‹ Le Parinirvana et les funérailles du BuddhaChapitre 7 sur 10 · JA4U · texte numérisé non relu

JA4U

grand homme » n'a de commun avée le \ s Mfiia-

stîvâdin que le discours sur les étapes de la vie morale. Ce discours est donc l'élément fondamental auquel les autres parties du sûtra se sont ultérieurement Mipernog

Il y a d'ailleurs des raisons de pcQSOf que cet élément luimême n'est pas des plus anciens dans le récit du dernier voyage du Buddha. Il présente une parfaite unité logique, un rigoureu\ enchaînement des idées, qui font généralement défaut dans les textes sacrés du Bouddhisme primitif. On ne trouve rien de pareil dans la fameuse prédication sur |aa maire - saintes, ni à plus forte raison dans des énuraérations s comme celle des conditions de prospérité des \rji- L'insertion du discours de Bhandagrâma dans ffunéraù Buddha devait ôtn eante ft l'époque où fut compi

Vni-inin ânn-Suini i\<< Mûlasarvâslivâdin. Il s'y rencontre en deux endroits : d'abord à koùgrâmn comme complément de la grande prédication sur les quatre vérités saintes, puis dans le village de Bhanda. Son succès dut être rapide et brillant, car. ■ans le Mahàpnv'mihbàiui-SuUii . il est déjà cité à tout propos ; à Râjagaha, à Anbalattkikâ , à Nàhmdà, à Kofigitmi, a .\â<lihu. au verger dWinhnpôh, à Bhamdagëma et dans chacun des villages entre VetôU et Pôvâ. A Bktmdagâma, fénumération des étapes de l;i vie morale est même donnée trois fois de suit' formes peu diffère;:

Mahâi'arimbhâw-Sitta. IN. •>-.'! 'i.

Alors Bhagavat s'adressa u\ Bhikkhu en ces termes : rC'esJ pour

n'avoir pas compris et réalisé quatre conditions, ô Bhikkhu. qu'il nous a fallu, vous et moi. errer si longtemps, marcher si longtemps sur le pénible chemin de la transmigration.

'. Mahâparini' !' tii-Suiia , I . J 1.

Om-lles «.outres quatre? La noble droiture. .., la noble méditation — la noble sagesse. . ., la noble délivrance. . . Quand la noble droiture] ô Bhikkhu, est comprise et réalisée: quand la noble méditation est cona |nis.' et réalisée-, quand la noble sagesse est comprise et réalisée; <j iiand la noble délivrance est comprise et réalisée, la soif d'être esl anéantit] la cause des renaissances est supprimée et il n'y a pins de naissance.»

S S. Ainsi parla Bhagavat. Et quand il eut ainsi parlé, lui le Maître] il dit derechef :

Droiture, méditation, sagesse, suprême délivrance,

Telles sont les conditions (dhamma) réalisées par GoIuiim, le glo-

| rieu\.

Le Buddba, les ayant pénétrées, fit connaître la Loi (dhamma) auj

| Bhikkhu.

Le Consolateur, le Maître qui a l'œil (divin), esl paisible.

SA. Là encore, pendant qu'il séjournait à Bhatufagâma, Bhagavat lit

aux Bhikkhu ce large exposé de la Loi : rr C'est la droiture. C'est la méditation. C'esl la sagesse. Pénétrée par la droiture, la méditation al réconde et prospère; pénétrée parla méditation, la sagesse esl féconde et prospère; pénétrée parla sagesse, l'âme est totalement affranchie de toute confusion, de la confusion du désir, de la confusion du devenin de la confusion de l'erreur, de la confusion de l'ignorance'1'. -

Ainsi, dans le seul village de Blianda, le Buddha énumère à trois reprises les étapes de la voie du salut : deux fois en prose et une fois en vers. Le troisième exposé est identiquj à la prédication de Bhandagrâma duos le Vinaya des Mulasarvàstivadin(2). Ii faut admettre qu'il est le plus ancien des

<■' Cî. hiahiparmibbàna-SuUa , trad. Rbys David», S. Ii. <>/' tke Buddkùl$,li\ p. i3i et II. Oudbumbg, Le Buddha, Irad. par A. Podcbbb, p. §90.

"' Remarquons cependant que le Vinaya des MùlasarvâsUvâdin n'énumèri que trois n^tw : désir, colère et ignorance, tandis que !<• Digha pâli présente à la même place une série de quatre àtani : désir, devenir, erreur, ignorance.

trois. Mais pourquoi, l'ayant répandu tout au long de l'itinéraire, l'avoir présenté sous trois formes dans le même lieu? Il semble que ce soit principalement pour des raisons de symétrie de parallélisme. A PàtaHmtra, à Koli, le discours sur les étapes de la vie morale est précédé d'une autre prédication qui contient un élément numérique nettement défini. Le succès de la nouvelle doctrine obligeait à la présenter de la même façon que les dogmes plus anciens et que les vérités les plus sacrées. Le sermon de Bhandagrâma fut donc remanié sur le modèle de la grande prédication de Koti En ce dernier lieu. Bhagavat avait énoncé les quatre vérités saintes, puis une stance sur le nême sujet, puis enfin la doctrine de la voie de la délivrance. A Bhandagràma, on lit de même. Les quatre étapes de la vie morale lurent énumérées, précédées de la phrase traditionnelle : r Quelles sont les quatre ?» et ornées chacune de l'épi— tinte arîya qui \^m\ plus frappante encore l'analogie avec les praire vérités (ariya-saccaM). Puis on ajouta une stance analogue à celle de Koti et on conserva en troisième lieu l'exposé ancien sans donnée numérique. On réussit ainsi à présenter une doctrine en vogue sous la même forme que les dogmes les

