‹ Le Parinirvana et les funérailles du BuddhaChapitre 9 sur 10 · W III *+ · texte numérisé non relu

W III *+

Les brodequins -précieux- envoyés au roi Pradyota par le

souverain de Ceylan étaient probablement ornés de perles et

de pierreries, comme les sandales d'or incrustées de pierres

précieuses du roi indien Sûphytës. le contemporain d'A-

j lexandre ' . En fait, l'île de Cevlan a toujours été célèbre par

; ses joyaux. Dans le premier conte du dernier chapitre de 1' 1-

| yu-wang- (chouan . par exemple, il est fait mention de cinq

, loyaux jou-i io ^ (cintâmani) envoyés en tribut au roi Acuka

bar le souverain de Simhala - .

Au temps de Pline, le fer chinois était connu jusqu'à Rome ! et on lui attribuait la palme "palma serico ferro est 3 ■ •>. Dans I l'antiquité, l'industrie et le commerce du fer étaient entre les I mains de la population de Leang |}£ et, de bonne heure, le gouvernement chinois s'en réserva le monopole 4i. Jusqu'au i moyen âge, l'acier, et par conséquent les lames d'épées, reste ; un des principaux articles d'échange entre la Chine et les ' peuples voisin^. Les conteurs des Mille et une .}ut(s connaissent ' encore <t l'acier chinois

L'or fin ouvré par les îavana fait immédiatement songer

* aux belles monnaies de ce métal frappées par les rois in do-

ux-ci devaient paver en or la plupart des produits

qu'ils achetaient à leurs voisins méridionaux , notamment l'ivoire

\ brut et les éléphants. L'habileté des artisans grecs à travailler

■ métal précieux ne pouvait manquer d'être admirée dans

• l'Inde. On a récemment découvert et déposé au musée de Cal- , cutta une agrafe de turban en or repoussé «de pur travail hel-

Q. Ccbtics Ri ris, IX. i.

l'ripit.. éd. Tôk., XXIV, 10, p. a6\ ' Pun, XXXH. i'i. Ptolémée dit que la métropole de la Chine n'a pas les mur- d'airain que lui attribue la légende (Géogr., Vil, 3, 6). '. Hirtb. China and the Roman Orient, p. aa5, n. a. J Mille et Une Nuits, trad. Mardrus, t. MI, p. ia. Edrisi cite le fer parmi les articles exportés de Chine rew Aden. Cf. Vois, Cathay and the mit/ thither, 1, p. uix. n. a.

— **( 1-20 >«— [38tj

lénique ' ». (le bijou est à rapprocher de L'ornement <l<' tète offert au roi d'Ujjayini par le roi des Yavana.

Le précieux tissu de laine rouge offert par le roi du Gandhàra est le modèle de ces fines étoffes dont la réputation dura pendant tout le moyen Age et qui, après avoir l'ail l'admiration du inonde musulman , furent appréciées des Européens sous le nom de «cachemire». De bonne heure, les habitants de* hautes vallées du Nord-Ouest surent tisser des étoffes de choix avec la meilleure laine des troupeaux tibétains. De nos jours, c'est encore ainsi que les choses se passent. «L'actuel •• pashmina» du karmir est tissé avec la douillette toison qui, pool les garantir des bises himalayennes. pousse sous le long poil des chèvres du Haut-Thibet'2 . »

De quelle nature était l'étoffe blanche envoyée au roi d'Ujjayinï par le roi du Videha? Sur ce point . la traduction de ïiâ tsing manque de précision et nous ne savons trop quelle valeur attribuer aux mots tibétains beu ras. liait signifie coton ; beu m» désignerait, d'après Jâschke, une toile fine étrangère au Tibet. L'expression tibétaine permet de supposer qi/il s'agissait d'uni variété de coton particulièrement fine, et cette conjecture m fortifiée par ce que nous savons des espèces végétales cultivée! encore de nos jours dans le sol de l'ancien Videha. Dans Itilmr pensant lifc, Grierson note (pie le Tirhut est fameux par une espèce de coton appelée hokti ou bhadaiya dont on fait une étoffe d'une extrême finesse. «Un vêtement de hokti dure autant qu'une vie humaine-".» Ces indications sont précieuses, le Tirhut actuel correspond à l'ancien Videha. La permanence des espèces cultivées dans ce district nous permet, suivant toute probabilité, d'identifier à plus de vingt siècles d'intervalle

(,) Fouciio, L'Art grico-bouddhiqiw eu Gandhira, II, p. 181.

