par un discours sur les trois causes des tremblements de terre et sur les apparitions du Buddha dans toutes sortes d'assemblées. C'est ce discours qui nous a été conservé dans le M*Jkifnw-Agama. Plus tard, la théorie des tremblements de terre se développa en même temps que la religion nouvelle tîorissait à \aiçàli. On élargit donc dans le récit la part de celte ville aux dépens des autres. Les prédications sur les tremblements de terre et sur les -assemblées- furent supprimées à Bhoganagara et situées à Vaiçâli, après avoir été toutes deux refaites sur le même plan.
Celte interprétation repose sur la comparaison de deux états -;sifs de la tradition, représentés l'un par le sùtra A et l'autre par le sûtra B. Entre ces deux stades, sans doute assez éloignés l'un de l'autre, il y eut probablement des étapes intermédiaires. Les textes sacrés jouissant d'une haute autorité ne se peuvent modifier brusquement. Il n'est pas rare que des éléments anciens \ persistent à côté d'innovations même contradictoires. On peut donc à priori espérer découvrir un Pari-
,tirr<hj<t-Sulni où !»• discours sur les trois causes des tremblements de t^rre se soit maintenu à Bhoganagara après que II Bériedes huit causeï ait l'ait son apparition à Vaiçâli. I ne telle survivance constituerait an argument solide à l'appui de notre thèse. i\ous allons justement la constater dans le Pariiiir fana- Suint des Mulasarvastivadin.
I ii important fragment de cet ouvrage est déjà connu parce qu'il a été inséré dans le Divyâoadâna et que Burnouf en l donné une traduction dans X Introduction à l'Iiixtonr ,lu lliuldhime indien '' . Il commence par un poétique éloge de Vaiçâli. Puis le Buddha dit à Ananda qu'il peut, si on l'eu prie, \i\re soit durant un hnlpa entier, soit jusqu'à la (in du knlpn. \nanda garde le silence. Deux fois, trois fois, le Buddha redit ces paroles sans obtenir de réponse. Ananda s'éloigne et Maia parait. 11 prie Bhagavat d'entrer dans l'anéantissement complet et le Buddha finit par déclarer qu'il s'éteindra dans trois moi», Ensuite, il entre dans une méditation telle qu'il renonce à l'existence. Alors, la terre tremble. Ananda s'approche de Bhagavat et lui demande quelle est la raison de ce prodige, Le Buddha répond en énumérant les huit causes d'un grand tremblement de terre, comme dans le Mnh/'ijinrinibluhia-Siittn. Ananda comprend alors que Bfaagaval a renoncé' a l'existence. Il supplie son maître de consentir à vivre jusqu'à la fin du l.nljia. Mais le Buddha lui reproche la faute qu'il a commi
ii silencieux après que son maître eût déclaré pouvoir vivre pendant un h'I-jm. Puis Bhagavat prononce devant les Bhiksu convoqués par Ananda une grande prédication identique à celle qui termine le chapitre m (\u Wnhàptn'inihhruiii-Siilla. Il pari ensuite pour Kuçigrima et, en s'éioignant, regarde Vaiçâli pour la dernière fois.
A cet endroit, le récit du Divyâvadâna s'écarte du Vinaya.
/'1/1/-U.. \\\\: lîi l;\ol 1 , Inliodltclini, . |>. - i
donnons ci-après ia suite du ParimrvânaStUta tifs Mulasarvaslivâdin d'après la version chinoise de Yi-tsing.
VoUTA OF.S MlLlSARV.WlVÂDIN.
(XVII. », p. 76\coL
Le Buddha. étant pan en a au village «• Profonde-peine- Iff fê. I fuiijhiarna dans le !>oi> des Cheng-che-po ^f* §|f ;j£ et dit aux Bhiksu : -Il fout que vous sachiez. Ceci est défenses jfc :
ixité de la pensée '£ S *" • P«"',-p qu'on
pratique bien les la fixité de la pensée dore longtemps. Parce
qu'on pratique bien la fixité «le la pensé.:-, la sagesse pure peut naître. Par»-.- qu'on a la sagesse, on peut être délivré du désir, de la col «le l'ignorance. Les saints auditeurs dont l'esprit est ainsi délivré vraiment et clairement; pour eux la n i moi est aboli-; la
ite brahmanique est instituée: ce qu'ils avaient à fa ampli :
subiront ! ;tences ahérieni
Et ainsi ment il traversa plus de dix villages. Partout, pour
Dana 1. M'ii'àparinibliàiut-Sutta. la première localité aprè- \ de Bhaïujagàma. Dans le Viuava des Mulasanâstivadin. le Buddha quittant Vaiçâli parvient immédiatement au village de -Grave-peine- j|f j^,. Dan- 1<- Dul-va tibétain, le même ullage est appelé Dum-pa, c'est-à-dire : morceaux. Ces deux traductions chinoise et tibétaine font penser à des originaux Khanda et Kanta, ^i;;nifiant l'un rr brisé s et l'autre -douleur cuisante-. Au reste une forme avec gutturale aspirée parait être à la ht transcription^ employées dans d'autres s 'Ira traduits en cliin
même nom est transcrit : K'ien-tch'a ^ ^£ dans le Ta-pan-nit^p an-king (\li, îo. p. :>V . K'ien-ii fë ^'i dans le Fo ptm ni y— kimg (MI, io, p. i4*) et Klen-tch'e .;j£ ^p ilans le Pan-ni-yuan-kmg (XII. io, p. I irions
donc une forme Khanda alternant avec une autre forme Bhanda. L'identité Khanda- Bhanda ne fait pas ditliculte. M. Sylvain Leu a montre à propos de la ville d'Udabhândapura que les deux formes 'bbânda et khanda étaient parallèlement en usage (Catalogue géographique des \ a îyiô, I,
1 Ici la version chinois»- est très concise : ^ ^ ^ j||j littéral. : >Ceri est
s. ti\ité de ia pensée, intelligences. Mai> !a même prédication est citée
un peu plus haut, quand Bliagavat passe au village de Kuti, et la traduction
chinois*- es» alors plus longue en même temps que plus précise: <fo JTjL j=I |j| Q
jfc £ H ^ 1 o ]lfc £ & ^ cVst-à-dire : «Ceci est nia: t
■i est prajhàn XVII, ••, p. 73b, col. 8). Cf. Mahâparinibbâna-Sutta , II. 'i
les créatures, suivant les circonstances, Il exposa la Lai. Il parvint 1 la ville -l sage de-cenjiii-eetHreçua ^ J$ (likojr/uia/nira) et demeura dani
If bois qui est au Nord. Alors la grande terre trembla de tontes parts. Elle se soulevait et s'abaissait aux quatre points cardinaux el il en sortait de la fumée el des flammes; le soleil et la lune étaient obscurcis; des étoiles filantes tombaient; dans les régions de l'espace, les tambours des dieux résonnaient.