') Mahâparinibbâna-Sulta , 11

-Catunnam bhikkhave ariva-saceânam ananubodhà appativedhâ evam idaiu digham addhânam sandhàvitam samsaritam maman c'eva tumhàkan ca. Kalacalunnam? DukUia^a bhikkhave ariva-saecassa ananuhhodhâ appativedhâ evam idain digham addhânam sandhàvitam samsaritani maman c'evn tumhàkan ca . . . -

Et plus loin, IV. a :

-Catunnam bhikkhave dhammânain ananubodhà appativedhâ evam idain

gham addhânam sandhâvitani samsaritun maman c'eva tumhàkan ca. Kula-

Iwam catunnam? Ariyassa bhikkhave sdassa anannbhodhà appativedhâ evam

[dam digham addhânam sandhàvitam samsaritam maman c'eva tumhàkan

L'influence du premier texte sur le Refond est évidente.

m. nurruaci. 7

ptaiâcrës, sehs se soucier du peu de vrofoêtttblinoe qu'il y

avait à faire dire aU Buddha trois fois la même chose

On M décida pourtant par la suite à supprimer l'un étÊ trois exposés) mais, connue il arrive généralement, ce fut le plus ancien qui disparut. Dans le T<i-j)(m->tir-j>'<iii-l,ni<r, dont la

rédaction est. nous l'avons vu M» sensiblement postérieure à celle du MahûparmibbânaSutta, le Buddha passant au village

de Kbamja 'M îfë (2) énumère les quatre étapes de la né morale et prononce une stance sur ce sujet comme dans le Makâpari* mhbniiii pâli (IV. S M et 3). Mais ie troisième exposé sans donnée numérique a disparu (3).

Avec le sutra de YEkottâra chinois nous atteignons un nouveau stade dfl la réflexion théolo'pque. .lus(pi'alors la droiture n'était présentée que comme la première ('tape sur la voie qui mène à la délivrance. Dans YEkôttâtH chinois. l'idée s'exprime <pie la droiture est le meilleur ÛtOVëd d'obtenir le salut. Il ne s'agit plus seulement de la priorité des défenses: on allirme leur supériorité; et c'est pour étayef cette affirmation que le court sermon de Bhandajp-ama s'entoure de nouveaux développements.

Dès le début du sutra, Anuruddha pose oettemenl le problème: «De ces deux conditions (dkarmâ ), dit-il. défense! (fila) et audition (prmto), laquelle a le plus de valeur?» Lai

(l' Voir xnpra : Lit Stmicrs de lamentation, .Imirn. A»., moi-juin n>i8, p. 5 1 1 .

W On lit dans notre texte $L^8f> " semble qu'il faille corriger If -«rond caractère et lire ~Jf*. Le caractère tch'a ^£, répulièreraenl emplo\e |»our transcrire la syllabe tht , est facilement confondu avec ton

W L'évolution que nous retraçons ici ed analogue) par certains rotes, ;r.cc celle des sutra sur les tremblements de terre et sur I- amemblées. Le lihûmicala-Suint >e présenta d'abord seul, sous sa l'orme la plus ancienne: puis il fat accompagné d'une autre rédaction plus moderne quî fiflil par évincer la première. I) autre part, le l'ansa-Suira n'a été pourvu «pi'asseï tard de le numérique qui lui faisait primitivement défaut.

Bnestion eel d'une importance capitale, el il est probable mevanl d'être définitivement tranchée flic fut longtemps débattu»1 dans l'Eglise. Par "défei. "). on entendait

nation exacte et continu*1 de* règles de la discipline, r. Audition r {cruta) signifiait la connaissante de N qui a été entendu, des paroles du Maître, de* sulra. De ces deux méthodes, laquelle est préférable et conduit le plus sûrement à la délivrance ? Ce problème dut Mtscitef d'ardentes controv. . car il s'agissait du plus noble but que put se proposer un dévot, et derrière les thèses rivales le prestige d'un des plus grands saints était on cause. On va voir, en effet, sur ce nouveau terrain, bc poursuivre le conflit entre partisans et a lvei 1 d'Ananda.

Dan< le \ji\}inpm'tnibl>ân<i-Siittn et t.- Piivunrrânn-Sûlvn des Il ûlasarvâstivâdin , c'est Ananda qui recuit les derniers enseignements du Maître. D'autre part, les récits du premier concile attestent tous que sans lui. l'assemb! \rbat

l'aurait pas pu fixer le texte des sutra. Ce disciple avait donc au plus haut degré i'« audition », la connaissance de M qui a

n tendu, et c'est pourquoi, dans la liste des primaul' est signalé comme étant -le premier des hnlnicrutn à sa supériorité par rapport aux Arhat eux-mêmes; mais il a aussi ses faiblesses. N'étant pas entièrement dégagé de> priions, il peut tomber dans le péché. Le récit de ses fautes j'étale au plein jour dans les grands Mminn-Sûtra et prend un liVeloppement considérable dans les récite du premier concile. a physionomie d'Ananda tendait à se fixer sous un double tspect : supérieur aux Arhat en ce qui concerne l'audition, il eui est inférieur quant à ia pratique des défenses.

- lors le débat sur la valeur respective des * défenses a et le lr audition r était un autre aspect du conflit entre partisans

t. AngnUara-\ikâya , I, li, U.

et détracteurs d'Ananda. Proclamer la supériorité au bakuprulmà c'était glorifier Ananda. Par contre, déclarer que l'observation des défenses est le meilleur moyen de faire son salut, c'était admettre implicitement l'infériorité d'Ananda et lui préfère! l'Arhat accompli et sans défaillance.