M Ibid,, ||, p. 35a.

W GrIRUOM, I'hIkii jieuMnl life . p. 3-^7.

textile dont était fait le be'u ras offert au roi d'ijjayinï avec

kukti encore si prisé de notre temp>

Ln dernier texte achèvera de montrer qu'entre toutes les étoffes connues dans l'Inde ancienne, il n'en était pas de plus nobles que les mousselines de coton et les cachemires. Dans un récit en vers, le MnhnvmùjajàUikn mentionne avec des articles précieux, or, argent, perles, béryls, -les étoffes de kâsi et les uddnjâna kambnln - ». M. Svlvain I/'\ i a prouvé qu'il fallait -affecter à la vallée du Swat le nom d'Ud<Ji\âna . Lddiyân- Ce pays est \oisin du Gandhâra. L'un et l'autre appartiennent à cette région du Nord-Ouest où les laines fines du Tibet étaient tissées et teintes et d'où elles s'écoulaient vers l'Inde. Quant aux étoffes de kâsi (Këmkim tmttkëm), ce sont les fameuses mousselines de Bénarès dont on célèbre si souvent les qualités dans la littérature indienne. Bénarès n'est pas éloignée du Tirhut. Sa situation sur le Gange en lit probablement de bonne heure un centre commercial important où venaient s'entreposer les étoffes du \ ideba. Il est possible également qu'une partie du coton produit dans cotte contrée fut par les artisans de kâsi. Quoi qu'il en soit, il ne parait

i omnie l'a indiqué B. Laufer, be'u ras parait être t'équivalent de 'bu ras i Luan words in Tibetan . in Toung Pau , 1 9 1 (S , p. ioô , note 1 ). 'bu ras est défini par S. Chandra Das : -a coarse sort of raw silk imported inU> Tibet from As-ain bv traders from Bhutan-. Quelle que ml la valeur moderne de cette expression, il est difficile d'admettre que l'étoffe offerte au roi Pradyota, plusieurs aèdes avant notre ère, par le souverain du Mdeha, fût -a coarse sort of raw silk-'. En conservant au mot ras sa valeur propre de -coton-», on obtient un seh> beaucoup plus satisfaisant.

Il est d'ailleurs possible que be'u ras, désignant un textile étranger au Tibet et originaire du ?iord de l'Inde, ait eu au cours des âges des acceptions trè* différentes. De même, le mot chinois fie, après avoir désigné une étoffe de laine fine venu»' d'Asie Centrale, a fini par signifier un tissu de coton importé par la même voie.

Sjhraîn Léw. Catalogue géographique des )ahsa, J»urn. As., iQi5, I, p. io5.

Ibid., p. 109.

pas douteux que les kâtikâni ea vatthàni uddiyâne ea kamhak du \fakâvânijajâtaka ne correspondent aux deoi premier! présents ofl'erls au roi d'Ujjavini : la mousseline du Videha et le cachemire du (landhara.

Eu somme, les indications fournies par le Premier récit des huit songes concordent avec les témoignages des auteurs les plus divers. Nous pouvons donc y ajouter foi, soit qu'il nous faste connaître les principales productions de sept roxaumes, soit ([u'il nous donne un aperçu des richesses des anciens mis. \ IY'|M>(|ue oii ce récit fut composé, un roi magnifique devait monter un éléphant du Kaliùga; son char était tramé par des chevaux du Tokharestan; sa tête était ornée d'un bijou d'or lin ouvré par les Yavana; des joyaux de Ceylan brillaient sur sa chaussure; ses épées étaient d'acier chinois et son costume était formé de deux bandes d'étoffe : une pièce de mousseline blanche du Videha et une autre de cachemire rouge. C'étaient là les signes distinctifs de la plus large opulence; ce n'étaient pas, à proprement parler, les emblèmes de la royauté. Des une époque très ancienne, le parasol et le chasse-mouches paraissent avoir été dans l'Inde des attributs du pouvoir souverain. Cet deux derniers objets pouvaient n'avoir qu'une faible valeur intrinsèque et ils accompagnaient toujours les roitelets les moins puissants. Au contraire, les sept objets rares offerts au roi Pradyota étaient des présents dignes d'un grand roi. Ils constituaient en quelque sorte le trésor du Cakravartin.