Alors Ânanda, à l'heure où le soleil commence à décliner, se leva «lu lieu ou il se reposait et se rendit auprès du Buddha. Il adora ses deux pieds en les touchant du sommet de la tète et se tint debout à côté de Loi. Les mains jointes, il dit: crû Révérend, ô Bhagavat, pour quelle raison la grande terre tremble-t-elle?»
Le Buddha dit à Ananda : <rPour trois raisons, la grande terre peut trembler. Quelles sont les trois? Cette grande terre repose sur l'eau J l'eau repose sur le vent; le vent repose sur l'espace. Quand dans l'espace l'eau est heurtée par le vent, il s'y forme des vagues. Quand l'eau est houleuse, la terre tremble. 0 Ananda! ceci est la première raison pour laquelle la grande terre peut trembler.
ffDe plus, ô Ananda, quand un Bhiksu ayant un grand prestige et de grands mérites, par la force de sa pénétration surnaturelle se représente cette grande terre comme une petite poussière et prend conscience de l'étendue illimitée de l'eau, il peut faire en sorte que la grande terre tremble de tontes parts. Quand une Bhiksunï ou quelqu'un d'entre les deva ayant un grand prestige fait trembler la grande terre, elle est également secouée de partout. Ceci est la seconde raison pour Laquelle la grande terre peut trembler. Pour le développement, comme ci-dessus.
■ De plus, ô Ânanda, quand un Tathagata doit entrer avant longtemps dans le Paiinivvùiui ,la grande terre tremble. Pour le développement. comme ci-dessus. O Ananda, ceci est la troisième raison pour laquelle la grande terre peut trembler."
Alors Ananda dit : rrBbagavat, dont la vertu est extraordinaire, peut réaliser ces inconcevables prodiges; le Tathagata, l'Arbat parfaitement illuminé va donc avant longtemps entrer dans le grand Nirvâça pour cette raison que la terre tremble et que se manifeste ce signe extra] ordinaire. .. » Pour le développement, comme ci-dessus. Le Buddha dit : ffCi'est ainsi! c'est ainsi! C'est connue tu le dis. Le TathâgataJ l' Ailiat parfaitement illuminé peut vraiment réaliser ainsi des iharma ££ extraordinaires. O Ananda! jadis je me suis fait voir dans des assemblée! d'innombrables centaines de milliers de Kfatriya; je m'adaptais alors a leur tonne. ,'i leur manière d'être, à leur organisation; je prenais une
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forme semblable à la leur, une physionomie, une voix également semblables aux leurs; j'adoptais ilans mes dûeoora le sens de leurs paroles. Ce qui n'était pas clair, je le leur expliquais. Je leur exposais b Loi sublime: je leur procurais avantage et joie et quand leurs esprits l'étaient ouverts et avaient compris, je disparaissais. Us ne savaient pas où j'étais et il- disaient : -En quel lieu est-il aile? Est-il un deva ou U!i homme? Il n'est pas de notre pays.- 0 Ananda! je puis réaliser ainsi {karma extraordinaires et sans limites.
De même que dans les assemblées de Kmtriym, dans les assemblées de Çramana. de Brahmanes, de chefs de famille maîtres de maison, il en fut entièrement ainsi. Dans le monde du désir et dans le monde de la forme. . . etc.. jusqu'à : chez les deva Akanistha (S §j£ |f; l , j'allais partout m'adaptant à leur forme, à leur manière d'être, à leur organisation. . . Pour le développement, comme CJ-dewun. . . etc. .jusqu'à : 0 Ananda. je puis réaliser ainsi des AffM extraordinaires et sans limites, t
Ainsi le Mrrânii-Sùtrn des Mulasarvastivadin offre sucessivement et à peu d'intervalle deux théories sur les causes den tremblements de terre. Quiconque lit l'ouvrage sans arrêt ne peut manquer de trouver étrange celte répétition. Après avoir énuniéré huit causes, pourquoi traiter le même sujet une seconde fois et d'une manière incomplète? Ananda, auquel ■ Muddha vient d'annoncer à Vaiçâlï son entrée prochaine dans le Nirvana, ne parait plus s'en souvenir à Bhoganagam. Il faut que le Buddha l'avertisse à nouveau. Ces incohérences s'expliqueraient difficilement dans un récit rédigé d'un seul jet. Biles n'ont plus rien de surprenant si on admet que la scène *le Bhoganagam faisait déjà partie d'un récit ancien dans lequel ensuite intercalé l'épisode du -rejet de la vie-.