Nous avons déjà montré, à propos des stances de lamenta-] tion, qu'après avoir considéré Ananda comme le plus éminent des chanteurs du Nirvana, on finit par lui préférer Anuruddha, le type de l'Arhat accompli. Parallèlement à cette évolution, le sûtra de YEkôttora nous révèle les progrès de la théorie sur la supériorité des défenses. Dans l'ancienne liste des étapes sur la voie de la délivrance, on introduit au dernier rang la qualité de bahuçruta pour montrer qu'elle dérive des trois premières. Le Buddha proclame que les défense] sont ce qu'il y a de plus sublime; et pour insister sur cette idée, il en fait le sujet d'une slance. Anuruddha s'exprime sans ménagement sur le compte de certains -auditeurs»: f Parmi les «auditeurs», dit-il, il en est qui n'observent pas complètement la discipline; ceux-ci s'écartent tous de la voie exacte et ils ne sont pas d'accord avec la discipline.» Ces paroles ne sonnent-elles pas comme un blâme à l'adresse «les htihiiçniln et d'Ananda. leur représentant le plus illustre' Apparemment, ce n'est pas sans dessein qu'on les a placées dans la bouche d'Anuruddlia. Enfin, le choix de série des «huit pensées du grand homme» pour encadri l'ancienne prédication de Bhamjagrûma trahit lui - mênH l'intention de glorifier Anuruddha et de le pousser au premiei plan.

Qu'au bosquet des arbres çàla, pendant les instants solennels qui précèdent son Nirvana. Câkyamuni s'entretienm de préférence avec Ananda, c'est là un fait primordial qu montre la prééminence d'Ananda dans les premiers siècle! de l'Eglise. Dans le sutra tardif de YEkottara chinois sur le

r- huit pensées du grand homme», le choix de l'interlocuteur du Ruddha n'est pas moins significatif : Anuruddha lui-même provoque la décision qui fait triompher sa cause et humilie son rival.

Résumons, en tâchant de les coordonner, les résultats admis au cours de ces recherches. Lrs mMàna nous ont permis dn remonter à une époque où le rovaume de Magadha était la citadelle du Bouddhisme. A ce stade, que nous pouvons appeler «ère de Râjagrhar, le récit du dernier voyage du Buddha se composait essentiellement d'une série de discours que Bhagavat était censé- avoir prononcés en cours de route et qui étaient rangés dans l'ordre décroissant de leurs éléments numériques : à Râjagrha, discours en y et li points: à Pâtaliputra, discours en ô points: à koti. les quatre vérités saintes: à Bhoganagara, les trois causes des tremblements de terre: à Pâvâ et près de la rivière kakutsthâ. les deux transligurations et les deux offrandes de nourriture. Il n'était guère alors question de Vaiçâlï que pour mentionner le dernier regard jeté sur elle par le Maître et peut-être aussi la réception du Buddha par la courtisane Ambapàh.

La diffusion du Bouddhisme dans le pays de Vrji marque le début d'une seconde période. Vaiçâli acquiert dans l'hglise une influence puissante. Elle prend à son compte, en leur donnant un tour original, un certain nombre de traditions qui jusqu'alors étaient localisées ailleurs. Ln épisode nouveau de la biographie du Buddha. la scène du -rejet de la vie», est également situé à Vaiçâlï. Les théologiens introduisent dans le récit des paroles de blâme à l'adresse d'Ananda et une théorie nouvelle sur les étapes de la vie morale. L'ordre primitif des discours de Çâkyamuni e<l troublé par l'adjonction de prédi-

cations en huit points. Tous ces traits, qui caractérisent la période do Vaiçâli, sont beoucoup plus accentuée dam M

\lal(â/>firiiiihhfiiia-Siilhi «pie dans le l'tinitirrmja SiHni des \Iillasarvastivadin.

Lutin, ia foi BOUVelle se répand dans de nouveaux pays ej s'étend jusqu'au pied de l'Himalaya. L'opulente cité deÇrâvasfl B'cnnoblit à son tour, en attirant sur son territoire un granl nombre de légendes ci de scènes édifiantes. Sons l'influence de ce nouveau courant, le récit du dernier voyage du Buddha se désagrège et quelques-uns de ses éléments, transporté! le Nord, sont finalement recueillis par les compilateurs de YEkottarth IfliMM sanscrit.

IL Vêtements de religieux et Vêtements dk rois.

L'examen comparatif des principaux récits de la (in du Buddho nous a conduit à distingue!- deux états successifs de la tradition : enseveli d'abord comme un religieux, le Çramanf Gautnma se vit attribuer par la suite le privilège des funéraillej royales. Cette substitution d'un rituel à un autre pose une série d'importantes question!. Existait-il vraiment dans l'Imli ancienne un rituel funéraire spécialement applicable aux rai el semblable à celui qui est décrit sommairement dan- le» Ptnnitvnïnn-Snirn des Bouddhistes? Les honneurs qui, d'après une tradition relativement tardive, auraient été rendui dépouille du Buddha, étaient-ils véritablement des honneurs royaux? Enfin, quelle était l'origine de ce cérémonial? Nous ne prétendon» pas résoudre d'un seul coup tout ce vaste blême. Nous n'en voulons retenir à présent qu'un seul a que nous chercherons à éclairer au moyen de textes divers.

D'après les stances prononcées par Ananda auprès du bûcher i maître. le corps cl 1 1 Buddha aurait été revêtu de cïruni ou vêtements de religieux. Suivant des récits en prose plus tardifs, il aurait été enroulé dans mille épaisseurs d'étoffes comme on faisait pour les rois (iakravartin ' . La toilette des morts a toujours quelque analogie avec celle des vivants. De Blême que la comparaison dos sépultures avec d'autres habitations donne parfois la solution de bien d<]> ditlicultés. l'examen du vêtement dos morts ne saurait être séparé de celui des autres vêtements. Uierchons donc si le» renseignements que BOUS pouvons recueillir au sujet du costume des religieux et des rois projettent quelque clarté- sur l'évolution de* traditions relatives aux funérailles du Buddha.