A quelle date le Premier récit des huit songes fut-il composé Parmi les pays dont il énumère les productions, l'auteur cite le «royaume des Yavana». Il est probable qu'il entendait désigner par là le royaume grec de Bactriane fondé vers >.">(> avant notre ère. En admettant même qu'il s'agit de l'Empire d'Alexandre, cela ne nous ferait pas remonter beaucoup plus haut dans le passé. L'Empire d'Açoka s'étendait du Kalinga au Gandhira. De ce dernier pays, vestibule de l'Inde ouvert sur

centra4e, les chefs de caravane pouvaient aller chercher l'acier chinois et les chevaui du Tokharestan. Le Premier récit des huit songes nous donne en somme un aperçu des productions de l'Empire d'Âçoka et des pavs avec lesquels il était en relations : Ceylan, le royaume grec de Bactriane, le Tokharestan et la Chine. Encore que l'auteur ait voulu mettre en

des personnages contemporains du Buddha, nous inclinons à penser qu'il vivait au temps des Mauryas. En tout cas. récit ne saurait être antérieur à la lin du If* siècle. \oi maintenant de quelles étoffes était fait le cos-

pme d --anciens rois. Pour voir comment "lies étaient drai il sutlit d'examiner les bas-reliefs de Bharhut qui, bculpt m siècle, sont à peu près contemporains du Premier récit des huit songes. Les rois et les grands personnages — la distinction est souvent malaisée à faire — y sont vêtus essentielle* ment de deux bandes d'étoffe : un long pagne, analogue à la ■bit moderne, en\eloppe la taille et descend jusqu'au-d-— sous du genou, parfois même jusqu'au mollet: des épaules ou des bras tombe une légère écharpe. Ces données cadrent bien avec ce que nous ont appris les textes. Le vêtement principal est le pagne: c'est !ui qui protège et cache le bassin; il est naturel qu'il soit fait de l'étoile la plus résistante et la plus épaisse.

i-dire de cachemire, tandis que l'écharpe légère est en mousseline du Videha. Sur les bas-reliefs du stupa de Sanchi où les rois sont vêtus à peu près comme à Bharhut, mais dont l'exécution est plus habile, il est visible que l'écharpe est faite d'un tissu transparent. Apre- avoir drapé le torse, elle tombe à droite et à gauche jusqu'au niveau des chevilles. Elle défait donc être très grande et beaucoup plus longue en tout cas que l'étoffe du pagne. Or. le récit des huit songes t'ait mention d'une - grande - pièce de mousseline et d'une « précieuse r étoffe de laine. Le choix même des épithètes traduit une différence réelle. Le texte et les monuments figurés sont donc d'accord

dans les moindres détails. GrAce au premier, nous pouvoir restituer au costume des rois la couleur qui lui fait défaut sur les images en pierre : le long pagne était en laine rouge et l'écharpe en mousseline blanche.

Ce n'est pas a dire que le tissu de la dhoti royale lut n« sairement uni et monochrome. Quinte-Curce, qui utilisait des sources anciennes et dignes de foi, dépeint ainsi la robe du roi Sôphytës : ve»tis erat auro purpuraque distinct*/ l . Ailleurs, décrivant en termes généraux le vêtement des rois indiens, il emploie exactement la même expression : distinct// auro et purl>iirn(i2K Strabon, qui mettait en œuvre les relations de Vlegasthènes et d'autres voyageurs grecs, signale également l'usage d'étoffes brodées de fils d'or à la cour des Mauryas'3'. 11 ressort de ces témoignages concordants qu'à l'époque où l'ut rédigé le Premier récit des huit songes, le fond rouge du pagne royal était rehaussé d'ornements d'or.

Par la couleur sinon par la forme, ce vêtement était semblable à celui des monarques achéménides. Maspero décrit ainsi l'habillement du roi des rois : «Il ne différait du costume des nobles que par la nuance pourprée de l'étoffe et par la richesse des broderies d'or qui y étaient appliquées (4) n.

