SCÈNE II PROSPER, ODERIC, GLOSNY
PROSPER, soutenant l'offleier, qui marehe areo p«ia«.
Vous souffrez beaucoup ?
CLOSNY, haletant, et avec une expression de douUor •«■• tenue.
Beaucoup, (inquiet.) Chez qui suis-je, ici î
PROSPKR, aidant l'officier à s'asseoir.
Chez Nicolas Blizot, mon oncle, maire de Blonville.
CLOSNY, remerciant d'un signe de tète, et parlant, la voix étouffée.
Veuillez lui dire que je suis le comte de Cloaoy, capitaine d'Etat-major... J'étais chargé d'une mission... importante... Séparé des miens,... traquéblessé, je ino suis traîné jusqu'à ce village... Votre maison est la première, j'ai vu de la lumière, à cette fenêtre... j'ai appelé...
PROSPBR, d'une voix émue.
Vous ne pouviez mieux vous adresser, mon capilaine. Vous vous trouvez chez des amis, de fiers Lorrains, de vrais Français, (s'inciinant.) et notre maison est bien honorée...
ODERIC, à part, vivement et clignant de l'œil, d'an air mauvais.
Honneur et bonheur ne sont pas synonymes I (Aveo «ouviotioa.) C'est in hôte gênant qu'un tel prison» nierl
GLOSNY, tendant cordialement la main à Prospar.
Je vous remercie... Vous vous appelez?
PROSPER, à Glosny.
Prosper Blizot. Je suis élève en médecine, j'ai dix-sept ans... Et l'on m'a empêché de m'engager...
CLOSNT, avec sinoëritë.
On a bien fait : il ne faut point faucher le blé qui est en herbe... L'avenir aura besoin de vous.
PROSPER, à Glosny, avec élan.
Si mes soins, du moins, pouvaient vous être utiles, je serais, pour l'instant, un peu dédommagé...
GLOSNY, avec un sourire reconnaissant, devinant la pens^a de Prosper.
Volontiers ; plus tard, vous me soignerez ; mais je désire, d'abord, voir le maire, Blizot... Veuillez l'appeler...
ODERIC, qui durant toute cette scène est resté un pea k 1 écart, écoutant avidement.
Blizot est sorti.
PBOSPER, à Closny.
Il est vrai, mon capitaine : mon oncle est absent. 11 a l'habitude de sortir ainsi, chaque soir, seul, afin d'opérer une reconnaissance dans la campagne qui nous entoure. Il ne saurait tarder à rentrer... (avoc OD pan d'embarras.) Mais je VOUS demande la permission de ne point vous présenter à lui.
GLOSNY, étonné.
Pourquoi cela ?
PROSPER, avec franchise et simplicité.
Parce que mon oncle, que ses fonctions de maire mellent sans cesse en rapport avec les ennemis, sera plus libre, aura des allures plus franches, et par suite sera moins suspect, s'il ignore la présence d'un fugitif sous son toit...
GLOSNY, iiocliant la tête.
Je comprends; mais comment me cacher ici, à son insu?
PROSPER, d'un air refléchi.
Je m'en charge : liez-vous à moi.
ODERIG, prêtant l'oreille, à la porte du fond.
Voici l'oncle qui rentre... Je reconnais son pas.
PROSPER, écoutant à son tour.
Es- tu bien sûr?
ODERIG, courant à gauche, à la fenêtre. ^ Pas de doute f (Près de la fenêtre, il s'arrête, pour dir«,
d'un ton goguenard.) Comme je me soucie peu d'ôlre jeté dehors avec tous les honneurs que me tient en réserve le maire de Blon ville, je préfère sauter, (d'uh
geste amical, il salue Glognjr et Progper.) Bonsoir I
Il disparaît par la fenêtre qui, quelques instants plus t4t, • livré passage à l'officier liesse