Les \ inava contiennent un grand nombre de prescriptions concernant le costume des Bhiksu. Il n'est pas besoin d'une étude approfondie pour apercevoir que ces règles n'ont pas été édictées toutes ensemble par un législateur unique. Leur diversité trahit au contraire les profonds changements survenus au cours des âges dans les mœurs des < lercs et des laïques. Tantôt le \ inava prescrit aux religieux de se couvrir de haillons ramasterre: tantôt il les autorise à se vêtir de riche> étoffes. Des pratiques aussi différentes ne peuvent s'être fait jour dans le même temps. Elles marquent les étapes successives d'une évolution qui s'est amplement déroulée dans le temps et dans l'espace. On dit bien, à propos de chaque injonction, que la règle a été posée par le Buddha: mais cette clause de style destinée à faire sanctionner la loi par la plus haute autorité qui soit, ne saurait nous taire illusion. Nous allons replacer

:. NMMf !.'■- iBMKff de lamentation, p, ."uô et s li i \ -

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quelques-uns de ces préceptes dans leur milieu d'origine et tâcher de reconstituer l'ordre de leur apparition.

analysant la série des observances connues sous le nom de dhûtânga, Burnouf avail déjà fait remarquer que plusieurs

d'entre ces règles appartiennent aux premiers temps du Bouddhisme.

L'obligation de se retirer dans la solitude des forêts, celle de s'asseoir auprès des troncs d'arbres, celle de vivre en plein air, loin <!••-. maisons et de tout autre abri, sont certainement trois règles primitives. Ell< même contraires à l'institution des Vihiras ou monastères, qui sont Dépendant fort anciens dans le Buddlusme, et dont la nécessité commença de se faire sentir dès que le corps des adeptes devint plus nombreux. (Burnouf, Introduction, p. 3n.)

Il est possible de montrer, par un raisonnement analogue, que l'obligation de se couvrir de haillons ramassés à tene (l>à))içul,fil<t) est également primitive, puisqu'elle est contraire à l'usage, assurément fort ancien, d'offrir des vêtements aux religieux.

Dans la plupart des listes qui nous ont été conservées, la prescription de se vêtir de pàniçiikûla est le premier des tlliûiàhga ' . La même injonction se retrouve au début de la section des vêtements clans le Vinava des Sarvâstivâdin.

Le Buddha était à Râjagrha. Les cinq cents Bhiksu dirent au Buddlia : «Quels vêtements devons-nous porter".'-' Le Buddha dit : erVooa devez porter des vêtements pan-chou fjx $& [pàmçukûla]. (Chc-son/r-liu .éd. Tokyo, XVI, 4, p. 69*.)

La même règle est à peu près reproduite au début de la

1 il en est ainsi dans deux des trois listes analysées par Burnouf : celle du Vocabulaire penUgioltc et la série nnghalaise. Le Vinaya des tfalasarviativâdifl

Contient également une liste des dhûtSàga dont le premier article se rapporte ■m vè| ents ptimruliiiltt (Tripil., éd. Tokyo, XVI, S p. s-1', col. |

lion des vêtements dans le \inav;i des Dharmagupta; mais ici la rigueur du précepte primitif est sensiblement att»ii n e. L i ■cène est à Varanasî, au Bois des Gazelles. Les cinq Bhiksu demandent à Bhagavat : *:OueIs vêtements devons-nous por- Le Buddha dit : -Je vous autorise à porter des rétements - . Poussière-balaver- J| ^ ipâmçukûhi i. ainsi que des vêtements de dix sortes. . . (,)» Ainsi les religieux ne sont plus obligés de se vêtir de yâmçuhùîn: ils v sont encore aut<>i mais ds peuvent en outre porter des vêtements faits de dix espèces de tissus.

Les autres \ inaya -autorisent» aussi le port des pâme ukûla : Ions, y compris celui des Sarvâstivâdin , contiennent des préceptes qui abrogent implicitement la vieille règle des dhûtân Il n'en reste pas moins que, pendant une période primitive, d'une durée indéterminée, celte règle dut être observée scrupuleusement dans la communauté des Çâhfaputra.

La stricte observation des àk&tâhga ne laissait aux Bhiksu que peu de ressources pour leur habillement. Dans l'Inde comme dans tous les pavs où la technique e>t peu perfectionné.-, les objets manufacturés sont relativement rares: il n'est pas d'usage de jeter ou de gaspiller les étoffes. Dans ces conditions, on conçoit mal comment de nombreux religieux auraient trouvé de quoi se vêtir, même sommairement, dans la poussière des routes et des places publiques. Heureusement, ce qui leur faisait défaut dans la société des vivants, ils le trouvaient chez les morts. Les cadavres, avant l'inhumation, étaient enroulés dans une pièce d'étoffe, et la coutume permettait aux ascètes de ramasser ces linceuls afin de s en revêtir. C'est de cette façon que les premiers Bhiksu se procuraient des vêtements. C'est également ainsi que, d'après une tradition oon-

Tripit., .-.lit. Tùk.. W. :..

lir imfn , p. ■'>-<'• <■[ mbt,

s.i\/c dam le Loftài Vi.tttna, le Bodlutattvi lit son premier ottara avant (l'atteindre à l'intelligence suprême :

Bhiksu, si\ années s'étani écoulées, il me vint à t;i pensée : Si je trou- \,iis quelque toile ponr couvrir ce qu'il faut cacher, ce serait bien.

Dans ce même temps, une esclave de la jeune villageoise Sujata. nom* niée ii.nllia, étant mort<* , on l'«'i> v<'io|)|>;i de rmmlcu, ou la (ruina au

Çmaçêna ci pq l'j laissa. Je \i> le pimçukûla. Alors, mettant le pied gauche sur ce p&mçqkfila, avançant la main droite, je, me penchai pour le prendre (,).

Alors les dieux qui président à la terre tirent entendre ce cri ;iux dieux de l'atmosphère: «r Compagnons, quelle chose étonnante et merveilleuse! le (ils d'une grande famille royale, après avoir abandonné la royauté d'un (lakravailiii , a l'idée de se baisser vers un linceul .- i Lolita Visinrn, vers, tibél. , cliap. xvm. Irad. Foucaux, p. a55.)