En somme, au temps des Mauryas et probablement dès la conquête d'Alexandre, le vêtement principal des rois indiens était étranger de matière, de fabrication, et d'aspect. Fait avec la laine la plus fine des troupeaux himalayens tissée et teinte au Gandhâra, il était, comme la robe des Achéménides, de fond pourpre rehaussé d'or.

Les huit songes du roi Pradyota sont également interprétés

(1> Q. Cdbtius Rufus, IX, i.

W Jbid., VIII, g.

<s> Strabo,XV,'i, 69.

<*' Cf. Maspkro. fiisi. ancifutu' . I. III. p. 7 /| H.

le vénérable Katyayana d;,n> un des contes du Tsa-panhmng-kmg (Trip., éd. Tôk., \I\. 10; Nanjio, n" i3sg . Ce pecueil d'avadàna dont l'original e>t perdu, ;i été traduit en chinois en \~-> de noire ère par le Çramana des Pa\- d'Occident ki-kia-ye ^ $jl fè assisté du religieux Tan Vao J| RU . Le nouveau récit des huit songes qu'il contient s'écarte assez sensiblement du premier pour qu'il soit utile d'instituer une comparaison entre ces deux textes. Je reproduis ci-après, en la modifiant légèrement . la traduction donnée par (ihavannes dans les Cinq cents Contes et Apologues •

Second récit des huit soxgf.s..

(Trip., éd. ToL. XIV, 10, p. -

l rêves sont de fort bon présage: il faut s'en réjouir et ne point y voir un sujet d'affliction. Le feu qui brûle sur la tète, c'est le présage ne des envoyés lu royaume du souverain des Joyaux ^ t£ vîpiidmnt apporter en tribut au roi un diadème céleste éa |>iï\ de oatt mille onces d'or. Noilà exactement ce que signitîe ce songe.-

La femme était inquiète, car le délai de sept jours allait être accompli : elle serait alors mise à mort par le roi et craignait que le messager porteur du diadème n'arrivât trop tard ; elle demanda donc au Vénérable quand celui-ci arriverait.

« Aujourd'hui même, lui répondit-il, entre trois et cinq heures de (après-midi, il arrivera certainement.

deoj serpents qui s'enroulent autour de la ceinture, c'est le présage que le roi du royaume des Yue-tche J| j£ offrii-a deux épées d'une valeur de cent milles onces d'or; au coucher du soleil (les envoyés) arriveront.

Le réseau de tiues mailles de fer qui entoure le corps, c'est le présage que le roi du royaume de Ta-ts'in ^ J|s offrira un collier de perles d'une valeur de cent mille onces d'or: demain, au point du jour, (les envoyés i arriveront.

I^es poissons rouges qui avalent les pieds, c'est le présage que le roi du royaume de Che-tseu $$ -^ (Simhala) offrira des souliers précieux

(,) Chayasms, Cinq cent* Contes et Apologues extraits du Tripitaka chinois, t. lit, p. 109.

en i>'i-lirt,u ii jjjj ijjj jjjj iviiiijiinjin d'une valeur de cent Miillc onces

d'or: dcMidin, à l'heure du repas, (les envoyés) arriveront.

Les quatre grues blanches <|ni viennent, c'est le présage que le roj «lu royaume de Pa-k'i #£ ,^' l Pr/«) offrira um char précieui en oh demain an milieu du joue (les envoyés) arriveront

La l'ait de marcher dans une boua de sang, c'est la présage que M

royaume il,- fygg* |f £ (g, i l'ailliicl ofl'rira du l.'in-p'o-lo jfa i£ || {Liiiiilmlu) en poils de cerfs d'une valeur de cenl mille onces d'or: demain, an moment oii le soleil commence à descendre, (les envoyée]

arriveront.

Le l'ail d'èlre moule sur une montagne tn-s blanche, c'est le pn que le roi du royaume de K'ouanfpfê Bji ff | \iurï\ offrira un éléphant; demain, entre trois et cinq heures de l'après-midi, (les en VOvéa) arriveront.