Dans le Parimrvàna-Sûtra des Mulasarvastivadin, la théorie des trois causes subsiste encore: elle a complètement disparu dans le Mahàparinibbâna-Sutta. La prédication sur les sassem-
il : »Ies deva de la région ou il n'y a plus de forn
Idées- <|iii. dans le premier de ces ouvrages, est encore situé! à Bhûga, esl reportée a Vmcâh dans le second. Enfin, tandis <jne (huis le Vinaya le Buddba ne prononce à Vaiçâlj qu'un
seul sermon en (mil points, il en prononce quatre <l;ms cette ville, d'après le sulta piili. I)ès qu'on a saisi le sens général de l'évolution, tous ces Faits apparaissent comme autant de preuves de l'ancienneté Au Parinirvâna-Sutra des MûlasarvàstH vadin par rapport au Mahâvarinibbâna-SuUa,
On vient de \oirque les théories sur les «causée des Iren:- Meinenls de terres et les s assemblées?? étaient déjà en germé dans le récit le plus ancien du dernier voyage du Buddhaj Il entre dans la scène du -rejet de la vie» d'autres élément! plus récents dont il nous reste à chercher l'origine.
Dans le 36* sutra du Madhyama chinois (sûtra \). le dialogue entre le Buddha et \nanda ne contient aucune parole de blâme, vnanda demande pour quelle raison la terre tremble et. par la réponse qui lui est faite, il comprend (pie le Buddba doit entrer prochainement dans le l'arinirvana : il pleure et exprïmi son élonnemcnl Dans le Dwyâvadâna el le Wahâpa* rinibbâna-Sutta , le ton du dialogue est tout différent. \près la question d'\nanda, le Buddba énumère les huit causes des tremblements de terre: Ànanda le supplie de ne pas s'éteindra si tôt; mais le Maître lui répond durement qu'il a Lrop tardé à faire cette prière et qu'il s'est ainsi rendu coupable il une faute grave. Ces reproches sont un élément nouveau que rien ne faisait prévoir dans la rédaction primitive.
Nous avons déjà montré, à propos des stances de lamentation, la déchéance graduelle d'Ananda qui, considéré d'à bon comme le plus grand des chanteurs du Nirvana, finit par tomber au dernier rang. Tandis que. dans la tradition la plus ancienne, ce disciple apparaît surtout comme le confident 6J l'inséparable compagnon du maître, il n'est plus, dans les te.vtci postérieurs, qu'un novice en cours d'instruction , encore sujet
aux passions, un pécheur en opposition avec le lairil parlait : Anuruddha. Cette circonstance «*vj>lî«|ii«" l'introduction dans la scène dn «rejet de la vie» d'un éiémen! défavorable à Ananda i|in faisait complètement défaut dans le réeil le plus ancien.
Imaginons, en effet, ce que pouvaient penser les tidèles des premiers siècles en récitant le sulra \. Le Maître avant laissé entendre qu'il entrerait bientôt dans le Parinirvana. Ananda ne sait que [(émir et s'étonner. Il accueille sans protestation [émouvante annonce de la séparation prochaine. Cette attitude devait paraître naturelle à l'époque la plus primitive. Aussi longtemps que le Buddha fut réputé semblable aux autres hommes, on crut (pie sa vie ne pouvait se prolonger au delà de la durée normale d'une vie humaine. Mais, plus tard, quand la nature divine du Buddha fut un dogme universellement admis, on pensa que le Maître eût pu vivre, s'd l'eul voulu, pendant des milliers d'années; <-l ces! pourquoi on dut imaginer la scène du «rejet de la vie». Dès lors, l'attitude d Ananda paraissait étrange el inexplicable. sans protestation l'annonce du Parinirvana. n'aurait- il pa supplier le Maître de rester longtemps encore bu milieu de ses disi :iples? 11 y avait là un cas de conscience qui ne pouvait manquer d'exercer la sagacité des premiers c
Trouvant l'occasion bonne de rabaisser Ananda. auquel manquaient certains caractères du saint idéal, les théologiens admirent qu'il avait commis une faute : il aurait du, d'après lux, supplier le Buddha de prolonger son séjour sur la terre. Pour que ce jugement parut décisif et sans appel, on lit condamner Ananda par le Tathâgata lui-même; et certains détailfurent imaginés en vue de donner l'impression que la culpabilité d'Ananda était certaine et indiscutable. Au début de la scène du --rejet de la vie*', le Buddha dit trois t'ois qu'~ il peut, si on l'en prie, vivre soit durant un kalpa entier, soit jusqu'à la tin du kalpa-. Trois fois, \nanda garde le silence. Il ne faut
— «*( HO )**- |Wi]
loue |»as s'étonner si, un peu plus tard, le Buddha fait d'amen reproches à son serviteur.
(les paroles de blâme n'eurent probablement pas tout d'abord un caractère d'extrême sévérité. Le dévouement «-prouvé <r\n;mda ne devait-il pas lui épargner une réprimande trop rude? Mais, à mesuro que baissait la réputation <i'\ Manda, on vit les conteurs exagérer à plaisir les reproches que l<- Ruddha était censé lui avoir adressés. Dans le Paimnâno-SlUrà des Mulasarvâstivâdin, Bhagaval se borne à dire : «C'est une faute de ta part, ô Ànanda, c'est une mauvaise action qu'ai moment où s'est produite jusqu'à trois fois la noble manifestation de la pensée du Tathâgata, tu n'aies pas pu en comprendre le motif et qu'il ait fallu que tu lusses éclairé par Mari le pécheur (l).» Dans le \iahâparimbbma-SuUat le sujet de cette simple phrase est développé de manière à remplir plus m sept paragraphes (2) : le Buddha rappelle à son serviteur que. dans un grand nombre de circonstances, il a commis une faute pareille à celle dont il vient de se rendre coupable. Ainsi, ce n'est plus une seule faute, mais toute une série de mauvaises actions qui sont reprochées à Ananda. Ici encore, la rédaction des Sthavira reflète des conceptions plus avancées que celil des Mulasarvâstivâdin.