Ainsi, quand il eut renoncé à la nudité complète des ascètes les plus austères, le premier vêtement du Bodhisnttva lut un linceul ramassé à terre, c'est-à-dire un pâtfifukiila. Mais au temps où fut rédigé le texte actuel du Lolita \ islam, le costume des religieux n'était plus aussi simple; il comprenait essentiellement trois pièces d'étoffe (tricïvara), de sorte que la tradition archaïque que nous venons de reproduire aurait paru étrange et même hétérodoxe si ou ne l'avait accommodée aux usages plus modernes. Les écrivains ajoutèrent le correctif suivant :

Knsuite, un (ils des dieux Çudàhûvûmlcâijika, nomme I imulaprablia (éclat sans facile) , offrit au Hodhisallva des vêtements divins teints de la nuance rouge qui convient, et conformes à la condition d'un çramana.

O J'ai modifié s"i' ci' point la traduction de foucaux aGn de me rapprocher de l'original sanscrit.

'') Fourniix inséra Ici la note suivante : gfianaerlt , pânçpuhouia, -linceul?» Ce t esl le seul qui semble convenable dans toutes ces phrases; mais les die*

liminaires n'expliquent ainsi ni le sans< rit p4nçouko*la , ni le tilietain />/ii/<i/,'

dur Umul jni.n — Nous verrons plus loin qu'ans premiers temps du Bouddhisme.

j,iii,vnl,iil(i devait en effet signifier : linceul. Cf. tnfru . p. ^77.

Le Bodhisattva les prit, el s étant, dans la matinée, revêtu de sa rode .■t de sos habits de religieux, il se dirigea i&n le village du district (Lalita \istara, ibiii, p. aoy.)

Cette mise au point, exigée par l'orthodoxie, est certainement tardive. Klle est nettement contredite par un texte plus ancien. Dans le Mahàwgga, quand If médecin hoàkà offre au Buddha une paire de vêtements précieux , il lui dit : «Seigneur! le Bhagavat ne porte que des vêtements ptlni'ukûla et ainsi fait la Communauté des Bhiksu ... » (Makâvagga, VIII, 1. 34,] L'entrevue avec Jîvaka eut lieu longtemps après l'acquisition delà Bodhi. Les rédacteurs du Vinaya pâli ignoraient donc que le Bodhisattva eût reçu des vêtements divins et ils se souvenaient encore du temps où le Buddha et ses disciples n'étaient vêtus que de haillons ramassés à terre.

Le ptlinrtiLûla des premiers Bhiksu était sans doute enroulé uime un pagne autour de la taille. Il servait moins à protéger le corps qu'à garder la décence, comme le montre la réflexion du Bodhisattva : -■ Si je trouvais quelque toile pour cacher ce qu'il faut cacher, ce serait bien.» Ce costume n'était pas sensiblement différent de celui des paria et des pauvres gens. Un des contes les plus touchants de la littérature bouddhique est l'histoire de cette pauvre lille qui. n'ayant pour tout bien qu'un chiffon pour cacher sa nudité, désirait cependant faire une offrande au Samgha : «Elle examina ses ressour* elle ne vit rien sauf la pièce d'étoffe ... et la laissa tomber sur inâtfiapindika. n i ivadâna-Çataka , 55, trad. Feer, p. ai 5. conte était très populaire. On le retrouve dans le Dràrimctitiavadfina et dans la Ratnâvadâna-mâlâ^K Dans un des récits du

Les Vinaya prescrivent aux religieux de ne pas entrer dans un village sans être revêtu du triple aviva. Il fallait donc que le Buddha reçût d'autres vêtements on qu'il contrevint à lu rèj;!.'. W pieux auteur* ont naturellement préféré la première de ces solutions.

:. Avudana-Çatuha, trad. Feer. p. aiti-rn;.

Tsn-jxio-i.intifr-Liiifr, le thème est le même, avec cette différence que le nom de Sudatta y est substitué à son synonyme Ânàtkaj)iijilil,n{lK Dans un conte analogue de V Açokâoadâna traduit en chinois, la quête est faite par le roi [çoka lui-même î2).

D'ailleurs, le costume fait d'un seul morceau d'étoffe n'était pas nécessairement l'indice d'une extrême pauvreté. Le Vinava «1rs Mulasarvastivadin contient un conte destiné à illustrer ce précepte tardif que les moines ne doivent pas contraindre les laïques à leur donner des vêtements. Un maître «le maison de (jravasti va rendre visite au Bhiksu Upananda. Celui-ci remarque que le visiteur est vêtu de deux belles pièces de cotonnade. Upmmnda en obtient une et n'est pas encore satisfait. Il demande l'autre. Le maître de maison proteste : "M'en retournerai-je tout nu ?» Mais l'astucieux Upananda réplique : «N'avez-vous pas un pagne?» Le maître de maison avoue qu'il en a un. s Puisqu'il en est ainsi, reprend le religieux, (sache/ qu') actuellement, dans cette ville, des maîtres de maison, le corps vêtu d'un pagne et tenant un bâton grossier à la main, vont paître les troupeaux et chaque soir rentrent chez eux. Il vous faut également, le corps vêtu d'un pagne et tenant un bâton à la main, rentrer dans la ville en suivant les bœufs des autres personnes.» (Tripit. chinois, éd. Tokyo, \\1, p. 92'', col. 1 2.)

Ainsi le pagne, premier costume du Buddha et de ses disciples, était aussi l'unique vêtement des parias et des pauvres gens et même des petits propriétaires qui allaient paître leurs bœufs sur les pâturages communaux. Au vu* siècle, Yi-tsinjf pouvait encore noter: «Les laïques de l'Inde, fonctionnaires et gens de bonne condition, ont pour costume deux pièces

(,) Cf. Ttë paa tuMg-làng, Tripit., éd. Tôk., \l\, 10, p. 19*, farad. par€a«<

tannes, Cinq cent* comte* et apohgutê, III. p. i<">.