I^e héron qui dé\ore la télé du roi. c'est le présage que le roi aura demain une affaire d'ordre privé avec \ons. son épouse; c'est là ma chose que vous connaîtrez demain, r-

\/,i nomenclature géographique n'es! plus la mémo, qiiodani le Premier récit des huit songes. Au Sud-( luesl . nous retrouvons l'île «le Oeylaq dont le roi envoie encore des souliers prM

cieux; nuits le kaliiïgn qui, dans In première rédaction, était le pays dus beaux élépliants, est remphir»'- dans la seconde par le royaume de ICouang-ye r la jungles. Désignant ici une contrél déterminée, cette expression est sans doute la traduction du nom sanscrit Âfavi qui parait s'être appliqué à de nombreuse! localités, el qu'entre autres exemples «le Mahâ-Bliâratti % II. 117,"), range parmi les conquêtes de Saluuleva au Sud. . aussitôt après les Andhra el les Kalinga(1)r.

A l'Est, le pays de Vrji s'est substitué au Vidoha. L'es deux contrées étaient voisines. Politiquement, elles semblent aval été longtemps confondues. Le pays du "Souverain des Joyaux est peut-être l'île (Je ïïaUuilâiUi . lin conte du Kalltùmirilsû'rtirti commence en effet par ces mots : « Il \ a ici au milieu «le la

M Sylvain Livi . Gatalùffme géographique d$t Y*k§0,àïïW J»uin. I*., 191I 1. 1 , p. 64.

mer une grande Ile nommée ïlatiuikuta. Jadis y vivait un roi d'un grand courage, dévùt adorateur de \i>nu, ([ni était justement nommé llatnâdhipaù ' . -1 * Souverain des Joysuj •• ^ zË

esl l'exacte traduction du sanscrit Ratnadhipati. Pour se rendre dans son royaume, on s'embarquait au port (Je I iunraiip ; situé aux bouches du Gange, il ne s'agit pas de (ieyjan mentionnée à part dans le Second récit des huit songes. Il faut donc chercher Ralnakuta à l'Est de l'Inde al au Nord de <-evlan. Dans la suite du conte auquel nous venons de l'aire allusion, un marchand qui s'embarque pour Svniwnlnj>/i | = .S'//varnadmpa) est pris en route par un grand tourbillon; son Ravire sombre; lui-même échappe p;ir miracle et aborde à Ralnakuta '. Le SniMlnirninxnirtyiipnxthiliiti - Sîitrti mentionne également en premier lieu, au delà du Jamnudvipa, la Montagne des Joyaux, puis l'ile appelée R Muraille d'Or- (Sum,ijaLuili/ii | . Dans un autre conte du h(iilnïsant,vl{r<mi , un marchand se rend pour faire le commerce dans mie He nommée Siirmwi- bit (uni '. Suvarnadvipa , Suvarnakudya , Suvarnabhumi paraissent éire les appellations peu différentes d'une même contrée < Péninsule Malaise, (ihorsonèse d'Or de Ptolémée. considérée comme une de parce qu'on s'y rendait par mer. Ralnakuta, la r Montagne des Joyaux-, devait être située immédiatement en Avril. r'esf-à-dire en Birmanie, (Jette localisation s'appuie d'ailleurs sur un certain nombre de laits. Pour ■■dacteurs du Stuidltnnnanmi-tifupasthâwiSiitrti , la pénétra-

Knthâtaritsâgnr» . liv. Mi. rhajj. 3r> , trad. Tawney, t. 1. p, %%%, (.('. Iwi. Brhatkathâ manjarï , edit. K.a\yamâlâ . p, '177, vei-s 108 :

RatnakutâbhiHtiailvipt' râjâ Ratnâdhipo 'iihavat.

• Kathâsaritêâgara , VII, 36, trad. Tawney, I. \>. 3ag. W Ibid.,y. 33a.

i. Sylvain Ltvi. Pour l'hittoire du Iiàmàyaiia, Jouvn. As., îyiS, t, J, p. 19 et 80.

(M Kathâ»arit$n{jfli a , !iv. [\. clia|>. â-i, trad. Tawrit'y. t. 1. p. ôjo.

tion des premiers navigateurs au Ratnakûta naît un événetij ment très ancien^. On sait qu'en fait le Pégou esl une terre île vieille colonisation indienne. Une des principales cités était la ville de Visnu, et nos contes insistent particulièrement sur le culte rendu à ce dieu dans le pays de Ratnakûta^.