Localisées d'abord à Bhoganagara, puis transféré" V aii ah après avoir subi de notables modifications, les traditions relatives aux tremblements de terre et aux assemblée! continuèrent à se transformer. Cette fois, ce n'est plus dans un l}/iriiilrninii-Snim que nous allons suivre leur évolution , mais dans une série de textes empruntés à VEkottora- \gtam sanscrit.
(l' Burnouf, Introduction, p. 8'i.
W Mahaparinibbàna-Suttrt . 111,3 hn-'\~.
L'original Je ce! [gama est perdu; mais on 'n possède une
traduction chinoise exécutée par Dlmrnmnnn/li , en 3fi
ng-i-n-hnn-Ling Jfj g fâ fè |g? (Nanjio. n" 5 A3 . Il correspond dans l'ensemble à YAhguttara-Pfikâya pâli. Une discussion sur le point de savoir à quelle date et en quel pa\ luvrage fut composé nécessiterait une enquête approfondie que nous ne pouvons entreprendre sans sortir des limites de ce travail. Nous devons nous borner à citer un texte important qui. s'il ne fournit pas absolument la solution du problème. ne laisse pas de nous v acheminer.
La ia* section de VEhoMara chinois contient un Purinirc/ina-
Sùtnt peu développé présentant de notables différences avec les
- que nous avons étudiés jusqu'ici. L'une de ces variantes
est particulièrement instructive. Quand le Buddha ordonne à
Ananda de préparer sa couche entre les deux arbres çàia, le
disciple demande à son Maître pour quel motif il veut se cou-
fher. tête au Nord. Le Buddha répond : ~. Après mon Nirvana,
la Loi demeurera dans l'Inde du .Nord: c'est pourquoi il faut
ser ma couche, tète au Nord l}. v On admettra sans
doute que celte prédiction n'a pu être rédigée qu'à l'époque
tardive où le fait qu'elle énonce était déjà réalisé. Selon toute
apparence. XEkoWirn chinois a dû être composé dans un des
uavs de l'Inde du Nord, alors que le Bouddhisme y était déjà
orissant. Les trois sutra dont nous donnons ci-après la tra-
uction fournissent d'ailleurs plusieurs arguments à l'appui de
ette hypothèse.
T&MEG-l-A-nàM-KlHG i§ § fà ^ |S •
Tripit., éd. Tokyo, \II. 3, p.
C'est ainsi que j'ai entendu. Lue fois, le Buddha demeurait dans le )yaume de ('râvastï. au Jelavana, dans ie jardin A' Anâthapindika. En
» Tseng-i-a-han-king, Tripit., éd. Tokyo. XII, 3, p. V, col. 1.
W. PIZT1.DSKI. •>
ce temps-là, le Bhagavai <lii aux Bhiksu : ir Les grandi tremblements de la lerre et «lu <iel ont lmii causes. Quellej sont ces Imit (
0 Bluksu. il \uus faut savoir. Ce JambudwpQf du Nord (in Sud. ;i 91,000 i/ojami . et «le fKst à l'Ouest, 7.0(10 f/ojana. Il a 68,000 yojana d'épaisseur; l'eau a 84, 000 yojana d'épaisseur; le Feo a 8A,ooo yojaua d'épaisseur. Sons le feu, il y a le vent avec un*' épaisseur de 68,000 yojana, A lit limite inférieure du veut, se trouvent des roues de diamant cl lej reliques [çiirini) des lîuddba lîbagaval du passé 80 remplissent les inlci\,illes. O Bhiksu, il vous faut savoir. Parfois, le grand veut vient à s'ébranler; alors le feu aussi esi ébranlé. Quand le feu est ébranlé, l'eau l'est également Quand l'eau est ébranlée, Il lerre l'est également. Ceci est la première cause d'un grand tremblement de lerre»
De plus, quand un Hodhisattva descendant du ciel des TttfUa s'incarne dans le sein de sa mère, alors également la terre est trèa ébranlée. Ceci Ça! Ifl seconde cause d'un grand tremblement de terre.
De (dus. quand "" l>odhisallva s'incarnanl sort du sein de sa mère. le ciel et la terre sont très ébranlés. Ceci est la troisième cause d'un grand tremblement de terre.
De plus, quand un Bodliisaltva sort du monde, étudie la Voie. J qu'il devient parfait Arbat, exactement illumine, sans supérieur, alors le ciel et la terre sont très ébranlés. Ceci est la quatrième cause d'un grand tremblement de terre.
De plus, quand un Tatbàgata entre dans le monde du Nirvana sans résidu et aborde au rivage de l'anéantissement, alors le ciel et la terre sont très ébranlés. Ceci est la cinquième cause d'un grand tremblement de terre
De plus, quand un Bbik.su a de grands moyens magiques [rdàhh jmda) et que son esprit en dispose souverainement, il peut réaliser son gré d'innombrables métamorphoses : diviser son corps en centaines de milliers (de parties) puis en reformer l'unité, se déplacer dans l'espace en volant, traverser tous les murs de pierre, apparaître et disparaître spontanément, contempler la terre en se représentant qu'il n \ pas de terre et comprendre clairement que tout est vide et inexistant. Alors la lerre est très ébranlée. Ceci e>t la sixième cause d'un granj tremblement de terre.
