SCÈNE XV
ODERIG, seul, tiiitiant furtivement, par la porte du fond, et regardant de tous côtés.
Où donc sont-ils ?. .. (Il va à l'escalier, et monte. ) C'est
qu'il faut que je les trouve, que je leur explique..
sans perdre de tempsl (ll entr'ouvre la porte du premier étage, et désappointé.) Personne! (Il redescend, s'épongeant
le front.) Ouf! je n'en puis plus .. je cours de tous côtés... Ce Prosper est d'un leste! (indiquant la campagne que l'on voit de la fenêtre.) Il fuit, j'en SUIS certain, à travers les vignes, traînant son capitaine I... (\veo un rire mauvais.) Ahl ah! il ne se doutait guère que je le surveillais, blotti, derrière la liaie... (se frottant lea mains, ravi.) Il sera bientôt arrêté, le gueux!... (Avec
une expression de haioe satisfaite.) et moi je serai vengé I... (Il s approche de la fenêtre, et cherche à voir au loin, en s'a» britant les yeux de ses deux mains.) Impossible de les
suivre, en de pareilles ténèbres... à peine distinguet-on une masse grise, qui glisse, là-bas, entre les
sapins... (a ce mument se font de nouveau entendre les «p« pels furieux du soliat enfermé dans la soupente. Oderic s'approche, avec eif.oi de l'endroit d'o6 viennent les cris.) Qui est là?., (il écoute un iustant; puis:) Un soldat aile»
mand; il n'y a qne ces gaillards-là, pour hurler de la sorte I... C'est une sentinelle gênante, enfermée là, sans doute, par mon cher camarade 1. . (au soldat, à travers la porta.) Hé î l'ami I, calme-toi, je vais t»î
délivrer I (il ouvre les verrous, mais la porte, fermée à double tour de sa forte serrure, résiste ot, Oderic, vexé> cooti'
nue.) Ce gredin de Prosper a emporté la clé... (il regarde l'heure, à l'horloge en bois.) Eh I mais, je perds mon temps!... Où donc est von Kleiser*...
Il regarde à droite, sa frappe le front, comme s'il corn* prenait enfin, et s'élance vers la cave, par la porte de droite»