Au Nord et à l'Ouest de l'Inde, la scène politique ;■ complètement changé. Vers le Nord, l'horizon s'est rétréci, tandii que plus à l'Ouest, il s'étend maintenant à perle de vue

On sait, par les historiens chinois, qu'en ty8 avant noire ère. les Tn-Ynr-lrhr parvenus au Nord de l'Oxus avaient déjà préparé l'asservissement des Tokhares établis au Sud de ce fleuve. Plus tard, les Yue-lcbe s'emparent définitivement du Tokharestan et s'étendent jusqu'au Gandhâra où ils installent un gouverneur (jagbou). Poursuivant leurs conquêtes, ils descendent dans l'Inde et détruisent vers l'an •>.") avant notre ère le royaume grec où régnai 1 Hcrmaios. \ partir de cette date, les noms de Tukhâra, Gandhâra, Yavana ne représentent plus des organisations politiques indépendantes. Ces ancien! royaumes sont absorbés dans l'Empire 'des Yue-tche. Il est remarquable que, dans le Second récit des huit songes, ocl trois noms aient disparu et fait place à celui des envahisseurs. Il est également significatif que la Chine ne soit plus nommée : les épées offertes au roi Pradyota lui sont envoyées par le souverain des Yue-lche. Le Second récit des huit songes a dû être composé, lorsque les nouveaux conquérants, maîtres des routes de la Haute-Asie, étaient devenus les intermédiaires indispensables entre l'Inde et le monde chinois.

Plus à l'Ouest, le Tta-pao-tsang-king c\te deux grands Empires

f.\. Sylvain Lbw, Pour l'hintoire du RëmàjfOM, p. -io. M Kathàsaritsâgara, li\. V, rl)a|>. 3i, trad. Tawney, I. I, p. 990 : irTbeff is a fair isle in the middle of Ihe aea aamed Ratnakûta, ;m>l in it there ia » temple of the adorable Visnu foundid l»y tbe Océan, and on th>- Iwvtfth day of the white fortnij;lil of Asndlia there i-- 1 festival llieiv witfa a profession, and people rome there dilij;entl\ from atl the islands to offer worship."

(jiii De figuraient pas dans la rédaction plus ancienne : la Martine [Ngan-ti) et l'Orient romain (Ttt-tiin). Dans le même lemps où les Yue-tche s'ébranlaient sous la poussée des Hiongnou. les rois parthes achevaient de fonder un vaste Empire. Mitliridate Ier. qui régne approximativement entre 17 1 et 1 38 , I sa domination depuis la Baclriane jusqu'à la vallée du Tigre: mais il ne communique directement ni par terre ni par mer avec l'Inde proprement dite : les Y avaria tiennent encore la vallée de l'Indus et, en Mésopotamie, le petit Etat de kharalène garde le débouché des grands fleuves. Cest seulement. voyons-nous, sous le> successeurs de Mitliridate Ier. notamment sous Mithridate II le Grand, que les Parthes entrèrent activement en relations avec les peuples voisins. Tchnng-k'ien. qui recueillit ses informations vers 1 q8, dépeint les marchands du \gan-si comme des voyageurs entreprenants ' et le Cheu-ki signale par la suite l'arrivée en (mine d'ambassadeurs parthes ■ccompagnés de jongleurs du Li-kan 1 Syrie) W,

La reconstitution de l'Empire perse sous l'autorité des Arsacidt'N permettait aux caravanes de circuler depuis l'Inde et la Chine jusqu'à la Syrie et même jusqu'à Rome. A l'avènement d'Auguste, plusieurs rois indiens dépêchèrent par la voie de terre des ambassadeurs chargés de le féliciter et de lui porter des présents ' . En même temps Ctésiphon et Barvgaza communiquaient directement par la mer et la voie fluviale. Rome, poursuivant la conquête des débris occidentaux de l'Empire )r Alexandre, supprimait la piraterie, donnait au commerce une nouvelle impulsion et rendait possible un courant continu d'échanges entre l'Inde et les ports de la mer Rouge.

■'■ Cf. Hirth, The tlory of Chang h'ien, in Jnurn. of the American Oriental Society, 1917.

W The ttory of Chang k'ien, ibid.