De plus, quand un des deva ayant de grands moyens magiques (rdilltipntlti) et une vertu surnaturelle illimitée, reprend naissance aux lieux où sa vie a pris lin, et que grâce à ses mérites anciens ainsi que pour avoir pratiqué complètement toutes les vertus, il quitte sa forme de deva et obtient d'être Çakra-émenèra ou Brahma,\e roi des dieux,
alors iu terre est très ImdUK Ceci est In septième cause cran grand tremblement .de terre.
De plus, quand les créatures arri\ent au terme de leur existen que leurs mérites sont épuisés., alors les rois des royaumes sont mécontents de leurs propres Klats et ils se combattent tous les uns les autres. s succombent par manque de nourriture: les autres meurent sous le tranchant du couteau. Alors le ciel et la terra sont très ébranles. Ceci est la huitième cause d'un grand tremblement de terre.
Telles sitôt, ô Bhiksu. les huit causes qui produisent les grands tremblements de la teiTÊ et du ciel." \l"i> lei BhikfQ, avant entendu les paroiesdu Buddha. s»- réjouirent et ils pratiquèrent respectueusement.
: ainsi que j'ai entendu. I ne l'ois le vénérable A-na-liu PqJ $$ fjfî
( \nurudtllia voyageait mi lieux où demeurèrent les quatre Buddha.
Alors Anuruddha. dans un endroit clos et tranquille, lit cette réflexion : n-l'armi les disciples du Buddha Çàkvamuni , ceux ipii réaliM-nt parfatleinent la pratique vertueuse, des défènsef el U iageaw prennent tons appui sur la discipline et ik obtiennent de prospérer dans cette Loi
exacte. Parmi les aaditenra (yrôaata), il en e>t qui n'observent psjseomplèletnenl la discipline; ceux-ci s'écartent t<»u> delà Loi exacte et ils m sont pas d'accord a\ec la discipline. Maintenant, de <;•< état dhannu : défenses (çila) et audition (çrutu), lequel est supérieur? 11 faut maintenant que j'aille demander au Tathâgata laquelle de ces causes @ fâ est fondamentale. -
Alors Anuruddha derechef fit cette réflexion : »Cettfl Loi. ceux qui savent se contenter de peu la mettent en pratique. Ce ne sont p;<qui ne connaissent pas la satiété qui la mettent en pratique. Ceux qui ont peu de désirs la mettent en pratique m qui ont
beaucoup de désirs qui la mettent en pratique. Cette Loi, ceux qui acceptent de vivre dans la retraite la mettent en pratiqua. Ce ne Mari pas ceux qui méat dans le tumulte qui la mettent en pratique. Cette Loi. ceux qui observent les défenses Is mettent en pratique. Ce ne sont pas ceux qui enfreignent les défenses qui la mettent en pratique. Ceux qui sont en Humndln H ^C 1« mettent en pratique. <
ix Mont l'esprit est confus qui la mettent en pratique. Les sages la mettent en pratique; ce ne sont pas les insensés qui la mettent en pratique. Ceux qui ont beaucoup entendu (eaaaywrfe) la mettent en pratique. Ce ne sont pas ceux qui ont peu entendu qui la mettent en pratique.-
Alors Anuruddha ayant réfléchi sur ces huit pensées fê du grand
Uttmme {inalHipiiruvi), il (se «lit) : «Il me faut maintenant aller auprès du Bhagavat et lui eu demander le sen».-
En ce temps- là, le Bhagavat demeurail dans la ville de Çrâvastl, an .Iritiraiia . dans le jardin (VAiKiilidjinuliLa. Or. le mi Pmsnuijii invita le Tathfigata h le ttungr&a «les lihiksu pour les go jours de la retraite estivale. Alors Anuruddha. à lu tête de cinq cents lihiksu, voyagea par étapes dans le |>;i \ s en faisant des conversions, Après des détours, il parvint an royaume de Çrivastl et se rendit auprès «lu Tathagata. Il adora ses pieds en les touchant «lu visage e1 s'.issî t de côté. Mors Anuruddha dit au Bhagavat : -Etant dans un endroit dos et tranquille, j'ai réfléchi sur colle question tfc (artka) : rDe ces deux Aaw: défenses ffa (çïlu) et audition |]£] (jmta), lequel est ^ 1 1 1 » « '■ i - i < ■ 1 1 1 -Ta
Alors le Bhagavat, s'adressanl à Anuruddha, récita cette ^ôffai :
Les défenses sont-elles supérieures ou [audition est-elle supérieure?
Voici que tu conçois des doutrs.
Les défenses sont supérieures à l'audition.
En cela quel doute (subsisterait-il encore)?
