‹ Le parjure; drame en un acteChapitre 17 sur 21 · SCÈNE XVI ODERIC, KLEISER, BLIZOT, Les Soldat · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI ODERIC, KLEISER, BLIZOT, Les Soldat

ODBRIC, rentrant presque aussitôt, par la porte de droite, et parlant avec animation à Eleiser, auprès de qui il marche. ... Il y a un quart d'heure, peut-être, tout au plus I...

KLEISER, sèchement, à Oderie.

Il fallait me prévenir plus tôt. (Allant à la feaètre, •t s'y penchant ) On ne voit rien.

OOERIC, à Kleiser, qu'il suit, à la fenêtre.

La vue s'habitue assez rapidement à cette obsci'rite; dans quelques secondes, vous distinguerez...

KLBISBR, se servant de sa lorgnette de campagne, et se parlant à lui-même :

J'aperçois, là-bas, une masse sombre qui fuit, semblant chercher à gagner les lignes françaises...

(il M retourne brusquement, au bruit qae font le» deux soldat*

■{ai^ attiréa par les plaintes de leur camarade, tentent de l« -.^livrer en forçant la porto du réduit, à part :) Que font-ils donc?... (Devinant ce qui s'est passé :) Cet imbécile SB

sera laissé prendre à un piè^e I... {Avec dédain : Peuhl... on le délivrera plus tard: il est bien pluî argent d'arrêter les fugitifs .

Il fait signe aux deux soldats, et ils s'approchent,

pour recevoir les ordres qu il leur donne, à voix

basse, près de la fenêtre, en leur désignant quelque

chosO) au loin.

ODBRIG, goguenard, à part, tandis que Kleiser parle aux

soldats :

S'il croit que ces lourdauds vont rattraper Prosper, dans le sentier des vignes, il se trompe, le uhlan I

Dès qu'ils ont reçu les ordres de leur chef, les deax soi* dats, armés, s'élancent, par la fenêtre. Kleiser de» meure près de la fenêtre, les suivant des jeux. — BUzot, que les soldats ont laissé, debout au milieu de la scène, les mains toujours liées dans le dos, s« tourne vers Oderic, qui vient de parler. BLIZOT, après avoir un moment toisé Oderic, l'enTeloppaot d'un regard chargé de colère, et de mépris .'

Hors d'ici, vermine, sors de chez moi I

ODERIC, reculant d'abord d'un pas, aveu une sorte de hontèj mais ricanant bientôt, et d'un air goguenard .*

Ehl bien, quoi?... j'ai trahi... Vous, vousavez juré le contraire de la vérité: un traître, un parjure, cela %e vaut!

«BLIZOT, se dressant de toute la hauteur de sa taille, Iw épaules rejetées en arrière, les regards furieux t

Misérable 1

Il avance, maaaoailt, rers Odaria.

O^BRIC, ricanant toujours, avec un mélange d'impertinence et do gêne.

aillons, allons!... il ne faut pas vous fâcher poui si peul... (D'un air bon enfant.) C'était drôle, hein? cette chasse, dans votre maison !...

BLIZOT, marchant, tête baissée, vers le traître, qui recule, effrayé.

Tais-toi, ou je t'écrase sous mon sabot, comme une chenille !

KLEISER, qui n'a pas cessé d'inspecter la campagne» quitt» un instant la fenêtre, et se tournant vers Oderic demande.

Tu es du pays?

ODERIC, avec assaranoe.

De ce village même.

KLEISER, aèchement.

Tu dois donc connaître, admirablement, les sentiers qui serpentent sur tous ces coteaux, à travers les vignes...

ODERIC, commençant à comprendre ce qui va lui être demandé, et cherchant à éviter une mission périlleuse.

Pardon, je ne les connais guère : je n'allais point aux vignes..

KLEISER* durement.

Tu mens: car tu dois connaître des chemins aussi proches... Va, cours, rejoins celui qui traîne la voiture, empêche-le de gagner les lignes françaises.

ODEUIG, de plus en plus effrayé, et troublé.

^ais... je ne saurais... Ils ont trop d'avance... et ..

KLEISER, braquant froidement «on revolver sur Oderie.

Lâche I Obéis, et réussis, ou je te tue comme un chien I

36 LE PARJURK

ODERIG, terrifié.

Ne tirez pasi (preuant son parti.) J'y vais.

II saute par la fenAtr*

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