- Cf. A-yt^wang-tchouan, Trij.il.. nlil. ToL. WIV, 10. 1». 98",

d'étoffe blanche, tandis que les classes inférieures et les pauvres n'en ont qu'une ! . -

Éle Lilita\ istara. le linreul ramassé par le Bodhittva était une toile de çana. Cette circonstance tenait-elle à mses déterminées ou était-elle simplement fortuit'-. I. mot çana désigne une espèce de chanvre qu'on cultive encore aujourd'hui dans la vallée du Gange. Actuellement cette libre est surtout utilisée pour faire des liens et les vêtements sont généralement en tissu de coton. H n'en a pas toujours été ainsi. Les \ inava nomment tous le çàna ou çânika parmi les étoffes dont les Bhiksu peuvent se vêtir. Dans l'antiquité, ce tissu grossier était probablement porté par les gens de basse condition tandis que le coton plus souple et plus fin était réservé pu "lasses supérieures. La toile de çana devait également servir de linceul pour les gens du peuple, les pauvres et les parias, comme le montre L'exemple de l'esclave liadha dans le f^alita Yistara. C'est dire que ce tissa était celui qu'on trouvait le plus fréquemment dans la terre des tombes. Il y a lieu de penser qu'à l'imitation de leur maître, les religieux 'les premiers temps s'en contentaient et qu'ils ne se souciaient pas d'un meilleur vêtement:, car. ainsi qu'il est dit souvent dans les Ecritures, un Bhiksu vertueux -sait se contenter de peus.

Plus tard, quand les mœurs des moines devinrent moins simples et que l'usage s'établit de leur donner de fines étoffes. gepx qui continuaient à se vêtir exclusivement de çana devaient acquérir un»' réputation de sainteté et d'austérité. Ou'on ne s'étonne donc point de trouver un Arhat du nom de Çan parmi ceux qui. lors du second concile, protestèrent contre les innovations coupables des moines de \aiçali. Canavâsa signifie clairement : vêtu de çana.

Yi-tsisg. Heemrd, p. 67. Sur l'accord d<-s bas-reliefs et de l'observation de Yi-t>iu;r. wtr FoiCHtr. . L'Art gréco-bouddhique du Gandhâra , t. II. p. 81.

La légende de 6i saint homme évoque le passé lointain oh les Bhiksii étaient vêtus d'une simple bande de toile grossière, Suivant VApèkâMiUuiu '. I»' futur patriarche, dans une aiistence ultérieure , alors qu'il était chet de marchands, aurait ri- m cou in- dans une île un Pratyeka Buddha qui portail des vêtements de innii. Il aurait offert un vêtement meilleur au solitaire, mais celui-ci l'aurait refusé en disant qu'il «'Mail «m i t r vêtu de ninii, dans la vin religieuse et qu'il resterait ainsi vêtu jusqu'à son entrée dans I*- Nirvana* Le chef des marchanda aurait alors lait vota de renaître avec un vêtement identique;

son souhait s'étant réalisé, telle serait l'origine de son nom.

Si les vêtements de paya n'avaient aucun rapport avec l'état

de religieux. || conduite du solitaire et Celle du chef de marchands seniient étranges et malaisément explicables. Si au contraire il lut un temps où le painçukula de chanvre était l'hahillement des disciples du Ihiddha, on comprend que le solitaire n'ait pas voulu l'échanger pour un vêtement plus riche et (pie le chef de marchands, désireux d'embrasser un jour la vie religieuse, ait l'ait vu-u de renaître avec un vêtement de cette sorte. La légende de Çanavâsa doit remonter aux temps primitifs où porter un pagne de pana symbolisait l'état de religieux mendiant, ou au moins à l'époque un peu plus tardive où cet habillement était encore celui des tBcàtei les plus austères.

Quand tliuun-Tsang traversa le pays de Bamian -', on lui montra dans un monastère la saihghati de (ianavasa dont le Usbu était en libres de vann. On raconta au pèlerin chinois que cet Arbat B'était. dans une existence antérieure, acquis de grands mérites en donnant des vêtements de pana à la (loimnunauté des Bhiksu. On se souvenait donc encore du temps où

(l) Cf. Le bord- Ouest lie l'Inde dans /<■ I ituuja île* Miilttmtrviixtivadiii. . . , Journ. A»., t()i A. Il, |». 556.

(1) Hhhn-Tsang, Mémoires , liv. 1, 33* royaume.

la i.ommunault! ne dédaignait point <|p m vêtir de M ttséU

HPT.

Mais précisément pn raison de ses origines lointaines, la

légende de Çanavâsa ne pouvait survivre qu'en sp modifiant, tdaptaht aux mœurs nouvelles. Tant qoe les Bhiksu furent vètu< comme les parias, on put concevoir qu'un même vêtement accompagnât un homme depuis la naissance jusqu'à la mort, pendant >a vie mondaine et M vie monastique. Du jour oi'i les clercs adoptèrent un costume très différent de celui des laïques, il devint difficile d'ndm<'ttre qu'un moine pût continue vêtir comme avant son ordination. Comment accorder la I navâsa avec le port du triple efvaraf La pièce de Ititle qui l'enveloppait à sa naissance et qu'il continua de porter pendant sa jeunesse n'était plus un habit décent pour un moine.

L'auteur de ÏAcoktlnuhhin a tourné la difficulté en déclarant

que Çanavâsa, par dérogation à la règle, avait éié «autorisé*

à porter jusqu'à sa mort le vêtement dans Ipqupl il était né.