Et pourquoi? 0 Anuruddha, il te faut savoir. Quand les défenses des Bbiksu sont parfaitemenl observées, on obtient la lixilé de la pensée. (nnniiihit). Quand on a obtenu la fuite de la pensée, on acquiert la sagesse. Quand on a acquis la sagesse, ou devient in-imi '£ \\[] [bakm\ çmin). Quand on est devenu to-wen, on obtient la délivrance. Quand on a obtenu la délivrance, on parvient à l'anéantissement dans le Nirv&ol sans résidu. On comprend dès lors que les défenses sont ce qu'il y a de plus sublime.*
Alors Anuruddha-, se tournant vers le Bhagavat, exposa les huit pensées du grand homme. Le Buddha dit à Anuruddha : irBtenl bien! Anuruddha, ce sont vraiment les pensées du grand homme sur lesquelles
tu as réfléchi : avoir peu de déairs, savoir se contenter de peu. vivre dans la retraite, pratiquer parfaitement les défenses, ''ire en partaile tamâdhi, avoir la sagesse parfaite, être parfaitemenl délivre, être un parfait to-wen. Maintenant. Anuruddha, il te faut produire ces réflexion! ei méditer sur les huit pensées du grand homme. Qo'entend-on paires huit (pensées ? dette Loi, ceux qui ont l'énergie | vtrya | peuvent la pratiquer, de ne sont pas les négligents qui peuvent la pratiquer. Et pourquoi? Le Bodbisaltva Maitreya doit, après trente kalpa, devenir l'Arhal exactement illuminé, sans supérieur. Pour moi, c'est par la force do mon énergie ( vtrya) que je surpasse les Buddha accomplis, o Anuruddha. sache-le. Les Huddha Bhagaval sont tous du même genre ;à
ils ont les mêmes défenses, la même discipline. Kn ce qui concerne h délivrance et l;i - la m -ont pas afférents. Ils out aussi pareille-
ment l'espace, le néant, les caractéristiques et le vœu. Les 'd-i signes et 1. - 8 signes ornent leur corps qu'on D€ SB lasse point île
regarder et uni ne peul voir le sommet de leur tète. Tons, en tout cela, ils ne différent pas. Ils ne diffèrent que par l'énergie. Les Buddha Bhagavat «lu passe et de l'avenir, c'est par l'énergie que je les surpasse tous. C'est pourquoi. Anuruddba. cette (pensée), qui est la huitième pensée dn grand homme, est la première, la plus haute, la plus vénérable, la plus précieuse, l'incomparable. De même que du lait on tire le lait caille g§ . que du lait caillé on lire le fromage sou §£, que du fromage nom, on lire la crème fi hou Se SÔ! et qu'entre tous et* produits) la crème t'i ktm est supérieure et incomparable, de même entre les huit pensées do grand homme la pensée d'énergie est supérieure et vraiment incomparable. C'est pourquoi, Anuruddba. il faut recevoir avec respect les huit pensées du grand homme et il faut aussi eu communiquer le sens rai quatre catégories de fidèles. Si les huit pensées du grand homme se répandent dans le monde, il en résultera que mes disciples réaliseront tous la voie de Çntmptmmë . la voie de Sakrdâgàmin . la «oie iWinâgâmin. la voie d'Arliut. Voici pourquoi] Ma Loi, ceux qui ont peu de désirs la mettent en pratique. Ce ne sont pas ceux qui ont beaucoup de désirs qui la mettent en pratique. Ma Loi. ceux qui savent se contenter de peu la mettent en pratique: ce ne sont pas ceux qui ne connaissent pas la satiété' qui la mettent en pratique. Ma Loi. ceux qui vivent en des lieux isolés la mettent en pratique. Ce M -<>nt pas ceux qui vivent dans la multitude qui la mettent en pratique. Ma Loi . ceux dont l'esprit est tive la mettent en pratique. Ce ne sont pas ceux | dont l'esprit est) confus qui la mettent en pratique. Ma Loi. les sages la mettent en pratique. Ce ne sont pas les insensés qui la mettent en pratique. Ma Loi. ceux qui out beaucoup entendu» hahuçmla ) la mettent en pratique. Ce ne sont pas ceux qui ont peu entendu qui la mettent en pratique. Ma Loi. ceux qui ont l'énergie | Btrye) la mettent en pratique. Ce ne sont pas les négligent- qui la mettent en pratique. C'est pourquoi, Anuruddba, les quatre catégorie- de fidèles doivent rechercher les moyens de mettre en pratique ces huit pensées du grand homme. Ainsi. Anuruddba, il faut s'adonner à celte élude. - Mors Anuruddba. ayant entendu les paroles du linddba . se réjouit et pratiqua respectueusement.
si ain-i que j'ai entendu. Lue fois le l'.uddba demeurait dans le
— ♦*( 8fi )**■■ |ViO]
rùvaumede Çrivaetl, su Jttotn*, dans le jardin <l' inilknpi^jikê, UoM
le llhagavat «lit aux I5liik.su : «11 y a huit sortes d'assemblées. II tant «pu-
\nu> iaohiez. Quelles sont les huit? Ce Boni les assemblées de Ksoirii/u,
les assemblées '!«• Brahmanes, les assemblées de mailles di maison, les
assemblées de Çramane, les assemblées 'les quatre Dtvaréja,
lil.vs des di» va Trai/iislriiiiai . les assemblées de \luru cl 1rs assemblées de liniliimi. lihiksii, il faut que vous sachiez. Jadis, quand j'arrivais dans
une assemblée de Ksniriijn , pour s'interroger mutuellement, pour parler
et pour disserter, il n'y avait personne qui lui mon égal. J'allais seul.
sans pair ai compagnon, avant peu de désirs, sachant me contenter de
peu, réfléchissant sans erreur ni trouble, pratiquant parfaitement les défenses, tU parfaite sa mari lu, lyaut la sagesse parfaite, parfaitemeul
délivré, parlait Imlnuruta % jj^ . ayant l'énergie parfaite.
Je me souviens en outré que si j'entrais dans une assemblée de Brahmanes, dans une assemblée de maîtres de maison, dans une assemblée deÇramaoa, dans une assemblée des quatre Devarâjat dans une asatflt*
blée des deva Traytistriiiiat , dans une assemblée de Muni, dans une assemblée de lirnliiiin , pour s'interroger mutuellement, pour parler et pour disserter, j'étais seul, sans pair ni compagnon. Parmi eux, j'étais le plus vénérable et nul n'était de mon rang] j'avais peu de désirs: je savais me contenter de peu; je réfléchissais sans erreur ni trouble; je pratiquais parfaitement les défenses; j'étais en parfaite samCulhi ; j'avais la sagesse parfaite; j'étais parfaitement délivré, parlait (o-irrn ; j'avais l'énergie parfaite.