H. G. BiwuMSOX, Intercourte between India and the Wettern World, i. 107.

M. MgfLSML 9

L.-s débuts de l'Empire Indo-scytbé datent du i" siècle avant

notre èiv. L'établissement de relations permanentes entre

l'Inde. l;i Parthie <'t le monde romain ne doit j>;is remonter beaucoup plus haut. On peut à peu près rapporter ;i l'ai •j5 av. J.-C. la chute du dernier roi indo-grec vaincu par les Yue-tche et le départ des premiers ambassadeurs indiens envoyés à Home. C'est la situation politique résultant de 04] divers événements <|ui se reflète dans le Second récit des huit songes. Elle permet donc, dans une certaine mesure, de le dater. Tandis que le premier récit avait été composé pendant le iiie ou le 11e siècle, le second n'a pu être rédigé que pendant le r siècle ou à une date ultérieure.

Dans ce dernier texte, comme dans le premier, la nature des présents offerts au roi Pradyota s'accorde bien avec ce que nous savons par ailleurs de L'activité économique des pajl considérés. De même que le kalinga voisin, le pays d'AlavU «la jungle », ne pouvait manquer d'exporter des éléphants L'île de Simha envoie encore des souliers précieux, et ils sofl ornés de vai/Juri/a | béryl ). Celte gemme était alors très rechefl chée, car parmi les objets exportés vers le monde romainl o'étatl un de ceux qui atteignaient les plus liants prix ' . Comme dans le premier récit, l'ornement de tête présenté au roi Pradyota devait être en or. peut-être enrichi de pierreries. La noms même de Iiatnakula et du Souverain des Joyaux l'ont penser à une contrée riche en matières précieuses.

Les deux épées qui venaient autrefois de Chine sont offertes dans la seconde rédaction par le roi des ^ ue-tche. Nous avons déjà fait remarquer que par suite du progrès de ces conque! rants, le fer chinois passait nécessairement sur leur territoire.

Les deux chevaux du premier récit sont remplacés dans 1»' second par un char d'or ou plutôt par un char doré. Le char

(,) Rawlinsou, itrid. , p. 101.

[394] — **( i;Jl ++—

supp hevaux, mais il ajoute un élément curai L» ristiquo

delà royauté. Le Cakravarlio , par définition, est un monarque qui fait tourner son char. Ce présent, offert par le roi des Vrjiens, est annoncé par quatre mouettes, tandis ope dans le récit plus ancien l'envoi de deux chevaux du Tokharestan n'était présagé que par deux de ces oiseaux. C'est indiquer clairement qu'il s'agissait d'un quadrige. L'usage des char-, attelés de quatre chevam remonte assez haut dans le Nous en trouvons des images à Bharhut et à Sânchi. L'eau parfumée de santal rouge qui. dans le récit plus ancien, baignait le corps du roi Pradvota est remplacée dans le /*"-/ '/<;; par une boue de sang dans laquelle marche

H monarque. Ces detu présages analogues annoncent des ements presque identiques : dans le premier «as. lenvoi d'une étoffe de laiue rouge; dans le second, l'envoi d'une étoffe laineuse évidemment rouge aussi. Dans lesdeuxcas. la teinte du tissu est la même, mais le lieu d'origine diffère : c'était d'abord | le royaume du Gandhàra, puis, dan- le second récit. l'Empire parthe. Il n\ a d'ailleurs aucune raison de contester cette inilicatiun géographique, i cides, héritiers des Aehé-

mémdes, as aient probablement adopté h' costume des anciens | rois, la robe persane au fond pourpre rehaussé d'or. L)e telles es pouvaient donc être offertes par les Parthes à un roi indien : c'était un présent vraiment royal.

Faut-il attacher grande importance au fait que, là où le Dernier récit des huit songes mentionnait une étoffe de laine,

<>nd parle d'un hntnbala en poil> de elle diff«:i

est plus apparente qui' réelle. Lrs mots chinois J|f ^ > poils rf» répondent au sanscrit mrgarom* qui signifie -laine-. Le présent envoyé par 1<> roi des Partîtes était donc une étoile laineuse. Rien n'indique quelle tut d'autre nature que le tissu offert précédemment par le roi du Gandhàra.