Au temps de Hiuan-Tsang. c'est à force de prodiges que les

conteurs se tiraient d'embarras : -Ihms sa dernière pxistenre.

il sortit avec ce vêtement du sein de sa mère. \ mesure que

son corps croissait , son vêtement s'agrandissait dans la même

proportion. Lorsque Manda l'eut converti, et qu'il eut quitté

sa famille, ce vêtement se changea en un habit de religieux.

s qu'il eut reçu le complément des règles de la discipline,

'•»' vêtement se transforma encore et devint une samghati com-

e de neuf pièces ... ' . -

Le ('.iiMnlsi-ariuliinti , dans la Hodhisnttrn-nmHànn-halimUiUï .

îte une déformation encore plus accentuée des données

primitives de la légende. Le patriarche dit : s Je souhaitai de

porter un vêtement de couleur rouge (ronn): d'où mon nom

W HfOAB-Tuifi, ièid., trad. Stan. Julien. 1. j>.

de Çanavâsi . . . W. » I);ms ce récit, le détail caractéristique du

fv//w est complètement effacé. Ne comprenant pas que le s;iiut homme eut fait vœu de renaître dans un costume que ne portaient plus les moines de leur temps, les écrivains postérieurs cherchèrent une nouvelle étymologie pour rendre compte de son nom. Le mot roijn. qui signifie rouge, pouvait servir ;i qualifier certains riches cîvara. On prétendit que Çanavâsi avait voulu renaître dons un vêtement de cette couleur. Son nom était toujours Çanavâsi, mais on l'interprétait au moyen de cona. Et comme les explications de ce genre, si arbitraires qu'elles soient, finissent souvent par corrompre l'usage ancien, dans ÏÂçokâvadâna versifié, le nom du patriarche est devenu Çonavasi « celui qui est velu <!<• rouge v (->.

Conformément à la règle des dhùtânga , le vêtement «les premiers Bhiksu était donc une bande d'étoffe grossière, ramassée à terre et nouée autour de la taille. Pendant combien de temps cetle règle resta-t-elle en vigueur? S'il faut en croire les \ inaya , Çakyamuni aurait reçu un jour de riches vêtements offerts par le médecin Jivaka et il aurait alors autorisé ses disciples à porter des vêtements laïques. Buddhaghosa estime que cet événement eut lieu vingt ans après la Bodhi. H est permis de penser qu'un tel changement ne se fit point aussi vite. Les Bhiksu ne s'affranchirent que peu à peu des obligations primitives, et plus tard, pour justifier l'abandon de la régie des pâ ni ni h fila . on prétendit que le Buddha l'avait lui-même abrogée. Comme il arrive généralement en matière d'observances religieuses, on ne changea pas brusquement les règles anciennes, mais on s'ingénia à les adapter à des situations nouvelles, tout en parais-

(l> l!i m> w i. . Catalogue of Cambridge MSS, p. 4a , cité par Oldcnberçj , N. /»./•.'. , XX, p. 3g4, n. a.

(1) Cf. Rajendbai.m. Mitra, Stuahrù l'utlrfluxt Ltfarafur* tf \r/>al. |>. i<>: analyse de VAçokarailanti versifié.

respecter: et c'est seulement lorsqu'un nouvel usage fut établi en fait, qu'on s'efforça de le légitimer en droit, principales phases de celte évolution sont indiquées de la lanière suivante dans le Vinava des Dharmagupta :

En ce temps-là. des Bhiksu trouvèrent des vêlements entre des lombes. Le Buddba dit qu'il les autorisait à s'en servir.

En ce temps-là, des Bhiksu trouvèrent des vêtements \<>tif- . Le Buddba dit qu'il les autorisait à s'en servir.

En ce temps-là. des Bhiksu qui voyageaient virent non loin d'une tombe un vêtement pâmçukùla de grand prix. Scrupuleux et réservés, sèrent j>as le prendre. Le Bud Iba dit qu'il les autorisait à le prendre.

En ce lemps-là. Bhagaval était dans le Bovaume de Çrâvastï. Or un fils de grande famille, qui était sorti du monde, ramassa dans une ruelle du marché, sur un tas de poussière lj| j^§ \ pâmçukùla i. un vieux vêlement déchiré, et en lit une sanighûtï à son usage. Alors une épouse du roi Po-sseu-ni ï$ê ||lf M {Prwmijit ), Payant vu. fut touchée de comi. Elle prit un vêlement de grande valeur., h* déchira, le salit et 1^ ■ta dehors pour les Bhiksu. Ceux-ci. scrnpoteox >'t réservés, n'osèrent le prendre. Ils rapportèrent la chose au Buddba qui leur dit : *Si c'est pour les Bhiksu. il faut le prendre. -

En ce temps-là. il y eut un Bhiksu de grande famille qui sortit du monde. Dans la ruelle d'un marché, aux latrines, sur un tas de pouspâmçukûla i. il ramassa un vieux vêlement déchiré et s'en ût une uanghnfi. Alors un chef de famille de Çrâvastî, l'avant vu. fut touché de compassion. Abandonnant un grand nombre de beaux vêtements, il les lans une ruelle, aux latrines, pour les Bhiksu. H chargea un homme de les garder pour empêcher qu'on les prit. Alors des Bhiksu passèrent en regardant droit devant eux. Comme ils entraient dans le

jue faut-il entendre par -vêtements entre des lombes» et par "■vêtements votifs- ? Le P't-m-num permet d'interpréter ces expressions obscures. Dan* le premier cas.il s'agit, semble-t-il. de pièces d'étoffe recouvrant d- a mortels laissés sans sépulture et déposes seulement sur le sol. Quant aux vêlements r\otif^- . ce <ont les pièces d'étoffe qu'on suspendait au-dessus des monuments funéraires < cf. Tripit.. éd. Tdk., XVII. g, p. i3a). Il est à noter que le P'i-nimom interdit aux Bhiksu de prendre ces deux sortes de vêtements. La règle de ce traité , généralement conforme à la Discipline des Dharmagupta. t'ea écarte sur ces deux points.