Kn ce temps-h, dans les huit sortes d'assemblées, j'allais seul, vois compagnon, grand protecteur de combien de créatures 1 l'A les huit sortes d'assemblées ne pouvaient voir le sommet de ma tète ni n'osiiieni considérer ma physionomie. A plus forte raison, comment aurions-nous discuté ensemble'.' Kl voici pourquoi. Ne voyant au plus haut îles neux et parmi les hommes, dans les assemblées de Mira, de Oamana et de Brahmanes, personne qui put réaliser parfaitement ces huit dlmnim,
hormis le Tathagata, je demeurais sans leur parler, ••est pourquoi] ô Bliiksii , il faut rechercher les moyens de pratiquer ces huit dhanmi. Ainsi, o Bhiisu, il vous faut vous adonner à celle étude.* Mois les lihiksu, ayant entendu les paroles «lu Buddba, se réjouirent el pratiquèrent mspaaj
tueusemenl.
Les trois siïtra qui précèdent appartiennent à la série Huilâmes dans YEkotlara chinois. Ils font partie de la livt" sec-
|4ftl] — ♦*« 87
lion de ce recueil et se suivent immédiatement dans l'ordre où nous les avons donnés. Le premier et le troisième sont tiséfl i identifier : ce sont encore des prédication* relatives aux tremblements de terre et aux assemblées. Entre ces deux sûtra s'en intercale un autre, nouveau, du moins en apparence, et qui traite des -huit pensées du grand homme». Notre tâche peut donc se diviser ainsi : examiner d'abord les transformations qu'ont subies, avant de passer dans YELoltnra chinois, les sermon? sur les causes des tremblements de terre et les assemblées, puis chercher l'origine et la genèse du sûtra sur les ■ huit pensées du grand homme-.
Dans le texte de XEkotlava chinois relatif aux tremblements de terre, fragment que pour abréger nous appellerons sûtra C, reparaissent un certain nombre de causes déjà énumérées dans le sûtra B des Digha et Aiifçuttara-Mhâya palis. La première est commune à B et à C, La seconde cause de B a pris en C un plus grand développement et s'e>t dédoublée pour former les causes b' et 7. Les causes •"> . h et 5 du sûtra B sont devenues les causes g, 3 et 6 du sûtra C. Les causes 6 et 7 de B ont complètement disparu dans C. La cinquième cause de C n'est autre que la huitième de B. Le sûtra G ne contient en définitive qu'une seule cause absolument originale; c'est la huitième et dernière : "Quand les créatures arrivent au terme de leur existence et que leurs mérites sont épuisés, alors les souverains des royaumes sont mécontents de leurs propres Etats et ils se combattent tous. Les uns succombent par manque de nourriture: les autres meurent sous le tranchant du couteau. Alors le ciel et la terre sont très ébranlés* a On trouve ici une image des visions apocalyptiques*11 qui exercèrent une si grande
M M. Sylvain Lévi (ùotet chinoi$e$ tur l'Inde, B.E.F.E.-O., 1906, p. 6 1 et suiv. | a étudié un certain nombre de ces apocalypses et montré que leur horizon géographique s'étend au delà des frontières de l'Inde. ju-quYn Asie centrale et en Chine.
iliflaenco sur le développement des idées et de la littérature bouddhiques dans les pays du Nord-Ouest de l'Iode et ni Uw
centrale. Celte particularité s'accorde ;isse/ bien avec ce qm nous venons de dire de l'origine probable de ['Ekottara chinois.
Dnns cet []gama, le sut m sur les «assemblées» est en voie de désagrégation. Le cadre de la prédication, c'est-à-dire l'énuinération des huit assemblées, subsiste encore. Mais la présence du Buddlia dans ces groupes divers n'a plus aucune raison d'être. Les rédactions antérieures nous montraient le Tathagata paraissant dans les assemblées pour prêcher la Loi aux dieux et aux hommes. Dans le texte de ['Ekotktro chinois, le Buddha n'est plus qu'un personnage muet, tellement supérieur aux dieux et aux hommes, qu'il ne peut ni discuter avec eux, ni même leur parler. Sous cette forme, le sulra n'a plus grande valeur; sa disparition n'appauvrirait pas sensiblement l'ensemble de la doctrine.
On se souvient de ses transformations successives. Prononcé d'abord à Bhûmi, sans donnée numérique déterminée, il i'M plus tard transféré à Vaiçâlî et s'y cristallise dans la série des Huitaines. Le voici maintenant à Çràvasli, usé. ayant perdu le meilleur de sa substance, ne gardant guère qu'un élément purement formel : l'énumération des huit assemblées.
Au premier stade, la raison d'être de la prédication est asseï claire. Le Buddha n'a pas seulement voulu se sauver lui-même; il a voulu aussi sauver le monde. Mais la tradition la plus ancienne le montre ne prêchant la Loi que dans certaines villes dé l'Inde orientale et ne convertissant qu'un nombre limité (nj disciples. Comment concilier l'ampleur de la lâche à accomplir avec les faibles moyens d'un prédicateur humain'.' Le discours sur les assemblées résout la dilliculté. \pies avoir annoncé à Ananda sa fin prochaine, le Buddha prévient en quelque sorte l'objection qu'on cAt pu lui faire en lui représentant que son
œuviv était inachevée. Il déclare qu'il 8*es1 rendu miraculeux ment dans foutes sortes d'assemblées, qu'il s'esl mis à la portée des hommes et des dieux et leur a exposé la Loi, accomplissant ainsi la tache qu'il s'était lui-même fixée. Sans doute, ces prodiges sont restés inaperçus, mais la faute en est aux auditeurs mal avis/s qui n'ont pas su reconnaître le Buddha dans la
i personne de celui qui leur parlait. Telle était dans ses grau lignes la prédication primitive sur les assemblées. Quelque limitée dans l'espace que dut paraître la propagande de Çâkva-
I muni, elle montrait que cette propagande avait été en lait uni- Ile.