Six des présents mentionnés dans chaque récit avant été

comparés deux à deux, il ne reste plus dans i;i première liste que la mousseline du \ideha. à laquelle correspond diins la seconde le collier de perles du Ta-ts'in. Ces deux objets ne sont pas sans analogie : la mousseline servait à draper le buste des rois; le collier ornait leur poitrine. Mais n'est-il pas paradoxal que des envoyés occidentaux aient porté ;i un roi de l'Inde des perles, produit de l'océan Indien'.' Cette difficulté n'est pas insoluble On sait que les marchands do Ta-ts'in exportaient de grandes quantités de verroterie dans les pa\s de l'Asie orientale^, Ces fausses pierreries étaient 1res estimées parce qu'on les croyait taillées dans un minéral naturel. i\otre texte montre que les rois eux-mêmes ne dédaignaient pas de s'en parer. Il se produisit sans doute dans l'Inde le même phénomène qu'en Chine, où les objets de verre conservèrent une très grande valeur tant qu'on n'eut pas pénétré le secréj de leur fabrication.

Au total, nos deux listes de présents ne diffèrent pas sensiblement; dans l'une et l'autre, deux éléments se rapportent à la monture, un à la coiffure, un à la chaussure et un à l'équipement. Enfin, et c'est ce qui nous intéresse particulièrement. les deux derniers articles ont trait au costume. Qu'elle vînt du Gandhara ou de l'Empire parthe. l'étoffe laineuse dut toujours conserver sa destination traditionnelle et servir de long pagnej Le vêtement inférieur des rois ne subit donc pas de modification essentielle. Pour ce qui est du vêlement supérieur, les choses ne se présentent pas aussi simplement. A l'écharpe <le mousseline blanche mentionnée dans la rédaction la plus ancienne, correspond dans la suivante un collier de perles du Ta-ts'in. De ce que ce bijou a remplacé la draperie dans la liste des présents, faut-il conclure que, dans le costume des rois, l'un s'était également substitué à l'autre? Rien ne nous

U. Iliuni. China and tk» Homau Orient, p. ;ia8 et Mii>.

autorise à l'affirmer. V Sanchi. par exemple, les rois et les dignitaires portent tantôt l'écharpe et le collier à la fois, tantôt ce dernier seulement. Un inventaire minutieux serait nécessaire pour pouvoir déterminer dans quelles circonstances la seconde mise était préférée à l'autre. \ première vue. il semble que le roi. qui ne sortait guère de son palais que pour [• ou assister aux cérémonies religieuses, devait quitter irpe dans le premier cas pour manier ses armes plus librement, et la conserver flans le second pour accomplir décemment les rites. Quoi qu'il en soit de cette conjecture, il srtain que pendant la période où se place la rédaction du Premier récit des huit songes, les rois, dans certaines circonstances, étaient nus jusqu'à la ceinture et ne portaient sur la poitrine qu'un large collier. De ce que L'écharpe fait défaut dans le récit postérieur, nous ne pouvons donc inférer qu'elle avait cessé d'être en usage; il est probable au contraire que les rois l'avaient conservé.-.

Ainsi les tissus de laine pourpre, déjà si prisés dans l'Inde et en Perse au temps d'Alexandre, faisaient encore partie de la pompe royale lorsque fut rédigé le Second récit des huit songes. Mais ils ne devaient pas tarder à être supplantés par une nouveauté plus magnifique et plus coûteuse : on vit bientôt les rois indiens leur préférer une étoffe de couleur jaune.

Dans le Mahà-Bkàrata, lorsqu'il énumère les costumes des chefs de l'armée des Kuru. le poète signale particulièrement les beaux vêtements jaunes de karna ' . 11 ressort d'un passage du Bhâgavata Purâna qu'on se représentait \isnu avec un rêtement de couleur jaune - . Or on sait que pour les peuples de l'Inde les dieux sont vêtus comme les rois.

F. Mahâ-Bhârata, Virai* Parra . trad. thandra Roy, t. Y. p. 1 65. î- Bhâgavata Puiàmi . \ III . 'i . (j, Iracl. Burnouf, I. III, p. loi: «rLe roi des éléphants, affranchi par le contact de BbagavaidVe liens de l'ignorance, revêtit la forme même de ce dieu avec, quatre hra» et un w-tement de couleur jaune,?)

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