M. PRZÏLI'SKI. 8

\illii|;c. lïiciiiiiiit' ipii jfsinljiil les vèlrmenU leur ilil : rQ Révérend*! Qu no résiniez- vous à droite et à ;;,nirlio'.'- Alors les Bliiksu virent, niais, scrupuleux et réservés, ils n'oseront prendre (ce» vêtements). Les Bhiksti dirent la chose au Buddba. Le Buddha «lit : -Si c'est pour lesBhîksa] je vous autorise à les prendre (,).»

Ces préceptes successifs s'écartent de plus en plus (je la rèffle primitive <'t, Par ''• contraste même, ils aident à en préciser le sens. L'autorisation do ramasser des pièces d'étoile. entre les tombes vint sans donle en atténuation d'une injonction plus sévère qui prescrivait de ne ramasser que des tissus trouvés sur les tombes. Les premiers pdtfiçukûla étaient donc bien des linceuls. Plus tard, on élargit le sens du mot e| <>n admit que toute pièce d'étoile trouvée sur un tas de poussièll ou simplement ramassée à terre était mi /nh/icuhûla <'t pouvait par conséquent être utilisée par un Bhiksu. Dès lors, un laïque pouvait facilement donner un \ élément au Saimdia : il lui sullisail de le jeter à terre dans un endroit où des religieux devaient passer, Ortain6 donateurs prirent même la précaution de faire garder par un serviteur ces objets abandonnés pour éviter qu'ils ne fussent pris par d'autres que par ceux auxquels ils étaient destinés. Rien ne s'opposant désormais à ce qu'un religieux reçût un vêtement donné par un laïque, cette pratique 'Mitra de plus en plus dans les mœurs, [m Vinaya finirent par la sanctionner :

(Bhagavat) s'adressa aux Bliikkhu en ces termes : irJe vous permets, ô Bhikkhu. de porter des vêtements laïques. qui le désirent peuvent porter des vêtements piniisubila ; ceux ipii désireut peuvent accepter «les vêtements laïques. S'il vous plaît de port Tune ou l'autre sorte de vêtement, je vous \ autorise (!).t>

I ne évolution comme celle dont nous venons de suivre le» étapes est nécessairement assez lente. Malgré les textes

Tripil.. rd. T..L, \Y, 5, p.

W Mahàvagga, VI11, i, 3...

[370] --hh' îi:> pf*-

«lesf inés à donner le change, nous devons admettre qu'à la mort du Buddha et probablement lonjjt'inps encore pprès lui. la règle lies pâm<ukula était toujours observée. Il en résulte une conséquence importante, en 600111 concerne ses funérailles.

kyamuni fut vêtu, toute sa vie, de haillons >emblai HM qu'il avait ramassés avant de parvenir à la Bodhi, il est ditlicile d'admettre qu'il ait éf- ti avec faste Dans les

gûtliâ des plus, anciens Parmimlna-Sûtni , l'étoffe dont fut enveloppée la dépouille du Buddha est appelée c'wara: c'est donc que, d iprèf la tradition la plus ancienne, le premier Çramana avait été' enseveli non comme un noble Ksatriya, mais comme un religieux mendiant. Et puisque ses premiers disciple-. somme lui-même, n'étaient rétns que d'une seule biu.de d< enroulée autour de la taille il vraisemblable qu'il fut

"li ain^i ' . Il reste maintenant à expliquer pourquoi celte bande unique d étoffe grossière lut remplacée dans les traditions intérieures par mille pièces de déni sortes de tissus fins. Nous levons pour cela considérer le costume (kv ancien- rois.

Dans les textes bouddhique- les plus anciens, le Tathagata - principaux disciples se trouvent souvent en rapport avec divers laïques aux physionomies singulières et nettement ca-

t-st d'ailleurs de cette façon qu'on ensevelissait communément les morts dan- l'Inde ancienne, f.aland. analysant le cérémonial de» funérailles d'après le* sûtra brahmaniques, décrit ainsi la toilette mortuaire : «Ein ungebrauchtes nofh nie gewaschene» , nirbt ler-clinittenes. irium> Kleid wird aut don Todten gelegt . . . t (Die AUiwUscittit Todlen- «<*'/ Bestatlungigebrauche . p. 16. ; Encore de nus jour?, le rite est sensiblement le même : - \ new cloth is brouglit and froni one end a pièce a bout two inebes broad, called tbe rr««a or cloth, is torn. This shroud-end is knoUad in the iniddle and îts ends are tied tugether and worn round the chief inouruur» neck. Tiie resl of tbe cjotji js wrap|>ed round the body.-> (Bomh. Gaz.. Wll. Sj, ,-ite par CiLin, ibid. p.

• •v>., Ihi ,.«<•• [37»]

ractérisées. Ce sont le pieux ministre Vareakin, la courtisan*

Anuapali, le cruel roi d'Ujjayini. Pradyota, le médecin Jivnka,etè. Ces personnage* sont les héros d'un cycle de légende!

qui n'es! mille part raconté entièrement, mais oo découvre <;i cl [à des épisode» dans 1rs Sutra et les Vinaya. \ un de ces récits, inséré dans le Vinaya des lYIulasarvâslivàdin, nous empruntons le fragment suivant. La scène est à Ujjayim. Le poi Pradvota vient d'avoir huit songes extraordinaires, il s'adresse au religieux Kâtyâyana <[ui lui en révèle le sens. Sous des apparences fantaisistes, ce passage contient des indications exactes sur le costume et les attributs des rois dans l'Inde ancienne et sur le mouvement des échanges entre divers pays de l'Asie orientale. Pour le distinguer d'un texte analogue, mais plus récent, nous l'appellerons désormais le « Premier récit des huit songes». Notre traduction est basée sur la version chinoise de Yi-lsing et sur le lhil-m tibétain.

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