Dans le sutra de VEkettmrm chinois, le Buddha parait dans
| les assemblées et reste silencieux, ne trouvant aucun interlocuteur digne de lui. Cette nouvelle altitude peut donner une haute idée de la majesté du Buddha. mais elle fait perdre au it sa signification profonde. Ce n'est pas qu'au lr»mps où XEkottarn chinois fut composé on lut moins persuadé de l'universalité de la propagande du Buddha, mais il est probable que ce dogm*3 trouvait alors à s'exprimer autrement que par
I ie passé. La biographie de Çâkvamuni s'était enrichie d'épisodes nouveaux qui démontraient l'immense rayonnement de
» son action beaucoup mieux que ne l'avait pu faire auparavant
> le court sermon sur les assemblées. On racontait que Bhagavat avait opéré de nombreuses conversions jusque dans les pays au-delà de l'Indus '. qu'il était allé à Cevlan - et qu'il avait même monté chez les dieux pour leur exposer la Loi. D'autres récits, tels que celui du « grand miracle de Çrâvastî ». tendaient à prouver que la bienfaisante influence du Tathâgata s'était répandue sur le monde entier, n Bhagavat disposa tout de telle
>ir, dans le Vinaya de» Mulasanâstivâdin et les teites apparente?, le récit des conversion» opérées par le Buddha jusque dans la vallée de l'Indu» (Jntiiit. .4*., iQti, II. p. '193 et >uh.i.
sorte, que le monde tout entier put voir sons voile celle couronne de Buddhas, tout le monde, depuis le ciel des [kaniftkê jusqu'au! petite enfants (1). . . » Dès lors, la prédication sur Le* assemblées n'avait plus autant qu'autrefois sa raison d'être,
Mlle partait beaucoup moins à l'imagination que les prodiges auxquels nous venons de faire allusion; sa déchéance .''tait inévitable. Elle paraît encore dans la série des Huitaine M Yiïliotlani chinois; mais son sens primitif 'est faussé: aile o'eSjj plus qu'une vague amplification de cette vérité banale que le Buddha n'a pas de pair et qu'il est supérieur à tOUS.
Il est probable que des influences locales ne sont pas cotées étrangères à ces dernières transformations. Les discours sur les assemblées et sur les tremblements de terre, ajirès avoir été prononcés à Bhûmi, avaient été transférés à Vaiçâlï] Yiïlwttara chinois les reporte à Çràvastï. Dans la même seclioaj de cet Agama, le siitra sur les «huit pensées du grand homme» est également rattaché à (jràvasti. Voici donc une série de traditions qui sont venues se grouper, pour lui faire honneur, autour de la capitale du Koçala. A une époque 'intérieure, Vaiçâlï, supplantant Ràjagrha, avait exercé semblable attraction. Cette fois, le fait se produit en faveur de I râvasi et aux dépens de Vaiçah. Il semble que nous assistions à un déplacement progressif des traditions vers le Nord.
Une remarque empruntée au même ordre de faits projette quelque clarté sur les rivalités locales où (iravasti linit par triompher. Parmi les épisodes de la vie du Buddha, la SOèM du «rejet de la vie» est sans doute une de celles qui contrit huèrent avec le plus d'éclat à illustrer Vaiçàb". Dans le Pam nirrfnia-Sutra des Mulasarvaslivadin et le Vuihâpartitibbrtitii- Siidii, le Buddha, énuinérant les causes des tremblements de terre, cite en septième lieu le rejet de la vie par un Tathagata.
(l) BuRNOiir, Introduction . . ., p. l85.
l)ans le sutra correspondant de VEkottera chinois, cette cause est délibérément écartée.
Ainsi les moines du koçala cherchaient à rabaissser les autres villes en même temps qu'ils s'efforçaient de glorifier leur capitale. Au succès de leurs tentatives, j'aperçois avant tout des raisons politiques. Le Saddhnriiiasiiirn/upastliâmi-Sûtrn .
! qui parait avoir été rédigé dans les premiers siècles de notre Ire, montre les rois du koçala exerçant leur domination sur ranJs royaumes de l'Inde orientale : Videha. Anga, An'içu, kaii1 . Çràvasti est alors la capitale de l'Est; Vaiçàil est tombée au rang de vassale. Inévitablement, le pouvoir temporel imprime son cachet aux croyances. Devenue métropole
[ religieuse en même temps que capitale politique, Çra\asti revendique une part de plus en plus large dans la légende du Buddha: elle s'ennoblit en associant son nom aux derniers épisodes de la vie du Tathagata.
Entre l'énumération des huit causes des tremblements de terre et le discours sur les assemblées, les compilateurs de XEkottma ont intercalé un sutra qui ne nous est pas complètement inconnu. .Nous en avons déjà rencontré une partie dans H fragment du Puriuirrânii-Sûtru defl Mulasarvastivadin dont nous avons donné plus haut la traduction.
En passant au village de lihandngràma , le Buddha dit au* Bhiksu : -Il faut que vous sachiez. Ceci est défense: ceci est fixité de la pensée; ceci est sagesse. Parce qu'on pratique bien les défenses, la fixité de la pensée dure longtemps. Parce quon pratique bien la fixité de la pensée, la MgMM pure peut naître. Parce qu'on a la sagesse, on peut être délivré du désir, de la colère et de l'ignorance ..." Rapprochons de ce passage
'l) Cf. Sylvain Lévi, Pour l'hisi<>\re du Râmayana, Journ. As., 1918, I, p. 71.